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La ceinture de bière de la Caraïbe

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Au premier abord cela semble être une blague quand on connait la réputation de cette région du Monde en terme de production d’alcools, mais finalement non, on se ressaisit, il n’y a pas que du rhum dans les Caraïbes, et de la même façon que l’océan Pacifique est bordé d’une ceinture de volcans, la mer des Caraïbes est bordée de brasseries !

Invitation au voyage

Et pourtant ! Nombreux sont les néophytes qui disent et diront que les bières que l’on trouve aux Caraïbes sont importées, de la même manière que le vin français ou la vodka russe sont exportés aux quatre coins du globe. Mais il va falloir se replonger dans les manuels des bistrots car il y a bien des brasseries sous les tropiques, certes moins réputées que leurs consoeurs belges, allemandes, anglaises ou même québecoises, mais néanmoins parfois d’assez bonne qualité. Certes elles sont assez dures à évaluer à leur juste valeur si tant est qu’on les consomme généralement par 30°C minimum après une journée bien occupée. Ainsi on découvrira les petites brasseries locales aux noms évocateurs telles que la Kubuli de la Dominique, que l’on appréciera bien fraîche devant un coucher de soleil sur la mer des Caraïbes après une randonnée cuisante au fameux Boiling Lake, le deuxième plus grand lac bouillant au monde. On savourera la Wadadli de l’île d’Antigua, quand on aura peiné à traverser le tombolo de sable séparant la lagune de Barbuda de l’océan et navigué des heures le vent de face, sous un soleil de plomb. On dégustera la Piton de Sainte-Lucie en bord de route, dans un bar digne des bons pubs, avec le fameux miroir étincelant positionné derrière les bouteilles. On se délectera de la Toña dans la piscine de l’hôtel après une grosse journée de surf au Nicaragua. Bien entendu, on préférera ces petites bières locales aux importées et « géantes » de la région, à savoir la Corona Extra du Mexique, la Carib (Trinidad) qui se boit avec un morceau de citron vert comme une Despérados, la Corsaire, une cousine de la Heineken en goût et couleur (anciennement brassée en Guadeloupe et délocalisée à Trinidad), la Presidente (République Dominicaine) assez douce, la Red Stripe (pale lager) de la Jamaïque, un peu plus forte, ou encore la moins connues Prestige (également de type lager) de Haïti.

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Crédit photo: J. Roger

Une bière de grosse production fera l’exception : la fameuse Lorraine de Martinique, unique brasserie française de la Caraïbe depuis que la Corsaire a migré à Trinidad en 1995.

Cette liste n’est en aucun cas exhaustive puisque il y a déjà une douzaine de bières différentes rien que pour l’arc des Petites Antilles. Si l’on met de côté le Mexique, la Colombie et le Guatemala qui proposent des éventails de bières aussi variés que tous les rhums de la Caraïbe, on atteint la cinquantaine, à laquelle on peut ajouter toutes les variantes fruitées, épicées, etc. De quoi voyager une année dans la région juste pour en découvrir toutes ces savoureuses boissons !

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Carte maison des bières de la région Caraïbe, en cercle, comme la ceinture de feu du Pacifique 🙂

Comment sont-elles fabriquées ?

La plupart de ces bières sont des blondes de type lager (majoritairement pale) obtenues par un processus de fermentation basse du malt d’orge par adjonction de levures. Certaines sont dîtes « double » car elles ont été obtenues par fermentation d’un mélange d’orge et de blé. A noter toutefois que l’on trouvera sporadiquement des pale ale telle que la Tropicale Mango Pale Ale des Iles Vierges américaines. On pourra également trouver de temps à autre des stouts telles que la Mackeson XXX ou la Royal Extra Stout produites par la brasserie Carib à Trinidad ou encore la Dragon Stout de la Jamaïque brassée aux côtés de la Red Stripe.

