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Et si la bière était produite avec des levures OGM ?

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Un petit entretien avec Neva Parker – responsable des opérations de laboratoire chez White Labs – est l’occasion pour nous d’aborder un débat qui anime depuis de nombreuses années le monde agricole et qui va bientôt concerner celui de la bière: les OGM*.

Nous évoquons avec Neva les travaux de recherche en cours chez White Labs sur le séquençage** de l’ADN de souches de levure. Ensuite nous élargirons sur les conséquences du développement de souches de levure OGM.

12-0403 White Labs Tasting Room Neva 10

Neva, pouvez vous présenter les projets de recherche en cours à White Labs?

White Labs a eu l’opportunité de collaborer avec Illumina et Yonder Biology pour séquencer l’ADN de 96 souches de levure du brasseur. On a commencé à travailler avec Yonder pour faire de “l’art ADN” pour notre salle de dégustation (pour lequel on extrait de l’ADN via un gel et on le transforme en art). Puis nous sommes rentrés en contact avec Illumina grâce à des brasseurs amateurs locaux.
Ils développaient un appareil de séquençage haut-débit qu’ils avaient besoin de tester, et cherchaient un collaborateur disposant de nombreux échantillons. Le projet était né.

Quel est le but de votre étude sur le génome de ces levures?

Nous savons depuis longtemps que les diverses souches de levure utilisées pour faire de la bière sont très différentes, se comportent différemment. Et bien que l’on puisse voir ce qu’il se passe lors de la fermentation, on ne sait pas comment cela se passe. Un des buts du “genome project” est d’essayer de comprendre les mécanismes de contrôle derrière ces différences. Nous essayons de trouver quel gène contrôle quel aspect de la levure et explique vraiment ce qu’elle fait. Ceci nous permettrait d’isoler ces gènes en combinant l’information du séquençage avec les nombreux essais de fermentation que nous avons réalisé par le passé.

Avez vous des résultats préliminaires que vous pouvez présenter?

On est toujours en attente des résultats finaux. Le génome de la levure est très grand et il y a beaucoup de souches, les bio-informaticiens sont toujours en train d’y travailler. Pour l’instant tout ce que nous pouvons voir sont des relations amusantes entre les souches et leur origine.

Peut-on imaginer que ces recherches déboucheront sur le développement de souches génétiquement modifiées pour lesquelles on pourrait contrôler des paramètres comme la flocculation ou la production d’esters?

Bien sûr. Mais le gros problème pour atteindre ce but sera de comprendre comment influencer un paramètre, en influence d’autres…

 

Quelles sont les perspectives du développement de levures OGM ?

Bien sûr, les chercheurs et les brasseurs s’enthousiasment à l’idée de disposer de levures nouvelles. Les possibilités sont énormes: fermentations plus rapides, degré d’alcool plus élevé, production de goûts spécifiques…

On peut tout à fait imaginer qu’elles permettront l’émergence de nouveaux styles de bières ou un contrôle accru sur sa production pour le brasseur.

Mais passé ce premier engouement, de nombreuses questions surgissent et il est légitime de se demander quelle est la vraie motivation derrière le financement et développement de telles technologies.

ogm-levures
Photo: Bacterial colony

Des OGM agricoles aux OGM brassicoles

Le parallèle avec le domaine de la semence agricole (maïs, blé…) est très instructif du fait qu’ils ont une bonne vingtaine d’années d’avance dans le développement et l’application de ces technologies. En effet, la recherche sur les grains OGM a toujours été – comme je viens de vous le montrer pour la levure OGM – justifiée par des arguments altruistes: développer des aliments plus gros, nutritifs, gouteux, résistants aux parasites… Mais au final, il s’est agi dans bien des cas d’un véritable cadeau empoisonné. On voit que les grands bénéficiaires sont un nombre réduit de corporations et surtout que ces bénéfices se font au détriment de nombreux agriculteurs et du consommateur. Ceux-là mêmes qui étaient sensés être les grands gagnants.

