La klaak toujours à côté de la plaque. Le SNBi agit.

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Il y a quelques jours nous évoquions le lancement d’une nouvelle marque de bière au marketing honteux et éhonté, la Klaak. Depuis notre article, de l’eau a coulé sous les ponts. Faisons le point sur la situation 15 jours plus tard avec notamment l’intervention du Syndicat National des Brasseries Indépendantes qui a lancé une procédure de radiation la brasserie productrice (voir plus bas pour les détails).

Klaak édite son site

Comme bien souvent, les créateurs de la Klaak n’avait pas vu le mal et se sont défendu à plusieurs reprise en précisant que ce n’était pas une femme, ni un homme qui se faisait baffer mais un personnage unisexe buvant de la bière industrielle. D’où le « respecte-toi » qui signifie ainsi, ne bois pas cette mauvaise bière. Une approche marketing agressive à la brewdog mais qui somme-toute n’a rien de gênant. Pourtant la réalisation est, au mieux, extrêmement maladroite. Ainsi, la Klaak a aujourd’hui édité son site internet pour supprimer ce personnage claqué. Que feront-ils des gros rouleaux d’étiquettes qui doivent coûter bien cher, l’avenir nous le dira mais je doute qu’ils finissent à la cheminée. Les réseaux sociaux de la marque de bière ont été rapidement supprimés face aux nombreux messages reçus pour leur signaler le problème de leur image.

La Klaak ne comprend vraiment pas

S’en est suivi une classique séance de victimisation : « on n’a pas compris ce qu’il est nous tombé dessus », « nos femmes cautionnent », « nous sommes des pères de famille ». Bref, les grands classiques du plaidoyer des créateurs de contenus sexiste. Et si la marque semblait avoir fait un pas vers le mieux, ce qui est toute de même à signifier, on s’aperçoit qu’ils sont toujours complètement à côté de la plaque…

A ce jour, la Klaak triple est toujours « Un caractère fort, elle aime la bagarre mais la quitter te laisse un goût amer ! » et la Klaak ambrée est toujours « Le charme du métissage. Sa rondeur et sa jolie couleur dorée donnent envie de se resservir ». Des sous-entendus encore racistes, toujours sexistes, toujours incompréhensibles. Mais bref, ce qui va nous intéresser pour la suite de cet article c’est la réaction du Syndicat National des Brasseries Indépendantes.

Le SNBi lance une procédure de radiation de la brasserie productrice

Suite à notre précédent article, nous avons contacté le SNBi car la brasserie XXXX qui produit la Klaak pour le compte de son client était membre du syndicat. Hors, depuis 2019, le syndicat a annoncé publiquement combattre les dérives sexistes et provocatrices. Bref, avec la Klaak, on était en plein dedans. J’étais donc curieux de savoir si le syndicat, suite à notre signalement, aller agir et comment. Après quelques jours de silence, le vice-président du syndicat, M. Hubert, qui m’a contacté pour nous signaler que la brasserie XXXX est en procédure de radiation du SNBi. J’ai ensuite chercher à savoir si elle avait été exclu de l’organisation ou bien si elle s’était retirée d’elle-même. D’après M. Hubert, la brasserie qui recevait toujours les communications et bénéficiait encore des services du syndicat n’était plus à jour de ses cotisations. Une procédure de radiation est en cours.

Se posent alors plusieurs questions suite à cette affaire :

  • La procédure de radiation aurait-elle était lancée si la brasserie était à jour de ses cotisations ?
  • Comment le syndicat peut-il agir pour faire le ménage, à minima parmi ses propres membres ?

Il faut noter qu’à l’adhésion au syndicat, M. Hubert m’a signalé que les brasseries sont soumises aux conditions suivantes : « Ne pas donner des noms sexistes aux bières. Ni des noms vulgaires. ». J’imagine donc que toutes les brasseries proposants ce type de bière pourraient être exclues à l’avenir.

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Comment le syndicat des brasseries peut-il faire le ménage ?

Pour faire le ménage parmi ses propres adhérents, ce qui semble bien être la volonté du syndicat, la tâche n’est pas si simple ! En effet, il faut déjà identifier les marques problématiques et puis connaitre la brasserie qui produit. Dans le cas de la Klaak, c’était assez simple puisque le lieu de fabrication était indiqué sur l’étiquette.

Exemple d’identification de la brasserie qui produit une bière sexiste avec la bière « Prends-moi »

Mais dans d’autres cas, comme par exemple celui de la bière « Prends-moi », le lieu de production n’est pas indiqué sur la bouteille. Il faut alors se référer au code EMB qui est la seule donnée obligatoirement présente sur les étiquettes de bière. C’est ainsi qu’en lisant sur la bouteille (voir image ci-dessous), on récupère le code EMB et on peut en déduire le département et la ville de production en utilisant l’outil de l’INSEE pour identifier les communes des codes EMB). (voir notre article sur les codes EMB.

Ensuite, on peut vérifier sur le magnifique site d’information sur les entreprises Pappers, les fabricants de bière en activité sur une commune. Il faut préciser le code NAF dans activité à savoir 11.05Z pour Fabrication de Bière. En l’occurrence, on peut rapidement remonter au lieu de production de la bière « Prends-moi » grâce au code EMB sur la bouteille. Ensuite, reste à faire connaître la brasserie productrice au SNBi pour pourrait entamer une procédure de radiation pour non respect des règles d’éthique du syndicat.

Le SNBi devrait mettre en place un dispositif de signalement

Une action forte de la part du Syndicat serait de créer un email ou un formulaire de signalement spécifique où les amateurs de bières pourraient prendre en photo les étiquettes de bières sexistes et violentes et les codes EMB afin de les accompagner dans leur ménage de printemps. Ce serait un beau moyen de faire en sorte que les créateurs de marque de bières sexistes, provocantes ou violentes aient de plus en plus de difficulté à trouver un lieu de production sur le sol français. Très certainement qu’ils trouveront ensuite leur bonheur à l’étranger ou dans une brasserie française non membre du syndicat mais je pense que ce serait une belle avancée pour la filière brassicole de rendre plus difficile la création de ce type de marque nauséabonde.

Voilà, pour la suite de l’affaire klaak et les retombées positives qui pourraient, je l’espère, suivre. En attendant qu’un dispositif spécial soit créé par le SNBi, j’imagine que vous pouvez envoyer vos signalement sur les formulaires de contact du syndicat pour qu’une vérification d’adhésion et une éventuelle procédure d’exclusion ne soit mise en place. Car il est aujourd’hui l’heure de maintenir la pression sur les producteurs français pour qu’ils ne laissent plus sortir ça de leur cuve !

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A propos de Thomas

Dès sa plus tendre enfance, Thomas a été un enfant choyé par ses proches et amis. Il est important de savoir que "Bartom", son pseudo, vient de sa fréquentation assidue des bars. Voir la description complète de Thomas→