De Molen cède l’ensemble de ses parts à l’industrie !
Lorsqu’on fait entrer le loup dans la bergerie, il cherche toujours à prendre le contrôle… Voilà un adage qui tend à se confirmer de plus en plus dans le monde brassicole. Cette semaine, De Molen a annoncé la session de l’ensemble de ses parts au géant brassicole Swinkels Family Brewers, déjà entré dans la capital de l’entreprise à hauteur de 35% en Avril 2016.
Lors des rachats de microbrasserie, on entend souvent parler de rachat minoritaire, la définition même de craft beer aux États-Unis autorise même d’être en partie cédé à des investisseurs extérieurs. Jusqu’à 25%, l’organisation considère même qu’il s’agit toujours d’une brasserie artisanale, c’est le cas notamment de Brooklyn Brewery dont 24,5% des parts appartiennent à une filiale de Kirin. Cette dernière est donc toujours considérée comme une craft brewery. Lors du rachat de De Molen à hauteur 35% en Avril 2016, de nombreux fans ont préféré voir le verre à moitié plein que le verre à moitié vide en insistant sur le fait que De Molen gardait le contrôle, que rien ne changerait pour le célèbre festival beer geek, le fameux Boreft et que la brasserie ne changerait rien. Comme Del Ducato en Italie, De Molen a d’abord cédé 35% puis 100% à l’industriel brassicole.
De Molen devient donc une marque du portefeuille de Swinkels comme La Trappe, Palm ou Bavaria. Les propriétaires de la superbe brasserie néerlandaise restent mais en tant que simple salarié de l’entreprise. Il n’aura même pas fallu 3 ans pour que l’ensemble de la société soit cédée, comme si l’entente n’était pas déjà conclue avant… Je suppute mais j’imagine bien une sorte de rachat en douceur organisé pour éviter de perdre trop de clients ou de distributeurs lors de la 1ère annonce. Les cas de rachats en deux temps sont nombreux pour les brasseries indépendantes.
Encore une icone internationale qui a longtemps incarné le mouvement beer geeks, désormais banalisé par l’industrie. Une nouvelle fois, je suis partagé entre satisfaction pour les ex-propriétaires de l’entreprise et tristesse de voir une telle icône quitter le monde de l’artisanat brassicole.