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Photo: Orlando protesters

Ce sujet (des dérives liées aux OGM agricoles) est brillamment traité dans le documentaire “Le monde selon Monsanto” (lien youtube). Il montre par exemple, comment ces grains OGM ont permis à l’industrie de mettre sous leur contrôle des pans entiers de l’agriculture. On comprend ainsi l’intérêt des laboratoires commercialisant les levures à développer et maîtriser ces technologies. On imagine vite pourquoi ils auraient envie de développer, sous couvert de nombreux avantages, des levures brevetées qui par exemple ne pourraient pas fermenter plus que un brassin.

Des brasseurs contre les levures OGM ?

J’ai pu discuter de cela avec Chris White (le CEO de White Labs). Il explique qu’aujourd’hui la première raison pour laquelle les brasseurs ne veulent pas utiliser de levure OGM est la vision négative qu’en a le public (même aux USA, si si!). Ne sous estimons donc pas l’influence de nos choix en tant que brasseur et consommateur dans ce débat à venir.

L’avantage d’avoir du recul sur les problèmes liés aux OGM agricoles est qu’ils nous permettent d’anticiper les dérives potentielles des levures OGM et de rester vigilant. On voit que l’aventure commence de la même manière: on nous explique les nombreux avantages pour le brasseur et le consommateur. A nous – brasseurs et consommateurs –  de surveiller leur évolution et leur utilisation.

D’un coté, les brasseurs feraient bien d’y réfléchir à deux fois lorsqu’on leur proposera une levure “miracle”, quitte à imposer leurs conditions plutôt que l’inverse. Et le consommateur devra garder à l’esprit qu’en achetant ces produits, il sera peut-être en train d’encourager un système néfaste.

 

Et vous qu’en pensez-vous ? Seriez-vous prêt à utiliser une levure miracle qui réduirait par deux votre temps de fermentation ? Craindriez-vous que le modèle d’emprisonnement agricole se reproduise sur le modèle brassicole ?

* OGM = Organisme Génétiquement Modifié. Organismes dont on a modifié le code génétique pour en contrôler certaines propriétés.

** Séquençage de l’ADN = décodage de l’ADN.

Image à la une: Agricultural engineer
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A propos de matthieu

Matthieu Rolland est un mec qu’il est interdit d’appeler Matthieu, ou Rolland, car son vrai blason est bel et bien « Matthieu Rolland ». Troubadour déluré au crane dénudé, ce joli brin de jeune homme n’est rien de moins qu’un super-héros des temps modernes. Mais quel est donc son super-pouvoir ? Voir la description complète de Matthieu→ Matthieu est aussi créateur d'une future microbrasserie dans le Sud de la France, pour suivre ce projet, suivez la page Facebook de la brasserie Rolland.

43 commentaires to “Et si la bière était produite avec des levures OGM ?”

  1. Kressmann a dit :
    novembre 27, 2014 at 10:40

    Je ne suis pas d’accord avec votre commentaire sur les OGM. Ceux-ci ont apporté de réels bénéfices aux 18 millions d’agriculteurs qui les utilisent dans le monde sur 170 millions d’hectares pour produire du maïs, du soja ou du coton, Croyez vous qu’ils achèteraint et utilserainet ces semences si elles ne leur apporteraient rien de bon ? Selon les OGM utilisés le gain peut être des heures de travail en moins, moins de traitements insecticides, des mycotoxines en moins, des maïs résistants mieux à la sécheresse…
    Pour les consommateurs il y a un riz “OGM” ( Le riz doré) qui permettrait de combler le déficit en vitamine A de nombreux enfants du tiers monde et donc de sauver 250 000 enfants qui meurent chaque année d’un manque de vitamine A. Mais mais il est toujours interdit sous la pression d’ONG qui préfèrent voir mourrir des enfants plutöt que d’accepter qu’il puisse y avoir un OGM bon pour la santé, ce qui reviendrait à reconnaitre qu’il faut juger les OGM au cas par cas en fonction de leurs bénéfices et de leurs risques, ce que refusent ces ONG

