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Test du Brewie+ : la station de brassage autonome et connectée entre nos mains

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Nous avions réalisé une étude fin 2018 des différentes cuves de brassage électrique et à gaz pour vous accompagner sur l’achat de votre première (ou renouvellement) unité de production.

Cette fois ci, nous allons nous pencher sur le Brewie+ (B20+) commercialisé par la société éponyme et qui, sur le papier, nous propose une machine complète, ergonomique et facile d’accès au plus grand nombre. Allons voir ce qu’il en est réellement.

 

La fiche Technique

Brewie est une société créée en 2014 et basée en Hongrie. Ils ont élaboré une machine capable de brasser de façon autonome et qui respecte une recette pré établie selon les paramètres initiés au lancement.

Il existe des packs de recettes (malts, houblons, levures) directement disponibles sur le site internet pour les plus néophytes. Ou bien vous avez la possibilité de créer les vôtres en utilisant vos propres matières premières.

La technique de la machine est celle du brassage en sac (Brew in a bag) facilitant grandement le travail sur plusieurs étapes. (Même si nous le verrons le système a bien évolué par le biais de sa communauté)

La machine en elle-même :

  • 73,7 x 33,8 x 46,7 cm / 29 x 13,3 x 18,4 pouces
  • 29 kg à vide
  • Réservoir de 27 litres
  • Brassin maximum de 20 litres
  • Ecran tactile
  • Wifi
  • Connecteur USB
  • 4 cages pour les houblons

Comment ça marche ?

Pour faire simple, Brewie se décompose en 3 parties :

  • La première est le tank d’ébullition qui permet de chauffer l’eau afin de correspondre à vos différents paliers de température d’empatage puis ensuite comme son nom l’indique, de réaliser les paliers d’ébullition.

 

En fin de brassage ce dernier sert à refroidir le moût avant soutirage.

  • Le deuxième tank va quant à lui servir d’empatage avec le placement du sac de céréales.
  • Enfin le rack du milieu va servir à positionner les houblons. Vous avez ainsi la possibilité d’intégrer vos houblons au fur et à mesure de la recette au rythme de votre choix.

 

Quoi de mieux pour en parler que de la tester !

Nous avons réalisé deux brassages. Le premier avec un pack de recette vendu par Brewie, et le second directement avec un brasseur professionnel breton pour le test d’un prototype de bière blanche.

Brassage avec un pack Citrataur

Comme vous pouvez le voir, vous trouvez au sein du pack : Le sac de malt (ici 5kg de Pilsen), les pochettes de Houblons à répartir dans chaque cage prévues à cette effet ainsi que celle réservée au dry hopping (100% Citra), et enfin les levures (ici US-05)

Au lancement de la machine cette dernière se paramètre comme tout ordinateur ou électroménager connecté :

Connexion au WIFI de la maison puis calibrage de la machine (branchement au réseau d’eau) test de poids dans les compartiments et activation/test des pompes et circuit.

A savoir que pour nous, le premier test de circuit n’a pas fonctionné. Après un échange directement avec des membres de la communauté nous avons découvert qu’il faut lancer un cycle de nettoyage de façon manuelle pour que cela fonctionne.

La machine possède par défaut 3 types de cycle de nettoyage :

  1. Un rapide, qui fait entrer de l’eau froide dans les compartiments et qui vous invite à utiliser l’éponge fournie pour récurer. Ce mode sera utile en premier lieu après le brassage pour le gros œuvre.
  2. Un cycle de désinfection : Eau bouillante qui circule, ébullition, nettoyage des tuyaux de soutirage… Combiné à un désinfectant votre machine en ressort propre et prête au brassage.
  3. Un cycle de nettoyage complet, à faire après chaque brassage et après chaque long moment sans utilisation du brewie. Ce cycle s’apparente à celui d’un lave vaisselle (il faut d’ailleurs y intégrer des tablettes de lave vaisselle) et dure deux heures et trente minutes.

Le Brewie se lave plutôt bien, même si ces cycles ne vous préservent pas du tout de l’huile de coude. Il faudra passer une bonne heure à nettoyer pour que celui-ci en ressorte parfaitement propre. (ndlr : nous avons eu un débordement lors de l’ébullition, le temps passé est donc peut-être supérieur à la normale).

