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La France doit-elle suivre le modèle brassicole Américain ?

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Aux États-Unis le craft brewing est devenu en 30 ans une industrie au poids économique énorme (14 milliards de dollars, plus de 10 millions d’HL brassés).

Le marché brassicole français n’a encore rien à voir, tant en volume de production qu’en part de marché mais si on imagine que la bière artisanale puisse devenir dans les années à venir aussi populaire de notre coté de l’atlantique, ce secteur pourrait devenir important dans l’économie de demain.

Il est donc intéressant de regarder comment a évolué le marché américain qui est principalement basé sur un modèle industriel/productiviste, pour imaginer ce qui pourrait se passer en France.

Le modèle industriel permet une production à bas coût, très rentable et qui dégage d’importants profits mais n’est pas sans inconvénients : détérioration de la condition salariale, pollution, centralisation et uniformisation de la production, monopoles.

Nous allons comparer les avantages d’une production locale et bio et comment ce modèle alternatif, qui tient compte des enjeux sociaux et environnementaux, s’il se répandait en France et en Europe, pourrait contribuer à répondre aux problèmes de chômage et de pollution.

Les limites du modèle industriel

Le modèle industriel se base sur une augmentation et une centralisation des volumes de production pour effectuer des économies d’échelle. Ceci permet une production à moindre coût, qui à son tour permet des marges plus importantes pour l’entreprise et un prix de vente plus bas pour le consommateur.

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Cette course effrénée à la productivité n’est pas sans conséquences.

Au niveau des produits utilisés, les produits les moins chers et les plus pratiques sont souvent privilégiés. De plus en plus de brasseurs utilisent par exemple du concentré de houblon (Stone, Modern Times), bien qu’aucune étude n’ait encore regardé dans quelle mesure ces extraits polluent la bière de solvants résiduels nécessaires pour leur extraction. Et les producteurs de levures se frottent les mains à l’idée de développer des levures OGM plus productives.

De gros volumes de production nécessitent de gros volumes d’approvisionnement, ce qui favorise l’agriculture intensive gourmande en pesticides.

La centralisation implique de devoir distribuer les produits sur de nombreux kilomètres, à tel point que les grandes « craft » sont maintenant obligées de disposer de leurs propres compagnies de transport routier.

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Finalement l’augmentation des volumes de production implique de travailler avec des équipements d’usine, ce qui requiert une spécialisation accrue. Parmi les emplois créés – quand ils ne peuvent être remplacés par des machines – nombreux sont totalement absurdes : M. « je plie les cartons 8h par jour », Mme « je pose les bouteilles à l’infini sur l’embouteilleuse » etc.

Cette industrialisation des modes de production (tous secteurs économiques confondus) est au moins en partie responsable des problèmes d’emploi et d’environnement auxquels sont confrontées nos sociétés.

Alors que le marché de la bière artisanale française en est a un stade critique de son développement, l’opportunité de réfléchir à des modèles de production alternatifs se présente.

Cette question s’adresse aux brasseurs/porteurs de projets et aux consommateurs (citoyens) qui au final ont le pouvoir de décision final.

La brasserie que je présente ici est locale et bio. Et voici voici quelques raisons de la promouvoir.

Local pour plus d’emplois

La caractéristique principale de l’artisanal par rapport à l’industriel est la petite échelle de production, à taille humaine.

Le premier avantage d’une production à petite échelle est le nombre d’emploi potentiel que cela génère. Une industrie comme Kronenbourg produit 7 000 000 d’HL/an pour 1500 employés. Une brasserie artisanale comme La brasserie des Garrigues produit 1200 HL pour 4 employés et un mi-temps. Soit 20 fois plus d’emploi par HL produit.

En considérant que sur le territoire français sont actuellement produits près de 20 millions d’HL, avec un mode de production à la Kro cela représente 4 000 emplois et avec un mode de production à la Garrigue : 75 000. On peut débattre de ce calcul, mais la différence est évidente.