    • J’espère que vous êtes bien payé pour étaler de cette façon l’argumentaire de l’industrie agroalimentaire. Si vous faites ça gratuitement, pensez à rentabiliser la divulgation de vos opinions et demandez un financement à Monsanto. Vous nous parlez d’utiliser les OGM “au cas par cas”, pour “éviter les pesticides” et “nourrir les enfants” ?! C’est une blague ? Les OGM Monsanto ont vocation à envahir toute l’agriculture et la nature qui l’entoure par la même occasion. Ils sont aussi néfastes que les pesticides qui les accompagnent, vendus par la même entreprise. Les agriculteurs qui les achètent en sont entièrement dépendant, dépendance soutenue par le FMI dans les pays dvpés, l’UE chez nous. Et désolé, mais si vous pensez encore que l’objectif de Monsanto est de nourrir les enfants, autant se tourner vers le père noel et lui demander un monde meilleur.
      Dans l’article de happybeertime, l’appel à la “vigilance” des brasseurs et consommateurs est complètement angélique lui-aussi. L’agro-industrie passe partout en force et ne nous laisse pas vraiment le choix, comme le montre amplement les évolutions du maraichage, de la vigne… IL SE BATTRE CONTRE !

    • matthieu a dit :
      novembre 27, 2014 at 5:35

      Mon point de vue personnel (de non expert sur la question):
      Je n’ai rien contre la technique OGM en soi et surtout pas contre le recherche cherchant à développer le savoir sur le sujet.
      Bien qu’il y ait encore d’énormes inconnues sanitaires dues à un manque de recul évident, je pense que le problème principal vient non pas de la technique en elle même mais de l’utilisation qui en est faite.
      Donc même si potentiellement ce que vous dites est vrai, en pratique on voit que tout ceci n’est qu’un prétexte pour entre autres:
      – imposer certaines semences aux agriculteurs (stériles, brevetées,…)
      – encourager des pratiques destructrices (utilisation systématique et massive de pesticides)
      – produire des aliments dont on ne connait pas les effets sanitaires sur le long terme (grains résistants aux pesticides, etc)
      – etc etc etc
      Donnez moi un seul exemple pratique, où ces OGM sont utilisés pour le bien-être de l’humanité et sans contre-partie.

      • Le début de l’article sur les recherches sur la levure est intéressant et fait bien ressortir le potentiel qui existe concernant l’amélioration de la production de bière avec l’utilisation de souches de levures plus performantes. Par contre, votre commentaire sur les PGM agricoles est mal venu et mensonger.

        Vous propagez ici des affirmations, qui en plus d’être inexactes défient la logique élémentaire. Vous ne faites que répéter la propagande anti-OGM sans avoir pris le temps d’y réfléchir.
        Par exemple vous dites que les semenciers “imposent certaines semences aux agriculteurs”, ces semences étant selon vous stériles. Or, un semencier n’impose rien du tout. C’est l’acheteur qui décide ce qu’il veut mettre dans ses champs, tout comme vous décidez du modèle de téléphone dont vous voulez vous équiper. Par ailleurs aucune semence GM n’est stérile. Et si elles sont brevetées (pas toutes), les semences non-GM le peuvent aussi. Le “Plant Patent Act” qui permet de breveter certains végétaux remonte à 1930, soit bien avant que l’on connaisse les fonctions de l’ADN.
        Vous dites ensuite que les PGM “encourageraient des pratiques destructrices” avec une “utilisation systématique et massive de pesticides”. Pensez-vous un seul instant qu’un agriculteur s’amuserait à acheter des semences qui contribueraient à augmenter ses coûts de production, détruire son outil de travail et augmenterait ses risques d’exposition aux pesticides ? Cela n’a aucun sens. Les plantes RR réduisent le recours à des herbicides nocifs au profit d’un herbicide ayant un profil toxicologique bien plus favorable. Quant aux plantes Bt elles permettent justement de réduire considérablement l’usage des insecticides chimiques.
        Vous vous inquiétez de l’effet sanitaire sur le long terme. Avez-vous simplement réfléchi à ce qui pourrait poser problème au plan sanitaire ? Un OGM n’est qu’un organisme auquel on a ajouté des gènes que l’on connait et dont la composition (l’ADN) et ce qu’ils produisent (ARN et protéines) n’est en rien différent à ce qui est produit par les dizaines de milliers de gènes déjà présents dans votre alimentation. Le risque sanitaire lié à la transgénèse n’est en rien différent à ce qui existe déjà avec les autres techniques de sélection classique.
        Quant à demander des exemples”pratiques” d’OGM “utilisés pour le bien-être de l’humanité et sans contre-partie” je ne vois pas bien le sens de votre question. Du maïs américain a été donné dans le cadre de programme d’aides alimentaires. Ça vous va comme réponse ?
        ——-
        Pour revenir sur cette histoire de bière et de levure génétiquement modifiée, avant de lire les commetnaires je voulais tout simplement signaler que certains brasseurs utilisent déjà des enzymes recombinantes issues du génie génétique, et donc produites par des OGM, l’Alpha-amylase en est un exemple. Plus drôle encore si on se penche sur l’origine des variétés d’orge utilisées pour la production de bière. Ce sont de sympathiques mutants, certains obtenus par mutagénèse aux rayons gamma ou à l’azide de sodium, qui ont été sélectionnés spécialement pour la production de bière. Mais là, on entend personne. Amusant n’est-ce pas ?

