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La crédibilité du Brussels Beer Challenge est-elle en danger ?

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Les compétitions brassicoles sont nombreuses, chacune regroupant de nombreux dégustateurs pour élire les meilleures bières du monde. Le processus est bien huilé, les dégustations sont faites par des professionnels, les bières sont dégustées à l’aveugle par style de bière. Pourtant de nombreux résultats du dernier concours de ce genre, le Brussels Beer Challenge, sont plus que douteux ! Après vous avoir interprété les résultats des World Beer Awards, concours américain populaire, j’interprète aujourd’hui les résultats du Brussels Beer Challenge, compétition organisée en Belgique. Voici les meilleures bières du monde selon le BBC 2014…

Si vous ne souhaitez pas lire l’analyse complète des résultats, cliquez pour voir directement la conclusion et mes 5 conseils pour améliorer la crédibilité du concours…

Voir la conclusion

Les États-Unis meilleur pays de la bière devant la Belgique

L’année dernière était marquée pour le fait que la Belgique repassait devant les États-Unis en nombre de médailles après une année 2012 où les américains l’avaient devancée. Cette année, les États-Unis refont du mouron aux belges en remportant plus de médailles. Les États-Unis remportent un total de 53 médailles contre 43 médailles pour les belges. Il n’en fallait pas plus pour que la presse belge se demande si les bières belges sont toujours les meilleures. Pourtant, un certain Michael Jackson avait prévenu nos amis belges il y a 20 ans déjà que les bières étasuniennes étaient aujourd’hui les meilleures du monde.

Cette année marque un nouveau coup de force des USA qui passent en tête avec un nombre inférieur de bières soumises (177 pour les États-Unis contre 200 pour la Belgique). Examinons justement de plus près les chiffres de ce concours 2014.

Le Brussels Beer Challenge en chiffres

Au total, 725 bières ont été envoyées cette année soit 22% de plus que l’année dernière. 60 dégustateurs jugeaient ces bières durant deux matinées. Au total, le concours est segmenté en 8 grands types et 50 catégories.

Pour le reste, ce concours francophone prend de plus en plus d’ampleur avec 25 pays représentés cette année contre 15 l’année dernière:  l’Allemagne, l’Australie, la Belgique, le Brésil, le Cambodge, le Canada, le Danemark, les Etats-Unis, la Finlande, la France, l’Italie, le Japon, la Norvège, les Pays-Bas, la République Tchèque et le Royaume-Uni.

Tandis que nous avions milité cela, on note une arrivée en force des bières françaises, 48 bières de l’Hexagone ont candidaté cette année contre 10 l’année dernière. Pour le reste, l’Italie est fortement représentée avec 110 bières tandis que les Pays-Bas ont proposé 38 bières, l’Allemagne 35 bières et le Royaume-Unis 25 bières.

Jetons un œil aux résultats des BBC 2014.

Quelle est la meilleure bière du monde ?

Le plus précieux des sésames visait à récompenser la meilleure bière du monde, il s’agissait du prix « Comac ».

Je me demande comment les juges ont pu voter pour une bière en particulier parmi les différents styles de bières proposés mais le fait que est que c’est une bière anglaise qui remporte la palme.

En grand chanceux que je suis, il se trouve que j’ai déjà bu la meilleure bière du monde, la Triple C de la brasserie Thwaites, une Golden Ale houblonnée à l’américaine très bien équilibrée (voir la dégustation).

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Les meilleures bières brunes

Commençons par les meilleures bières brunes du monde. Du côté des bières brunes, on constate deux médailles belges, une hollandaise et une française.

C’est la brasserie FrogBeer connue pour ses brasseries-bars Frog & Rosbeef à Bordeaux, Toulouse… qui remporte une médaille dans une catégorie en vogue, celle des black IPA. Une médaille d’or prestigieuse dans une catégorie pourtant promise aux États-Unis, créateur du style.