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Local pour des emplois de meilleure qualité

Pour le brasseur et ses employés/associés, la production à petite échelle permet de gérer la plupart des aspects de la production, et ainsi éviter la création d’emplois monotones abrutissants.

Local pour élargir le choix du consommateur

Cela signifie également un plus grand nombre de brasseries et donc de bières différentes. La diversité permet l’expérimentation et la découverte. 20 millions d’HL produits par des brasseries de la taille de la micro du Mt Blanc  (parmi les plus grosses françaises, environ 10 000 HL/an) cela représente plus de 2000 brasseries réparties sur le territoire contre les 650 actuelles.

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Local pour polluer moins

Cette répartition sur le territoire permet en plus de favoriser les circuits courts : brasser avec des produits locaux et vendre localement. En rapprochant l’outil de production du consommateur et en favorisant ces circuits courts pour l’approvisionnement et la distribution, une vision localiste limite l’empreinte écologique des échanges de biens.

Il existe de nombreuses initiatives permettant aux producteurs de vendre directement au consommateur comme le réseau des AMAP même si les liens entre ces réseaux et le monde brassicoles sont encore ténus.

Local pour redynamiser et autonomiser les régions

Le circuit court permet de diminuer les interdépendances absurdes et néfastes en subvenant avant tout aux besoins locaux. Cela diminue le risque de pénurie en cas de crise et permet une meilleure répartition de l’emploi sur le territoire tout en contribuant aux patrimoines régionaux.

Local pour une meilleure répartition des richesses

Finalement le local limite l’évaporation des richesses et réduit le nombre d’intermédiaires. Ceci permet au brasseur, au malteur et à l’agriculteur de toucher un plus grand pourcentage sur le prix de vente.

Local et Bio pour favoriser l’agriculture paysanne

Une seconde composante compatible et complémentaire de la production locale est l’utilisation de produits bio, issus de l’agriculture soutenable.

Le bio garantit à minima que les matières premières n’ont pas été en contact avec des produits chimiques de synthèse et ne sont pas OGM. L’utilisation de produits cultivés sans pesticides, favorise les petits exploitants agricoles contre l’agriculture intensive qui repose de plus en plus sur ces produits chimiques à mesure qu’ils épuisent les sols (petite vidéo très instructive sur l’épuisement des sols). Cette agriculture est également créatrice d’emplois.

Champ d'orge en agriculture biologique - Organic Farming - Barley field

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Bio pour protéger le consommateur

Ceci diminue l’exposition du consommateur à des substances nocives et réduit les pollutions environnementales par pesticide.

Le Bio n’est PAS plus cher !

Même si le malt bio coûte aujourd’hui 40% plus cher que du non bio, l’impact sur le prix final de la bouteille est négligeable, de l’ordre de 10 cts selon Daniel THIRIEZ. Et brasser bio ne représente pas de difficulté particulière. La qualité de la bière est la même, et pour les brasseurs il n’y a pas de différence de protéine ou d’extrait (Laurent de la Malterie du Vieu Silo).

OUI au biocal!

Bien qu’en France on soit encore loin d’avoir des brasseries artisanales aux volumes et budgets ressemblant à ce qui est considéré comme une « petite » craft aux US (par ex Modern Times avec ses 2.5$ millions de dollars de budget initial), elles seront forcément amenées à grandir à mesure que le marché se développe.

Cette dynamique positive ne doit pas faire perdre de vue les effets négatifs au long terme du modèle exclusivement centré sur la qualité du produit, la rentabilité de la production et la croissance à tout va. Et bien qu’aujourd’hui la diversité et la qualité de la production soient hallucinantes (100 brasseries rien que sur la ville de San Diego), il ne faut pas oublier que les dynamiques économiques en question sont les mêmes qui ont fait que le nombre de brasseries est passé aux US de 2266 en 1880 a 92 en 1980.

La compétition acharnée exerce une pression mortelle. Une pression qui tue les plus faibles et pervertit l’âme des choses.