Le point noir venant des compartiments où l’on place les cages à houblons (qui elles vont au lave vaisselle). Etant exiguës, il faudra des petites mains ou développer un système pour les nettoyer parfaitement.

 

Une fois en place, les indications sont assez claires :

  • Placement du sac de céréales, vérification des branchements, placements des houblons… Et c’est parti !
  • L’écran tactile vous affiche les étapes une à une, et le deuxième volet les températures dans chaque compartiment.
  • J’ai choisi de rester durant l’ensemble du brassage (5 heures).

Le premier verdict c’est que ce n’est pas nécessaire. Tout roule,  les étapes s’enchaînent les unes après les autres sans intervenir. L’empatage s’effectue à la bonne température, les transferts d’une cuve à l’autre sans encombres.

La grosse difficulté est apparue au moment du début de l’ébullition.

Nous avons laissé les couvercles fermés (aucune information ne vous indique quoi faire, nous sommes parties dans l’idée que les températures sont plus faciles à respecter ainsi) le moût a donc commencé à déborder sur les côtés de la machine. En ouvrant le couvercle le problème était résolu. Il serait nécessaire à nos yeux que ce genre d’informations soit données par le fournisseur notamment quand on utilise une recette qu’ils nous fournissent. Dans le cas où nous aurions décidé de faire autre chose en même temps nous aurions surement perdu une partie du moût importante (1 ou 2 litres) et perdu un temps considérable à nettoyer. A noter que ce débordement fait que le moût est entré dans les cages de houblons par débordement et on peut estimer (impossible de l’assurer à l’heure où nous écrivons ces lignes car la bière est en fermentation secondaire) que le houblonnage a été boosté.

Ensuite, l’intégration des houblons s’est faite dans le bon timing réglé par avance et sans encombres.

La machine refroidit ensuite le tout pour atteindre la température souhaitée avant de vous inviter à lancer le soutirage pour la fermentation. Cette étape nécessitant un simple appui de votre part sur un bouton pour bien maîtriser le fait que l’ensemble de votre matériel de fermentation est prêt.

A noter qu’a partir de cette étape vous n’avez plus du tout d’informations sur ce que vous devez faire. Les néophytes qui cherchaient une machine clé en main et qui n’ont aucunes notions de brassage se retrouvent donc dans un flou absolu.

Vous savez juste que vous avez 10 jours de fermentation primaire à faire avec un dry hopping puis 20 jours de secondaire avec une température à atteindre. Rien d’autre.

Il vous faudra donc vous renseigner sur l’hygiène globale relative à la bière et ces différentes étapes, comment réaliser un dry hopping et à quel moment, quelle densité avoir avec cette recette (oui oui, le fabriquant ne vous donne pas de repaires sur la densité à atteindre avant et après fermentation), quelle quantité de sucre intégrer en fin de fermentation et enfin la mise en bouteille et/ ou fût.

C’est le seul regret que l’on peut signaler ici.

Les kits de brassage étant capable de livrer guide complet pas à pas, on peut largement estimer qu’une machine d’un tel acabit ne devrait pas laisser le brasseur faire ses propres recherches.

Sinon pour le reste, excepté le débordement, c’est d’une facilité déconcertante. Le résultat est épatant avec une clarté plaisante et de bon augure. Tout est facile et plaisant. La prise en main est parfaite et vous confère un cadre pour les plus craintifs.

La fermentation primaire s’est déroulée comme sur des roulettes et les densités conformes à celles calculées avec BeerSmith.

Brassage de façon libre

Nous avons donc réalisé un prototype d’une bière blanche. Pour se faire on préparé l’ensemble de nos céréales, houblons et levures comme un brassin traditionnel.

Ensuite, on rentre toutes les étapes envisagées directement dans le brewie (durée, température, empâtage, ébullition, rinçage etc…) conformément à nos volontés.  Tout est paramétrable. Le logiciel nous donne un rendu calculé par ses soins ainsi que les IBU et EBC attendu.