      • matthieu a dit :
        novembre 28, 2014 at 6:56

        Merci de caricaturer mes arguments.

        1. Le parallèle avec les OGM agricoles est exactement le même. Que vous soyez “anti” ou “pro” (et je ne suis ni l’un ni l’autre) les arguments et risques potentiels sont les mêmes.

        2. Rien n’est “imposé” par la force, et c’est là ou ces technologies peuvent-être (PEUVENT-ETRE) pernicieuses. En faisant un produit qui fait que tu es quasi-économiquement obligé de l’utiliser, malgré toutes les contre parties. Mais la c’est un problème de modèle économique, imposant compétition et productivisme.

        3. Sur l’argument sanitaire, c’est le bon sens de juste dire “on ne sait pas”. Car c’est vrai, on-ne-sait-pas. Il est arrogant et non scientifique de penser que vous savez exactement ce que vous contrôlez. Même Neva le dit dans l’interview, même Chris White l’avoue quand vous discutez avec lui.Peut-être vous avez raison, peut-être pas. Dans 20 ans vous nous direz “ah mais ça on pouvait pas le prévoir”. J’imagine que vous n’êtes pas un scientifique.

        4. Ce n’est pas le sujet de l’article, mais j’aimerais également savoir quand ma bière utilise des OGM que ce soient des enzymes, des orges ou quoique ce soit (dont je connais l’utilisation, bien sûr).

        Merci de participer au débat en tout cas.

        • @ matthieu,
          Je ne caricature rien, je reprenais simplement vos arguments tels que vous les avez écrits.

          1. Il faudrait savoir ce que vous voulez. Vous écrivez à propos des OGM agricoles, je cite “les grands bénéficiaires sont un nombre réduit de corporations et surtout que ces bénéfices se font au détriment de nombreux agriculteurs (…)” et maintenant vous nous dites que “les risques” seraient les mêmes avec des levures OGM. Mais quels risques ? En quoi le fait qu’une levure OGM soit commercialisée créerait un risque différent d’une levure non-OGM ? En dehors du risque commercial du fait de la pression des intégristes anti-OGM ?

          2. Maintenant vous vous contredisez. Vous dites que les PGM agricoles serait “un produit qui fait que tu es quasi-économiquement obligé de l’utiliser, malgré toutes les contre parties” alors que vous écriviez dans l’article que l’utilisation des PGM se ferait au détriment des agriculteurs. Pourquoi un agriculteur achèterait des semences GM si celles-ci lui apportaient un préjudice ? Et puis quelles sont ces “contre parties” ? Quant au modèle économique, il ne date pas d’hier. Mais j’ai peur que vous confondiez productivisme et productivité. Les PGM actuelles permettent, entre autres, d’améliorer la productivité aussi bien pour le petit paysan Indien que pour l’agriculteur qui cultive 500 ha, cela n’a rien à voir avec le productivisme.

          3. Sur l’argument sanitaire, je ne parle pas de bon sens mais de science. Le “bon sens” n’a rien de scientifique et fait dire que la Terre est plate. Par ailleurs, nulle part je ne dis que l’on contrôle tout ce qu’on fait mais simplement que les risques sanitaires sont fondamentalement identiques pour la transgénèse et la sélection classique. Et si pour vous le risque est proportionnel au contrôle de ce que l’on modifie il est évident que les risques sont moindres pour la transgénèse. En effet, les modifications apportées au génome sont moins importantes et beaucoup plus contrôlées que par les techniques de sélection classique. En allant encore plus loin on pourrait se contenter d’appliquer les bases de la cindynique, c’est à dire celles qui se contentent des données factuelles. Et là c’est très drôle car il apparait que pour les OGM les dommages rapportés étant nuls le risque est nul (ce qui n’est pas le cas de la sélection classique).