Les brasseurs américains de la première génération regrettent avec nostalgie l’esprit d’entraide et de coopération présent aux débuts, sans forcément voir qu’ils ont créé eux même cette situation en posant les bases du système.

Cet état d’esprit des débuts, présent dans de nombreuses micros françaises mêle savoir faire, passion et éthique. Un modèle bio et local semble en être une bonne traduction économique. Si cet état d’esprit venait à devenir prévalent au lieu de disparaître à mesure que le marché se développe, la brasserie artisanale pourrait devenir l’un des moteurs d’un nouveau modèle de société, plus humain et respectueux de l’environnement.

Brasserie Thiriez ‡ Esquelbecq

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Un monde où la concurrence et la recherche du profit ne sont pas le moteur principal, où l’agriculture est paysanne et où l’on n’est pas obligé de s’expatrier vers la capitale pour trouver du travail. Un monde où l’on boit une bière de qualité qui fait la fierté de sa région. Un monde où un propriétaire de brasserie n’est pas juste un business man fortuné qui ne dort pas la nuit. Un monde où un propriétaire de brasserie refuse de créer des boulots à rendre fou et imposer son produit par des méthodes commerciales agressives. Un monde où un propriétaire de brasserie sait faire de la bière. Un monde qui ne condamne pas d’office tout ce qui n’est pas assez rentable. Où les choses coûtent ce qu’elles valent. Un monde où l’amateur de bière se rappelle qu’il est aussi un citoyen et pas juste un consommateur. Où l’amateur de bière est prêt à payer un petit peu plus, quitte à boire un petit peu moins (ou ne pas acheter le dernier téléphone intelligent à la mode). Un monde, où tout ce beau monde avance main dans la main contre les forces démoniaques, armé de bouteilles remplies de bonheur !

Si ça vous intéresse de suivre une tentative de mise en action de ces idées, voici un lien vers mon projet de brasserie locale.

Page Facebook du projet

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A propos de matthieu

Matthieu Rolland est un mec qu’il est interdit d’appeler Matthieu, ou Rolland, car son vrai blason est bel et bien « Matthieu Rolland ». Troubadour déluré au crane dénudé, ce joli brin de jeune homme n’est rien de moins qu’un super-héros des temps modernes. Mais quel est donc son super-pouvoir ? Voir la description complète de Matthieu→ Matthieu est aussi créateur d'une future microbrasserie dans le Sud de la France, pour suivre ce projet, suivez la page Facebook de la brasserie Rolland.

22 commentaires to “La France doit-elle suivre le modèle brassicole Américain ?”

  1. Bravo Matthieu pour ce bel article. Il me semble qu’il serait intéressant de comparer avec le Québec également. J’ai l’impression qu’ils sont à Mi chemin entre le modèle productiviste des USA et le modèle raisonné que tu évoques. Là bas, une Micro telle les 3 mousquetaires produit 7000HL avec 90% de produits locaux (Malts, houblons) et ils essayent d’organiser la filière au niveau local.

    J’ai également l’impression que le modèle raisonné est un modèle bien adapté à la France et à nos PME (99% des entreprises FR). Pour le reste, tes arguments sur le BIO sont valables pour tous les produits (sauf peut-être les produits tranformés). Le Bio acheté direct au producteur reste moins cher que les produits conventionnels vendus en grande distri. C’est également vrai pour la bière (les 10ct dont parle Thieriez n’existent plus quand on achète sur place).