Première stupeur en revanche pour ma part. La Jopen 4 Granen Bokbier est récompensée dans la catégorie Brown Ale. Or, il s’agit d’un Bock, bière d’origine allemande de fermentation basse. Si les deux styles se rejoignent par la robe caramel et la présence de sucres résiduels, les méthodes de fabrication sont profondément différentes et j’ai du mal à comprendre la présence d’une telle bière en médaille d’or d’une catégorie qui n’est pas la sienne.

On peut également se poser la question pour la Broeder Jacob Double Port que je caractériserais plus comme une double belge mais qui vient chiper une médaille dans une catégorie “Strong Dark Ale” qui semble plutôt d’influence anglo-saxonne.

Quant à la Brugse Zot Dubbel, elle profite de l’absence des trappistes pour remporter une prestigieuse médaille d’or. Il faut dire que c’est une bonne double belge bien qu’elle ne soit pas du niveau des Rochefort, Westmalle et Westvleteren double.

Nom Médaille Brasserie Type de bière Pays
Brugse Zot Dubbel Gold Medal Brouwerij De Halve Maan Dark Ale : Abbey / Trappist Style Dubbel Belgium
Jopen 4Granen Bokbier Gold Medal Jopenkerk Bierbrouwerij Dark Ale : Brown Ale Netherlands
Tha…Wack! Gold Medal FrogBeer Dark Ale : Dark/Black IPA France
Broeder Jacob Double Port Gold Medal Brouwerij Broeder Jacob Dark Ale : Strong Dark Ale Belgium

Les meilleures bières blanches

Petit tour du côté des bières blanches ou plutôt du côté des bières de blé, comme je préfère les appeler. Dans la catégorie des bières de blé de style belge c’est la Limburgse Witte qui l’emporte. Il s’agit sans aucune doute de le meilleure bière de la brasserie.

Du côté de la White IPA, que je préfère appeler American Wheat Ale,  la bière qui l’emporte est une drôle de collaboration catalane (Espagne) et belge. Brassée chez la brasserie Montaigu par des brasseurs catalans, cette bière avait déjà remporté la médaille d’or en 2013.

Enfin, l’Allemagne reste maître de la Weizen avec une médaille d’or pour la Schwarzbräu Weissbier Hell, loin d’être la meilleure Weissbier du monde. Il faut dire que 35 bières seulement nous viennent d’Allemagne. Un échantillon loin d’être représentatif du colossal patrimoine brassicole allemand.

Nom Médaille Brasserie Type de bière Pays
Limburgse Witte Gold Medal Brouwerij Sint-Jozef Wheat : Witbier Belgium
BIIR White IPA Gold Medal Montaigu – BIIR Brewer Assoc. Wheat : White IPA/Hoppy Weizen Belgium
Schwarzbräu Weissbier Hell Gold Medal Schwarzbräu GmbH Wheat : Weizen Germany

Les meilleures bières blondes et ambrées de fermentation haute

C’est la catégorie la plus importante, les bières blondes et ambrées de fermentation haute. Elle se découpe en 12 sous-catégories avec des saveurs profondément différentes. Je vais vous les redécouper pour y voir plus clair.

Les meilleures bières aux saveurs caramélisées

Parmi les bières caramélisées, commençons par la sous-catégorie Ambrée. La brasserie américaine Anderson Valley, de Californie l’emporte avec son ambrée bien houblonnée, la Boont Amber Ale. Une sous-catégorie beaucoup trop large à mon sens. Précédemment, j’avais expliqué pourquoi on ne peut pas parler simplement de Pale Ale tant la différence est profonde entre une American Pale Ale, une English Pale Ale et une Belgian Pale Ale. Il en va de même avec les ambrées où cette American Amber Ale l’emporte dans une catégorie où elle fût mélangée avec des Brown Ale, Scotch Ale, des Roggenbier et des Ambrées belges. J’ai souvent tendance à dire que les houblons américains favorisent clairement les bières qui les utilisent quand on les mélange avec des bières au profil malté. Les arômes fruités et la pointe d’amertume font souvent pencher la balance, spécialement chez des consommateurs avertis qui cherchent la balance amère au profil sucré de la bière. C’est bien dommage car en mélangeant ces bières de saveurs différentes dans une même catégorie, on se prive d’honorer de nombreuses bières savoureuses, dans leur style.