On valide et tout se passe désormais comme plus haut. Vous pouvez partir et revenir quand vous le souhaitez. Pour notre part on a fait le choix de revenir à chaque étape de brassage et notamment à l’ébullition pour ouvrir les tanks (sachant que nous brassons cette fois uniquement 10 litres pour tester cette possibilité. L’ensemble des packs étant sur 20 litres)

Tout est parfait durant le brassage.

Ce qui peut nous manquer ici c’est la possibilité de réagir si cela ne se passe pas comme convenu. En effet, les étapes sont établies et vous ne pouvez pas modifier quoi que ce soit si jamais vous voyez que ça tourne mal.

Vous pouvez choisir d’ajouter l’eau directement par le biais de votre réseau ménager ou bien de façon manuelle. C’est à vous de voir comment vous voulez maîtriser cet aspect. L’avantage de la première solution est l’autonomie de la machine, la deuxième est la maîtrise si jamais vous trouvez qu’un ajustement de dernière minute est nécessaire.

Ce qui nous parait important avec cette machine c’est bel et bien ce qui l’entoure : sa communauté.

Nous avons été confrontés à des problèmes (réalisation d’un flame out, son bizarre d’une pompe, débordement etc…) et nous avons toujours trouvé des réponses et des avis sur le groupe facebook BREWIE OWNERS GROUP (English only though…).

Les membres sont actifs et délivrent des conseils précieux. On échange des façons de faire, des recettes des astuces etc. Le mieux dans tout cela est la présence des ingénieurs brewie ainsi que des membres du SAV qui donnent toujours des informations diverses et variées. Par exemple, on sait qu’un défaut de câblage sur le thermostat du tank d’ébullition sur les modèles américains existe. Le SAV envoie donc aux personnes concernées le matériel ainsi que les instructions pour effectuer le changement.

Certains utilisateurs sont même allés jusqu’à développer des cages à insérer dans les tanks pour se séparer des sacs et brasser de façon plus traditionnelle. Le rendu est bon et permet même une optimisation du rendement. Beaucoup d’utilisateurs sont passés sur cette façon de brasser avec cette machine.

Enfin, ils viennent même d’ouvrir le « developper mode » qui permet d’actionner manuellement (par le biais de l’écran tactile une nouvelle fois) chaque action de la machine. Du remplissage et de la chauffe de l’eau à l’action d’une pompe quelconque. Le mode d’emploi de ce dev mod est disponible directement sur le site pour ceux qui veulent vraiment maîtriser l’ensemble des aspects et agir sur le brassage.

 

Conclusion

Les + :

  • Facilité pour brasser votre bière. *La machine est autonome et vous dégage un temps considérable. Les plus novices pourront se contenter des recettes pré établies par Brewie, les plus acharnés pourront tout préparer de façon précise.
  • Simple d’installation et d’entretien (hors rack de houblons), Brewie est un bel appareil.
  • Communauté. Vous aurez toujours une réponse à la moindre question.
  • Dev mode. Nous ne sommes pas sur une Nespresso de la bière. Vous pouvez ici brasser de façon parfaite une bière de qualité. Le Dev mode ouvre l’ensemble du champs des possibles comme toute machine de brassage du marché.

Les – :

  • Son prix. Comptez 2000€ tout de même ! Même si plusieurs promotions ont lieu au cours de l’année (black Friday, Saint Patrick…)
  • Le manque d’informations pour les plus novices en matière de brassage même en utilisant leurs propres recettes.
  • Sécurité débordement absente.
  • Durée de vie du matériel. On peut voir sur les modèles américains beaucoup de problèmes divers. (Thermostat, plaque de chauffage, Pompes etc…) Le SAV étant en Europe, les réponses ne sont pas toujours satisfaisantes pour eux. Le SAV vous envoi le nécessaire et tout est à faire soi-même.

Pour ma part et pour la plupart des utilisateurs tout fonctionne parfaitement. Souhaitons que cela perdure avec le temps.

Test du Brewie+ : la station de brassage autonome et connectée entre nos mains
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A propos de Guippo

Troll Brassicole reconnu, Il couvre son problème avec les boissons houblonnées derrière une "passion" pour la dégustation. Cela permet de faire croire à sa maman et son entourage qu'il est érudit dans un domaine.

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