  2. Laurent Mousson a dit :
    mars 10, 2015 at 4:01

    “De plus en plus de brasseurs utilisent par exemple du concentré de houblon (Stone, Modern Times), bien qu’aucune étude n’ait encore regardé dans quelle mesure ces extraits polluent la bière de solvants résiduels nécessaires pour leur extraction.”
    Les trois solvants courants pour les extraits de houblon sont le CO2, l’ethanol et l’hexane. Seul ce derneir pose un problème de toxicité. L’extrait au CO2, est dominant, et est généralement clairement étiqueté comme tel… les brasseries savent du coup en principe à quoi s’en tenir…

    • matthieu a dit :
      mars 10, 2015 at 4:26

      ok merci beaucoup laurent. j’avoue avoir eu du mal à trouver des infos là dessus. mais je suis par nature méfiant de ces processus intermédiaire dans l’industrie alimentaire, dont l’existence est purement économique et pratique. c’est comme ça qu’on se retrouve quotidiennement exposé à tout un tas de petites doses de produits aux effets encore mal connus.

      • Laurent Mousson a dit :
        mars 10, 2015 at 5:58

        Non ben c’est clair que l’extraction à l’hexane posait un certain nombre de questions en termes de contaminations résiduelles, et la poussée des extraits CO2, au point où c’est tout ce qu’on trouve au catalogue chez les gros courtiers en houblon comme Yakima Chief ou Barth-Haas, est à mon humble avis un résultat direct de cette préoccupation… (Et de législations restrictives dans certains pays comme l’Allemagne)

        • matthieu a dit :
          avril 16, 2015 at 7:31

          suite à cette discussion, j’ai testé hier le CO2 hop extract (version pour amateur: http://www.northernbrewer.com/shop/hopshot.html ) et bien que ça soit extrêmement pratique et facile à utiliser, ça m’a créé une espèce de couche multicolore à la surface du moût (exactement comme de l’essence sur une flaque d’eau). je ne sais pas trop ce que c’est, mais je suis pas sur que ça soit totalement naturel… je me demande si ça fait pareil chez les pro

    • matthieu a dit :
      mars 10, 2015 at 4:27

      mais je vais essayer de me renseigner plus sur ces techniques d’extraction, je modifierai si besoin.

      • korova a dit :
        mars 10, 2015 at 10:01

        Il suffit de faire une recherche sur Extraction n par CO² supercritique.

        Par exemple: http://www.comptoir-houblon.fr/24-extraits-c02-houblon-alsace

        Sinon, ça reste assez pratique et ça permet d’avoir moins de perte lors d’un houblonnage massif. Perso, je ne voit pas le problème, au contraire

        En revanche dire que brasser en bio, n’a pas d’influence sur le produit fini est totalement faux! Les houblons bios ont très souvent moins d’aromatique que les houblons standards.

        • matthieu a dit :
          mars 10, 2015 at 10:05

          ah oui? plusieurs brasseurs m’on soutenu l’inverse, et vous êtes le premier à me dire ça… personnellement je n’ai pas encore pu brasser en bio (je suis aux US et en amateur, aucun accès a des houblons bio…) donc je n’ai pas d’avis. mais j’aimerais bien savoir la raison de cela

  3. Anthony a dit :
    mars 10, 2015 at 9:07

    I find this article extremely frustrating, because the author clearly misunderstands the reality of running a small microbrewery here in France. Brewers/owners here earn slave wages because they are unable to achieve economies of scale that would allow them to be properly paid for their efforts. Worse, they are stuck in a perpetual circle where they don’t earn enough to allow them to reinvest in equipment that would break this cycle of slavery to their hand bottling setup, their small brew length and their hand made equipment that constantly breaks. They work long hours away from their families: waking up early, working late and going in to the brewery on weekends to do the sort of box making, bottle filling jobs that the author thinks exist only in industrial breweries.

    The reality is the industrial breweries are able to afford machines to make the boxes, empty spent grains and avoid dangerous strenuous tasks like climbing high ladders to add yeast and dry hops, lifting and carrying heavy sacks of grain and full kegs and dealing with home made equipment that often involves, electricity, water, steam or open flame and large volumes of boiling liquid.