Pour l’autre style de bière ambrée, la France se fait voler le seul style qui lui est dû par les italiens. La brasserie Altamurano Murex gagne dans la catégorie Bière de Garde avec sa Superambrata. Il faut dire qu’en vérité, si le style vient de France, les bonnes bières de garde françaises ne pleuvent pas.

Nom Médaille Brasserie Type de bière Pays
Boont Amber Ale Gold Medal Anderson Valley Brewing Company Pale&Amber Ale : Amber United States
Superambrata Gold Medal Birrificio Altamurano Murex Pale&Amber Ale : Bières de Garde ambrée Italy

Les meilleures bières blondes amères

Ce sont un peu les starlettes du moment tant l’amertume est la quête de nombreux consommateurs avertis.

Commençons par la catégorie que vous attendez tous, les American IPA. Voilà encore quelque chose qui me dérange, la All Day Session Ale de Founders est sûrement une bière exceptionnelle. Sauf que si l’on s’en réfère au style, la bière n’est pas une American IPA. D’après le BJCP, une American IPA doit être entre 5,5% et 7,5% d’alcool. Le problème vient du fait que nos amis américains ont inventé un nouveau terme pour vendre leur IPA en été, les Session IPA. En vérité, ces bières ne sont ni plus ni moins que des American Pale Ale ou un dérivé plus léger. Dans tous les cas, une bière à 4,5% comme celle de Founders ne peut pas être considérée comme une IPA. On peut imaginer que la douceur de cette IPA a pu séduire un jury forcé de déguster de nombreuses bières. A mon sens, voici une nouvelle médaille imméritée.

Pour ce qui est des English IPA, la brasserie italienne Murex prouve une nouvelle fois sa polyvalence en glanant une médaille. Une nouvelle brasserie italienne à suivre à l’avenir.

Nous aurions été étonné de ne pas voir le prix de l’Imperial IPA aux États-Unis. C’est la brasserie Firestone en Californie qui rafle la mise avec sa Double Jack Double IPA.

Du côté de l’Extra Special Bitter, à défaut d’une omniprésence anglaise au concours, c’est à nouveau l’Italie qui l’emporte avec la Rifle de la brasserie il Mastio. Encore une fois, je doute sur la pertinence de la bière dans sa catégorie. La brasserie elle-même décrit la bière comme « une Pale Ale d’inspiration américaine ». Que diraient nos amis anglais sur ce prétendu English Special Bitter ?

Pour finir, on termine avec un autre style typiquement anglais, la Bitter. D’ailleurs, cette fois-ci, la médaille n’échappe pas à l’Angleterre avec la brasserie Sharp’s et son Atlantic Pale Ale, une toute nouvelle bière lancée en Juin 2014 en tant que Golden Ale. En théorie, une Bitter ne devrait pas excéder 3,8%. Or cet Atlantic Pale Ale est à 4,5% d’alcool, c’est purement une Golden Ale. Nous n’aurions pas fait la remarque tant les saveurs sont proches si la catégorie Golden Ale n’était pas existante. Mais c’est justement la prochaine catégorie que nous analyserons.

On termine l’analyse de ces bières amères avec la plus incohérente des médailles, une Belgian Ale qui l’emporte dans les Golden Ale de style anglaise. Je n’ai pas goûté cette Car d’or qui vient d’être sortie par St-Feuillien pour le festival de Mons 2015. Cependant, connaissant bien la brasserie, j’ai du mal à comprendre comment les levures aussi atypiques que celles de St-Feuillien utilise n’ont pas été reconnues par les jurys de la catégorie Golden Ale.