          4. Le sujet de l’article concerne la levure GM et un parallèle douteux avec les PGM agricoles. Je ne faisais que rappeler que les biotechnologies sont déjà utilisées dans la production de bière, aussi bien par l’intermédiaire de d’enzymes recombinantes que par l’utilisation de variétés d’orge dont le génome a été modifié (et avec des techniques qui modifient les génomes de façon beaucoup plus drastiques et moins “contrôlées” que la transgénèse). L’apport de ces technologies ne rend pas la bière moins savoureuse, au contraire.

      • matthieu a dit :
        novembre 28, 2014 at 11:55

        Regardez le monde selon Monsanto, c’est tout ce que je peux dire… Et il est scientifiquement impossible de prouver qu’il n’y à aucun risque à long terme sans recul. Qu’il y en ait ou non.

        • Amusant conseil que vous prodiguez là. Regarder “le monde selon monsanto”… En matière de manipulation et de désinformation on fait difficilement mieux que ce film. Si je veux des infos sur les OGM je lis la littérature scientifique, je ne regarde pas un film de propagande grossière qui devrait faire honte à son auteure. Quant à prouver scientifiquement qu’il n’y a aucun risque, effectivement, c’est impossible, que ce soit à court ou à long terme. On ne peut pas prouver l’inexistence de quelque chose. Ce serait comme si je vous demandais de m’apporter la preuve de l’inexistence de Dieu ou des petits lutins de la forêt. Réfléchissez-y deux secondes et vous verrez que c’est impossible. Par contre on peut mesurer et estimer les risques existants. Et au risque de me répéter, les risques sanitaires associés à la transgénèse ne sont pas plus importants que les risques liés à la sélection classique, au contraire. Il n’y a donc rien de rationnel à s’opposer à l’utilisation de la transgénèse pour améliorer la levure de brasserie.

          • matthieu a dit :
            novembre 29, 2014 at 1:11

            Je ne parle pas de science. Mais d’un contexte politique et économique. Accompagné d’un soupçon de modération.

            • Si vous parlez de politique cela ne m’intéresse pas. Les OGM ne font pas de politique. Par contre si vous parlez économie je me demande bien en quoi le fait qu’une levure soit GM changerait quoi que ce soit par rapport à une levure non-GM. Il existe déjà plein de souches de levure de brasserie, cela ne ferait qu’agrandir le catalogue.

              • matthieu a dit :
                novembre 29, 2014 at 4:35

                Une souche OGM est brevetable, donc non libre d’utilisation et soumise à la propriété industrielle. Les intérêts économiques sont énormes. Et le seul contre pouvoir capable de canaliser cette force directrice économique est le politique. Le scientifique/l’économique/le politique sont donc (malheureusement) liés…

                • Vous faites encore erreur. Une souche de levure non-GM est tout autant brevetable qu’une souche GM. Je vous invite par exemple à chercher sur votre moteur de recherche favori le brevet “US4409246” qui décrit la souche de levure NCYC No. 962, non-GM et brevetée. Commercialiser une souche de levure GM ne change donc rien à la situation actuelle.
                  Malheureusement le politique essaye d’interférer avec la science, certes, mais la science ne fait pas de politique.

                • Et je devrais ajouter que le premier à avoir breveté une souche de levure était Louis Pasteur… en 1873… soit bien avant l’avènement de la transgénèse.

                • matthieu a dit :
                  novembre 30, 2014 at 12:57

                  Quelle mauvaise foi… c’est incroyable

                  Le fameux brevet pasteur porte sur le procédé et non sur la levure (une réf parmi d’autres, l’encyclopédie universalis http://www.universalis.fr/encyclopedie/brevets-sur-le-vivant-reperes-chronologiques/).

                  Quand j’aurais le temps je me plongerai sur le cas du brevet US4409246 qui semble lui aussi concerner une technique.