    There’s also the question of quality. In general, the quality of beer being produced by microbreweries here in France is very poor. The lack of investment reduces quality in many ways. Wort is scorched in direct fired kettles. Off flavors are caused by poor fermentation equipment (no temp control or non-cylindroconical fermenters). Oxidation of the beer is caused by hand bottling or cheap automated systems. The inability to afford in house lab equipment for maintaining consistency or maintaining yeast is another big issue. The brewers would love to produce better products but they are forced to do the best with what meager tools they have.

    I’m all for local and organic, but the author also fails to understand the waste and inefficiency that brewing at a small size and on frequently hand made equipment causes. It doesn’t take much more caustic to clean a 100 hl fermenter than it does to clean a 5hl fermenter. Modern brewery equipment is much more energy efficient, does a better job of conserving water and does a better job of getting more beer from a certain amount of grain.

    The author also misunderstands how modern hop extract is made (with high pressure CO2). If you’re afraid of the effects of CO2 in beer, I think you should find another beverage to drink. Brewers using extract are certainly not saving money. Modern hop extract is more expensive than high alpha hops for bittering. They are using it to reduce plant material in the kettle and the flavor problems it causes.

    I’m not arguing in favor of industrial breweries. They produce a homogeneous flavorless product for the lowest common denominator, but I’d point to breweries like Modern Times as striking a reasonable balance. The Alchemist (brewer of Heady Topper) is another good example. It is enormous by French standards, but owner John Kimmich has invested in technology to make sure that his employees can have reasonable working hours and has worked to eliminate tasks that he wouldn’t want to do.

    I’ll end with a quote from a brewer friend of mine: “It is tough when your customers say ‘small is beautiful’. We have heard it as well. Small also means costly production methods and cumbersome handling and distribution. Small is OK for a limited time, but when the daily tasks wear you out after years and years, then it is not so charming anymore.”

    • matthieu a dit :
      mars 10, 2015 at 9:46

      Hi,

      First I want to thank you for taking the time to read the article, and to write this long and very interesting reply. It is interesting to have brewer’s perspective (even if I had spoken to quite a few before writing all this).

      I tried here to understand the growing French brewing economy from the point of view of the brewers and the consumer but also from a more global social perspective which is rarely taken into account in the USA. My argument is that from the point of view of the society, small scale breweries are better: more jobs over the country, better quality produce, a not so violent competition, better for the environment etc. But I understand the counter effects for the brewers who first have to take care of themselves and for the consumer who want less expensive produce.

      As an answer to that, I truly believe that as you pointed out there is a balance to be found. (this is key)

      I believe in the long run, a non stop growth model is harmful for everyone (except maybe the owners of the brewery). Modern Times are clearly expansionists. And what I criticize is mainly the “business philosophy” behind.

      I quite agree on your analysis of the French brewing scene, but they are nowhere near sizes to what you can find the other side of the US. And that’s my point exactly: they are going to grow, they need to, but the question is how, and with which philosophy?

      My fear of the american scene if it continues the way it is, is that in a generation, only a few big companies will have survived, and that will only be able to find Sierra Nevada, Stone and Sam Adams the way at some point you were only able to drink Bud and Miller.

      One point on which I disagree though, in that you say that the jobs are better quality in bigger breweries? Have you ever visited Stone or Modern Times or Ballast Point? The majority of jobs are unqualified, badly paid, monotonous and around the clock, which you don’t have so much in smaller breweries where the tasks tend to be more equally distributed.

      I hope I understood your many points correctly.

      Don’t hesitate to tell me your opinion!

      Thanks again

      • Anthony a dit :
        mars 10, 2015 at 11:17

        Thanks for your response to my response. I’ve visited quite a few American craft breweries. I wouldn’t argue that some of the jobs are monotonous and carried out by untrained help. I would argue however, that they have it good by comparison to the overwhelming majority of microbrewery owners and workers here in France where few processes are automated. Are you aware of the incomes of French microbrewers? Nearly without exception, French microbrewers are poorly paid. They do exhausting, strenuous, monotonous and dangerous work. There is little opportunity for advancement here as well due to the fact that breweries are so undersized.