Nom Médaille Brasserie Type de bière Pays
Triple C Comac Trophy – Gold Medal Thwaites Brewery Pale&Amber Ale : Light Bitter Blond/Golden Ale United Kingdom
All Day Session Ale Gold Medal Founders Brewing Company Pale&Amber Ale : American IPA United States
Federiciana Gold Medal Birrificio Altamurano Murex Pale&Amber Ale : English IPA Italy
Double Jack Double IPA Gold Medal Firestone Walker Brewing Company Pale&Amber Ale : Imperial IPA United States
Rifle Gold Medal Birrificio il Mastio Pale&Amber Ale : Strong/Extra Special Bitter Italy
Altantic Pale Ale Gold Medal Sharp’s Brewery Pale&Amber Ale : Bitter United Kingdom
Car d’Or Gold Medal Brasserie St-Feuillien Pale&Amber Ale : Bitter Blond/Golden Ale Belgium

Les meilleures bières blondes sèches et bulleuses

Lorsqu’il s’agit de faire des bières sèches, fortes et bulleuses, les belges sont les meilleurs.

Heineken peut se targuer d’une belle médaille d’or dans la catégorie des bières belges blondes et fortes avec son Affligem Patersvat. Peut-être que la St-Feuillen Car d’Or l’aurait emporté si elle avait été dans cette catégorie qui aurait du être la sienne (cf. médaille Golden Ale/Bitter).

La Chouffe Soleil, nouveauté 2014 de la brasserie Duvel l’emporte dans la catégorie Saison pour sa première année de vie. Nul doute que cette bière commercialisée d’Avril à Septembre refera son apparition en Avril 2015.

Une nouvelle fois, les brasseurs catalans s’associent avec le savoir-faire belge pour produire une bière médaillée d’or, la Morenata, dans la précieuse catégorie des bières blondes de style trappiste. Bien entendu, l’absence des bières trappistes joue clairement en leur faveur mais la Catalogne nous surprend une nouvelle fois avec la brasserie Barna Brew. Sont-ils vraiment brasseurs ? Mon enquête n’a pas pu le déterminer. En tout cas la transparence est de mise avec un slogan clair et précis « bière belge d’esprit catalan ». Qu’ils brassent ou non, l’esprit n’est pas trompeur.

C’est une toute récente brasserie belge que je découvre et qui l’emporte dans la plus glorieuse des bières belges, la Triple. Lancée en 2014, la brasserie Wieze remporte un titre merveilleux avec sa Triple. Je serais curieux d’avoir vos retours si certains beerFriends ont déjà goûté les bières de cette nouvelle petite brasserie belge.

Nom Médaille Brasserie Type de bière Pays
Affligem Patersvat Gold Medal Affligem Pale&Amber Ale : Strong Blonde/Golden Ale Belgium
Chouffe Soleil Gold Medal Duvel Moortgat Pale&Amber Ale : Saison Belgium
Moreneta Rossa-Blonde Gold Medal Barna Brew (Brouwerij Anders!) Pale&Amber Ale : Abbey / Trappist Style Blond Spain
Wieze Tripel Gold Medal Wieze Beer Belgium NV Pale&Amber Ale : (Belgian style) Tripel Belgium

Les meilleures bières blondes de fermentation basse

Aucune bière allemande ni même tchèque n’est présente dans les médailles qui suivent. Les bières titrées et la présentation de l’échantillon (35 bières allemandes et 6 bières tchèques) me font dire que ses résultats sont à prendre avec de grandes (très grandes) pincettes.

On apprend que la meilleure Pilsner du monde est la 1664 de Carlsberg. Quand je vois les deux médailles remportées par le groupe, je me demande d’ailleurs combien de bières artisanales sont en fin de compte présentes parmi les 48 bières françaises de l’échantillon. Il serait quand même intéressant de savoir combien de bières étaient présentes dans la catégorie “International Style Pilsner” tandis que la catégorie “German Pilsner” existe également. Je vois mal un brasseur artisanal soumettre sa bière dans la catégorie Pilsner Internationale et j’ai du mal à comprendre la distinction entre les deux catégories.