                  Ce n’est pas du tout mon domaine d’expertise (et je n’ai pas cette prétention) et j’aurais bien voulu vous croire sur parole ou que vous nous en disiez un peu plus, si seulement vous ne donniez pas l’impression de juste vouloir miner le débat.

                  Juste pour rappel, je n’essaie de convaincre personne de quoique ce soit, mon intention est de parler d’une question qui nous concerne tous, en tant que brasseur et consommateur de bière, et de lancer un débat constructif. Je n’ai aucun problème à discuter avec tous les points de vue et même à faire évoluer le mien.

                  Mais apparemment votre intention n’est pas d’avoir une discussion constructive, dommage.

                • Vous dites que le brevet de Pasteur porte sur le procédé et non sur la levure. Quelquefois il est bon d’aller voir à la source, c’est à dire le brevet lui-même sous la référence US 141072 A. Il est clairement indiqué, je cite :
                  “I claim- Y ‘1. The method of obtaining pure yeast by eliminating the organic germs of disease fromA brewers yeast, in the manner described.
                  2. Yeast, free from organic germs of disease, as an article of manufacture. ”
                  Désolé mais il n’y a pas photo. En plus de breveter le procédé d’obtention Pasteur a bel et bien breveté la souche de levure obtenue. Pour vous éclairer lisez la définition de ce qu’est un “article of manufacture”. Elle se trouve facilement sur internet.

                  Quant au brevet US4409246 il n’y a pas à y passer des heures, il suffit de lire les deux premières phrases, je cite: ”
                  The specification discloses a novel brewers’ yeast strain and a method of manufacturing the same. The yeast is a strain of Saccharomyces cerevisiae and has been deposited at the National Collection of Yeast Cultures, Norwich, England under the number 962.”
                  Et vous m’accusez de mauvaise foi, vous qui citez “le monde selon monsanto” en référence. Vous devenez carrément injurieux.
                  Je suis aussi pour un débat constructif, mais celui-ci doit s’appuyer sur des arguments valables, pas sur les mensonges et les fantasmes des anti-OGM que vos écrits contribuent à propager.

                • matthieu a dit :
                  décembre 3, 2014 at 1:00

                  Qui êtes-vous?

                • Je ne comprends pas bien l’intérêt d’une telle question. Est-ce que connaitre mon identité changerait le sens de mes écrits ?

                • matthieu a dit :
                  décembre 4, 2014 at 5:05

                  Ben oui en fait. C’est intéressant de comprendre la raison de votre point de vue sans retenue sur le sujet.

                • matthieu a dit :
                  décembre 5, 2014 at 5:26

                  Je dirais que soit vous travaillez dans l’industrie OGM auquel cas vos raisons sont très claires, soit vous êtes un jeune chercheur encore naïf et enthousiaste qui joue EXACTEMENT le jeu de l’industrie (sans forcément le vouloir) en reprenant leur argumentaire sans recul, en du coup le légitimisant http://www.monsanto.com/global/fr/actualites/pages/les-ogm-c-est-quoi-10-idees-recuessur-les-ogm.aspx

                • Grâce à vous j’apprends que selon leur origine les arguments ont une odeur. Pour ma part je juge un argument sur sa pertinence et non sur son origine. Visiblement ce n’est pas votre cas. Par ailleurs je ne vois pas en quoi mon point de vue serait “sans retenue”. Bref, quand faute d’arguments on en vient à s’intéresser à la personne et non à ce qu’elle écrit c’est que la discussion arrive à son terme.
                  Quant à être traité de naïf (après m’avoir accusé de mauvaise foi) par quelqu’un qui gobe les âneries des anti-OGM comme parole d’évangile… cela prête à sourire.

                • matthieu a dit :
                  décembre 5, 2014 at 7:34

                  La science s’intègre dans un contexte et son utilisation n’est pas neutre. Ignorer le contexte est soit naïf soit mal intentionné. Ce n’est pas un débat de de qu’est-ce qui est rationnel VS qu’est-ce qui ne l’est pas. C’est un débat de qu’est-ce qui profite à qui.

                • Si vous voulez aborder “le contexte” dans lequel la science est utilisée, n’hésitez pas, je suis tout à fait prêt à vous lire. Quant à débattre de “qu’est-ce qui profite à qui”, le fait que la souche de levure soit génétiquement modifiée ou non ne change rien à la question.