        I think the vast majority of small brewers in France would say that you are dooming them to a life of hopeless slavery if they are not supposed to grow to the size of a Modern Times (by my calculation they should be able to produce about 15,000 hl per year under perfect conditions with their setup and a 3 week ferment/condition time). This corresponds to being about 50% larger than Page 24 or Mt Blanc or half the size of Britt. Relative to the 20 million hl consumed in France each year it would take more than 13 breweries the size of Modern Times to make just 1% of that. Aren’t you holding up Mt Blanc as a good size? Is 50% larger that bad?

        I also really don’t understand your point on “better quality produce”. I specifically refuted this point. Do you really find the quality of beer from people like Lagunitas, Modern Times or Ballast point to be poor as compared to smaller outfits? There are tons of very bad small breweries in the US as well. I’m very proud of our beers, but I’d love to have access to the kind of technology that these guys have to improve shelf life and stability of their products.

        To my knowledge, in the US most craft brewers are still pretty friendly with one another. There have been a few legal disputes over beer names, but not as many as one would expect when there are so many breweries and only so many puns involving the word “hop”. They regularly share advice, help competitors out of bad spots when they need help. Sam Adams helped many small breweries out during the hop crisis a few years ago.

        If you point is that we shouldn’t support breweries which are mistreating their workers, I agree, but as I pointed out size isn’t the main determinant. Most small brewers here are mistreating themselves on a daily basis. On the flip side, the brewers at Kronenbourg go to work in business suits never having to do anything more physical than pressing a button (and make uninteresting beer).

        I believe that this sort of article is extremely damaging. You aren’t protecting the French craft brewer’s Eden you are damning them to a hell where they work endlessly to produce an expensive product thus allowing Carlsburg, Heineken and Inbev will eternally dominate the market.

        • matthieu a dit :
          mars 11, 2015 at 12:02

          First by better produce I mean hops and barley grown using no or little chemicals (many studies show that wine is full of residual pesticides). I’m not talking of the final beer (I’m the first fan of US craft and admire it’s amazing quality).

          Second, I am not saying the French breweries should stay as they are and I don’t pretend to know or say what is too big or what is not.

          All I’m trying to do is to give a vision of the world I want to live in. If you accept a society where the only way to produce quality beer and survive economically is infinite growth and harsh competition (which is unavoidably what that system leads to) well… fine. But I am telling you it is not necessary. And it is not beneficial for anybody except the owner of the successful brewery.

          How can you say that small breweries are incapable of producing excellent beers and being profitable over long periods? The most famous example: Cantillon.

          Where you are right is that to compete with Kronemburg pricewise you have to function like Kronemburg. But who wants to compete with Kronemburg? That is not what this is about. It’s like if you were to expect wineries to make wine on the same price level as La Villageoise. Maybe people drank it a lot some once upon a time, but look how it is, times change. People value better quality and less quantity.

          And regarding size VS quality: a small brewery produces bad beer because it produces bad beer, not because it is small.

          I know several French brewers, building their project around those ideas, and hopefully they’ll prove you wrong by producing excellent beer and surviving economically without being poor slaves…

          • matthieu a dit :
            mars 11, 2015 at 12:25

            The quality of beer has nothing to do with the size of the brewery. It has to do with the quality of the brewer, the quality of the equipment and the quality of the ingredients.

            • matthieu a dit :
              mars 11, 2015 at 2:20

              To finish, I guess that all I’m trying to say is that productivism pushed to the extreme is harmful to society, and there is an optimal middle ground to be found, beneficial for the company, it’s employees, the consumer and society. And the French craft brewing scene could be a great example of that if this philosophy was taken into account from the start.

              Thank you once again for your constructive criticism.

            • It’s true for ingredients and brewer but as you said, equipment is important to make a good beer. And, I think that what Anthony is trying to explain is that better equiment you have, better beer you could make.

              For example, if you don’t spent 5 hours to manually but label onto the bottles, you could spend this time to improve your recipe.