La plupart de ces bières ont été obtenues avec du houblon. Les 3 produits (orge, blé et houblon) sont importés d’Europe, l’orge provenant a priori majoritairement d’Ecosse et le houblon d’Allemagne.

L’eau utilisée pour l’élaboration de toutes ces bières provient quant à elle principalement de sources d’eau naturelle locales.

***

Le voyage dans les Caraïbes peut donc être surprenant mais pour les amateurs de bières, il faut tout de même souligner qu’ici, on ne trouve quasiment aucune de ces bières en pression dans les bars… ici on prend son temps, et on décapsule 😉

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A votre santé ! et bienvenue dans les Caraïbes !

A découvrir également: la bière artisanale au Panama.

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10 commentaires to “La ceinture de bière de la Caraïbe”

  1. Article très intéressant, très instructif, qui donne envie de goûter quelques unes de ces bières (bien fraîches), quand ici à Saint-Malo, la T° nous pousse plutôt vers la dégustation de thé!

  2. Laurent Mousson a dit :
    novembre 10, 2014 at 7:32

    “Certaines sont dîtes « double » car elles ont été obtenues par fermentation d’un mélange d’orge et de blé.”

    Intéressant, ça… On aurait là, un usage inédit du mot “double” appliqué à la bière ?
    (D’habitude, il s ‘agit simplement d’une question de densité, en gros de quantité double de malt pour un même volume d’eau.)

    Quelqu’un aurait une source attestant de cet usage apparemment spécifique à la région Caraïbe ?

    • Je me suis dis la même chose en lisant l’article et puis finalement, ce n’est pas propre aux Caraïbes !

      La Triple Karmeliet utilise ce terme pour ses trois grains il me semble: orge, avoine et blé. Bien que dans ce cas, il s’agisse effectivement d’une triple.

      • Oui pour moi aussi la double concernait la densité, et puis en rédigeant cet article, j’ai trouvé sur le site de plusieurs brasserie de la Caraïbe cette explication pour “double”, à savoir un mélange d’orge et de blé. Donc histoire à creuser, j’ai commencé à fouiller hier le net, mais sans tomber sur un consensus pour l’origine du mot “double”, ni “triple” d’ailleurs…

        • Laurent Mousson a dit :
          novembre 11, 2014 at 10:00

          Y’a pas de consensus parce que pas mal de ces sources ont été écrites par des commerciaux sans notion solide de brassage, et encore moins de connaissances historiques en matière de bière…

          Double et Triple, l’origine est claire, ça vient d’une progression simple / double / triple (enkel / dubbel / tripel en néerlandais) qui a rapport à la dose de malt pour une quantité d’eau donnée, et s’est imposée dans le sillage du succès des bières de l’abbaye de Westmalle.
          ça s’inscrit dans la même logique que les X / XX / XXX / XXXX de la tradition britannique, ou l’échelle en 4 / 6 / 8 / 10 / 12 employés par exemple par Rochefort ou Westvleteren.

          Quand d’aucuns expliquent ça par des “doubles fermentations” ou des “triples fermentation”, par l’usage de trois céréales etc. c’est généralement un type au service des ventes qui a commis ça, et qui répète servilement quelque chose vaguement entendu ailleurs, Mais j’attends encore que quelqu’un me sorte des sources solides qui attestent ces explications-là comme étant autre chose que des élucubrations marketing… :o)

  3. On a oublié la Caybrew, aux Iles Caïmans:
    http://caybrew.com/

  4. On a une bière en Guadeloupe qui se nomme Gwada.

  5. Vanderhoeven a dit :
    juillet 20, 2017 at 4:09

    Alors la je ne suis pas daccord du tout. Je vis en amerique cebtral et en grance je vivais a lille pres de la belgique, et croyais moi au nicaragua il y a de tres bonne biere artisanal comme la porteña: une des meilleure de ma vie. Vous devrier reffair un tour dans c quoi las. Moi jy suis et je suos sur le point d ouvrir une brasseri…..bien me bonjour

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