                • matthieu a dit :
                  décembre 5, 2014 at 8:37

                  Une levure qui fermenterait 2 fois plus vite ne profiterait à personne?

                • matthieu a dit :
                  décembre 5, 2014 at 9:18

                  Et je sais pas si vous vous rendez compte, mais le premier contributeur au sentiment anti OGM n’est ni l’ignorance ni la superstition mais bien les agissement d’entreprises comme Monsanto.
                  Si je me met 2 secondes à la place d’une personne bien intentionnée, convaincue des bénéfices de cette technologie, je pense que le premier truc que je ferais c’est dénoncer cela…

                • Ai-je dis ça ? Non. Je dis que quelle que soit la technique utilisée pour obtenir cette levure (transgénèse ou hybridation) la question est la même. La réponse aussi.

                • Quant à votre commentaire de 9:18, détrompez-vous, le premier contributeur au sentiment anti-OGM est bel et bien l’ignorance. Vous en êtes d’ailleurs la parfaite illustration. Monsanto n’y est pour rien là-dedans, c’est une entreprise comme une autre.

                • matthieu a dit :
                  décembre 5, 2014 at 10:06

                  voila…

                • mais encore ?

                • Si je comprends bien votre “logique”, une personne (“bien intentionnée”, cela va de soit… lol) qui défend la vaccination devrait dénoncer les agissements de GSK ? Quelqu’un qui défend la voiture devrait dénoncer les agissements de WV ? Quelqu’un qui défend le transport aérien les agissements de Dassault ? Vous avez une bien étrange “logique”.

                • Réponse de Chris White sur les brevets:
                  Le plus récent est passé car inclut de la méthode, mais personne ne peut déposer une levure non-OGM toute seule.
                  Le second est un brevet historique qui ne passerait jamais aujourd’hui.

                • Le brevetage d’une levure ou de tout microorganisme inclut forcément au moins une technique, celle qui permet d’identifier ledit organisme et donc de le distinguer des autres organismes. Je sais que ça vous embête car cela va à l’encontre de vos croyances et de ce que vous affirmiez dans votre commentaire du 29 novembre à 4:35 mais rien ne vous empêche de déposer une souche de levure non transgénique, même en France, puisque la France est signataire du traité de Budapest.
                  Voici un exemple:
                  http://www.google.fr/patents/CA1171007A1
                  Cette levure n’est pas transgénique.
                  Ou encore un autre exemple décrit dans cet article:
                  http://link.springer.com/article/10.1134%2FS1022795410110049
                  Le brevet de Pasteur ne passerait pas aujourd’hui car Pasteur n’a pas enregistré sa levure dans une collection agréé (forcément le système n’existait pas à son époque). Il est d’ailleurs assez cocasse que de nos jours le centre français qui gère les collections de microorganismes porte le nom de… Pasteur :
                  http://www.pasteur.fr/recherche/unites/Cncm/index-en.html
                  De nombreux pays possèdent désormais des autorités en charges de gérer les collections de microorganismes. Vous trouverez la liste sur le site du wipo que vous pouvez contacter pour de plus amples informations sur la question du brevetage des souches de levures:
                  http://www.wipo.int/export/sites/www/treaties/en/registration/budapest/pdf/ida.pdf
                  Je me répète donc mais si une levure transgénique arrivait sur le marché de la bière cela ne changerait absolument rien à la situation actuelle, cette levure serait protégée au même titre que les autres souches de levures déjà sur le marché et personne ne vous forcerait à l’utiliser… si bien que tout votre article au-dessus n’est que du vent. Chacun peut se tromper, ça arrive, mais visiblement rares sont les personnes capables de reconnaitre leurs erreurs.

  2. IL FAUT SE BATTRE CONTRE !
    Quand ils s’imposent par la force, “la vigilance” est une des formes du consentement.

    • matthieu a dit :
      novembre 27, 2014 at 5:19

      Au jour d’aujourd’hui, aucune bière n’est encore produite avec une levure OGM, je vois mal ce qu’on pourrait faire d’autre que rester vigilant et surveiller ce qu’il se passe. Je ne prone pas l’interdiction de la recherche. cf ma réponse au comm précédent. Quel est votre point de vue? Que proposez vous?