              Finally, there is a balance for me, but it’s true than a small brewer has to get a better equipment to be more efficient and earn a decent wage to not be a slave. We could get the witness of La Débauche, they really need to improve their production to live both with this activity but bankers didn’t want give them money to improve it even if the business is working well. So they was a little bit hold ! Hopefully, they actually succeed with their crowdfounding campain and they could get a better equipment to continue thier activity. So, actually, small brewers really need to grow until a specific balance.

              • matthieu a dit :
                mars 11, 2015 at 3:25

                Of course! I agree with everything you just said. I never said otherwise… Maybe my message isn’t clear…

          • Anthony a dit :
            mars 12, 2015 at 12:18

            I’m following you now about the ingredients. I don’t fully agree, larger breweries are able to make demands of hop producers (we want 500 hectares of organic cascade grown for us) and maltsters (we want a full batch of munich 20 made with grain grown locally) since they order quantity. Smaller breweries are forced to take what is available. Also, you do know that pesticides and herbicides are commonly used on “Organic/Bio” products? They just use chemicals which are on an approved list which are not necessarily less harmful.

            I’m not against your vision of more smaller breweries, I just think that you haven’t done your research about how much it costs to open up a brewery like Mt Blanc, or what it means to run a brewery like Garrigues. If an investment of $2.5 million to open up a brewery makes you one of the expansionist bad guys, we’re never going to advance here in terms of beer quality and reasonable standard of living for the brewers.

            I also don’t mean to suggest that craft beer should compete with Kro on price, but we need to be able to provide a quality product at a price that provides value to our consumers. It’s a very tough case to make to a bar owner or consumer when your product costs many times what he is used to paying. Paying an extra for quality is reasonable, but there’s a limit before you’ve priced yourself out of the market.

            Small breweries can produce very good beer. this is proved over and over by great homebrew, but it’s nearly impossible to produce great beer at a small scale and pay yourself a fair wage without charging huge prices.

            Cantillion has the benefit of a brewery that was paid off generations ago and a very high margin on its products. It’s hard to imagine being able to charge €20 for a 75cl bottle of pale ale no matter how good it is. Cantillion is also in the process of doubling their capacity. Does that make them expansionist?

            I think France would do well to follow the US’s growth of craft beer. We’re finally making some modest progress in freeing ourselves from the tyranny of bland industrial beer. There are craft breweries of all sizes, and it will likely remain that way. Some use all local and organic products, others choose not to and we have the freedom to buy products from those who’s ideals we support. High grade CO2 hop extract and $2.5 million dollar opening budgets don’t make you an enemy of society or craft beer.

            Thanks for putting up with my replies in English.

            • matthieu a dit :
              mars 12, 2015 at 4:51

              Anthony thanks again for taking the time to reply. I just think we have two different views, probably due to cultural differences. I guess you are american, at least you have the exact same arguments that everybody I speak to over here (for whom many are much less patient than you!). Your vision is on the long run harmful to society. But americans (sorry for the generalization) often don’t take that perspective into account. I’m not pointing any body out, just looking at the larger scale and expressing my opinion as a concerned citizen.

  4. Walter Pépéka a dit :
    mars 10, 2015 at 9:16

    Le houblon est une des première matière première à avoir été extraite au CO2 supercritique. La méthode consiste à faire passer du CO2 dans une enceinte remplie de houblon à des conditions très spéciales : pression très élevée, de l’ordre de 200 bars à un température d’environ 60° (de mémoire). Dans ces conditions, le CO2 se présente comme un gaz avec des propriétés d’un liquide et agit comme un solvant. À la fin du traitement le CO2 est évacué et il n’y a aucun résidu (quelquefois le concentré de houblon est dilué à l’éthanol et stabilisé éventuellement avec du bisulfite).
    Quant aux levures OGM, il n’y a, à ma connaissance, que 2 levures OGM, uniquement aux USA et dans le domaine du vin.

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