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Un dîner à l’ambassade

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Le 26 mars dernier, votre serviteur a eu l’honneur de représenter Happy Beer Time lors du dîner annuel donné par la Brewers Association et portant sur les accords mets-bières. Un dîner raffiné, accompagné de bières adaptées, le tout dans le cadre de l’ambassade des Etats-Unis à Paris. On ne peut qu’être épaté de l’effort mis en place par les réseaux états-uniens pour mettre en valeur leur économie brassicole.

Nous avons eu droit à quelques prises de paroles de Madame l’Ambassadrice, puis de Bob Pease, CEO de la Brewers Association. Ce dernier a dit deux choses qui m’ont interpellées. En premier lieu, il a rappelé l’importance de l’exportation pour le marché américain ; ainsi, l’année dernière, l’exportation de bières craft a représenté 120 millions de dollars US. Ces chiffres, qui doivent être ramenés à l’importance du marché intérieur américain, démontrent en tout cas l’importance économique de l’exportation de bières, et justifient donc les efforts mis en place par les autorités américaines pour favoriser ces exportations. Ce dîner en est la démonstration.

Par ailleurs, Bob Pease s’est félicité du succès du logo “Independant Craft Brewer“. A ce jour, un peu plus de 3.000 brasseries ont décidé de l’adopter. Surtout, il a insisté sur les raisons ayant poussé à la création d’un tel logo : les brasseries industrielles créent, par la multiplication de leurs marques, “l’illusion du choix” dans l’esprit du consommateur. Il est donc nécessaire, à ses yeux, de rajouter de l’information, afin de permettre à ce consommateur de faire un choix éclairé. Cela m’a directement rappelé un article économique lu il y a quelques années, mentionnant cette stratégie de prolifération de marques de la part des brasseries. J’ai été agréablement surpris de constater que la théorie économique pouvait avoir un impact concret sur des stratégies marketing.

Ce dîner fut aussi l’occasion de rencontrer des personnes intéressantes (j’étais assis à côté de Bill et Karen Butcher, propriétaires de Port City Brewing Company), et d’en retrouver d’autres (notamment Axel).

Quant au menu, voici un petit résumé de ce que nous avons pu boire et manger :

  • Hors d’oeuvre : Carpaccio de céléri fumé en croûte de sel et sa sauce de vinaigre de malt – Bière : Seafarer Kolsch, Three Weavers Brewing Company

Peut-être l’accord le moins convaincant du repas. Le côté malté de cette jolie pils, classique mais bien équilibrée, n’était sans doute pas assez “matché” par le carpaccio, qui n’était peut-être pas tout à fait assez relevé à mon goût. Deux jolies choses séparément, mais l’accord n’a pas très bien fonctionné avec moi.

  • Entrée : Truite fumée à la crème fraiche – Bière : Tropical Torpedo, Sierra Nevada Brewing Company

On a ensuite attaqué avec des choses beaucoup plus intéressantes. Le mélange de texture truite/crème était très réussi. Quant à la bière, son côté amer parvenait à trancher le gras de la truite, tandis que ses arômes fruitées venaient compléter très efficacement le plat.

  • Plat principal : Lapin braisé accompagné de lentilles et ail sauvage – Bière : Port City Porter, Port City Brewing Company

L’accord le plus réussi du repas. C’est la bière qui en était l’élément phare : un porter extrêmement sobre, sans aucune originalité, mais très équilibré. Les saveurs chocolat et café se mélangent, le malté grillé se sent bien, et le tout se boit très facilement car la bière n’est pas du tout liquoreuse. Avec cette bière, une viande aussi parfumée que celle du lapin, relevée par l’ail sauvage, était un choix très sûr ; à nouveau, l’originalité n’était pas renversante, mais le plat était très bien structuré et tout à fait convaincant.

  • Mousse de chocolat blanc et rhubarbe – Bière : Pineapple Mana Wheat, Maui Brewing Company

Une franche réussite que ce plat : la texture gélatineuse de la rhubarbe était bien contrebalancée par la douceur de la mousse de chocolat. Quant à la bière, elle accompagnait parfaitement la rhubarbe, l’acidité de la bière contrebalançant le côté très acidulé de la rhubarbe, tout en gardant elle-même une saveur légèrement acidulée par l’utilisation de l’ananas directement dans le brassage (si j’ai bien compris).

En somme, un dîner gastronomique de très bonne tenue, qui a bien démontré (s’il fallait encore le faire) toute la pertinence de la bière sur les plus grandes tables. Et qui m’a cruellement rappelé mon défaut de culture en bières américaines.

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A propos de Pierre

Pierre est l'avocat de la bande. Un peu moins fun que les autres, mais toujours intéressé par partager un bon moment malté (pourvu que la bière soit bonne).

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