    • matthieu a dit :
      novembre 27, 2014 at 5:46

      Je pense qu’une prévention active, au jour d’aujourd’hui, est le plus constructif. Sensibiliser les brasseurs et le consommateur aux dérives potentielles.
      En fait je trouve dommage (dans ce domaine comme dans d’autres) de devoir sacrifier le savoir au prétexte de l’utilisation néfaste qui pourrait en être faite…
      Ce n’est peut-être pas la solution la plus efficace pour éviter les dérives, mais c’est la seule solution raisonnable.

  3. lo-laurent a dit :
    décembre 3, 2014 at 7:54

    Quel est encore les intérêts des OGM? Que les chercheurs s’unissent pour réintroduire de la biodiversité! Tout ce qu’a pu faire les OGM jusqu’à date c’est de la détruire, a grand coup de monoculture, de substances qui tue la vie organique et qui rend toute culture dépendante à l’homme! Je suis contre comme pour tout OGM qui pourrait sortir! LA nature fait bien les choses et l’homme les détruits! On boycottera les bières OGM si ça venait à sortir un jour!
    Vive la bière bio artisanale 🙂 !!!! Et vive les petits producteurs!

  4. Je suis contre. Je n’ai pas confiance surtout de la maniere ou cela nous est impsé, jusque dans nos assiettes. Puisque cela est si bien, pourquoi n est ce pas indiqué sur les paquets que le produit est à base d’ogm…..
    Tout ce qui nous rend dependant de grande entreprise est a proscrire car elles detruisent les petites emplois …et qu’on reproche ensuite aux gens de profiter du chomage ….
    D’ailleurs ou en est la pauvreté dans le monde, a t elle diminué depuis qu il y a les ogm ? ….

  5. Bonjour, moi j aime la bière mais depuis quelque jour j’ai comme un gaz très désagréable dans le ventre a mon avis ils ont déjà dû la foutre leurs levure a la con 😉 apart ca je voudrais savoir qui est ALEX? Un infiltrée de chez Whith labs? Lol

    • matthieu a dit :
      décembre 4, 2014 at 5:33

      Je tiens juste à préciser que ceci n’est pas du tout un article “anti” White Labs, au contraire. Ils font des levures super et (pour l’instant!) totalement naturelles.

      • Je trouve toujours amusant de voir des gens qualifier de “naturelles” des souches de levures dont les génomes ont été modifiés en profondeur (duplication, délétion, réarrangements chromosomiques…) du fait de multiples hybridation entre espèces suite à leur domestication par l’homme. Petit exemple ici:
        http://aem.asm.org/content/72/6/3968.short
        Après de telles modifications génétiques il faudrait vraiment m’expliquer en quoi ajouter un gène par transgénèse poserait un problème.

  6. – 6000 ans avant JC. Une miche de pain oublié au fond d’une jarre humide. Des bulles qui apparaissent, la fermentation, la découverte d’un liquide doux et légèrement pétillant. Les premières brasseries, les Bit Sikari ou l’on servait déjà une quinzaine de boissons fermentées.
    La shikaru, la zythos, la cervisia,et l’on va malter les céréales, et d’une boisson domestique et féminine que l’on donnait en offrante aux Dieux, C’est encore une femme qui va donner un coup de pouce . L’abbesse Hildegarde von Bingen découvre l’importance du houblon dans le brassage.Et puis …… L’HOMME va s’en saisir il va faire de la BIERE une industrie. Produire plus pour gagner plus.
    L’HOMME dans toute sa splendeur, dans toute sa folie,des HOMMES comme Alexis grand prêtre de la religion des OGM
    Il y a des jours ou je doute de ces HOMMES.
    Depuis plusieurs semaines j’assiste, j’accompagne un petit Brasseur avec pour ambition de brasser une simple et bonne bière. Vos levures OGM vous savez ou vous pouvez vous les mettre ……..

  7. Je suis d’accord avec Gauger !
    (et on est pas toujours d’accord…)

    Si vous voulez bouffer ou boire de la merde, c’est votre choix, mais que les multinationales et leurs scientifiques (…) laissent la population faire son choix, et ne l’imposent pas a force de lobbying…

    Vos (……..) OGM vous savez ou vous pouvez vous les mettre……..

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