Pour la catégorie Pilsner allemande, c’est une brasserie artisanale italienne Lariano, qui remporte la mise avec sa Grigna qui semble valoir le détour en Italie.

Pour les Lagers ambrées de type Märzen ou Oktoberfest, on s’envole aux États-Unis dans l’état de New York à la brasserie FX Matt.

Pour les Bocks, j’ai du mal à comprendre quelles bières sont sensées être dans la catégorie. Serait-ce seulement les bocks les plus foncées (Dunkel Bock, DoppleBock) et où seraient passées les Bocks classiques blonds ? J’ai du mal à suivre. Quoiqu’il en soit, le Regulator de Rahr & Sons au Texas emporte cette médaille. Pas vraiment étonnant qu’un Dopplebock l’emporte au milieu des Bocks en même temps.

Un de mes styles de bières préférés, la Schwarzbier et ses saveurs finement chocolatées, est remporté par une brasserie brésilienne à la consonance allemande, la Cervejaria Bamberg. En effet, Bamberg est la capitale mondiale de la bière fumée. Une petite ville de Bavière charmante à visiter où vous pourrez déguster de magnifiques Rauchbiers. Fini la digression bien que l’on parle de la plus allemande des brasseries brésiliennes. La Bamberg Schwarzbier emporte donc le prix des lagers noires. Une belle récompense pour cette brasserie vraiment atypique.

Pour finir, on termine avec la véritable pilsner Tchèque, la Bohemian Pilsner et ses saveurs plus mentholées que sa cousine. En l’occurrence, c’est la brasserie polonaise Sulimar qui l’emporte.

Nom Médaille Brasserie Type de bière Pays
1664 Gold Medal Carlsberg group Lager : International Style Pilsner France
La Grigna Gold Medal Birrificio lariano Lager : German-Style Pilsner Italy
Saranac Octoberfest Gold Medal FX Matt Brewing Company Lager : German-Style Märzen United States
The Regulator Gold Medal Rahr&Sons Brewing Company Lager : German-Style Dunkel Bock/Doppelbock United States
Bamberg Schwarzbier Gold Medal Cervejaria Bamberg Lager : Dark/Dunkel (including Schwarzbier) Brazil
Trybunal Export Gold Medal Sulimar Sp z o.o. Lager : Bohemian-Style Pilsner Poland

Les meilleures bières noires

Vraiment pas surpris de voir une médaille italienne dans le roi des types de bières, les bières noires. Les italiens ont su rapidement s’accommoder d’un style de bière riche et puissant en arômes qui n’est pas sans rappeler le vin rouge en terme de force et de complexité. La Hirderga de la jeune brasserie à surveiller Decimoprimo, l’emporte dans la catégorie Export Stout.

Pour le reste, razzia de médailles américaines. Je vais sans aucun doute rapidement ajouter la Ten Fidy Imperial Stout de la brasserie Oskar Blues dans le Colorado à ma liste de dégustation. Une bière qui me semble vraiment merveilleuse.

Du côté du Porter, la brasserie Caldera nous vient d’Oregon et son Pilot Rock Porter me semble être une nouvelle pépite à découvrir.

Enfin, pour l’American Stout, on reste en Oregon avec la brasserie-bar Barley Brown’s et son isOrder Stout. Une série de médailles appétissantes dans cette catégorie des bières noires.

Nom Médaille Brasserie Type de bière Pays
Hirderga Gold Medal Birrificio Decimoprimo Stout/ Porter : Stout export Italy
Ten Fidy Imperial Stout Gold Medal Oskar Blues Brewery Stout/ Porter : Russian Imperial Stout United States
Pilot Rock Porter Gold Medal Caldera Brewing Company Stout/ Porter : Porter United States
DisOrder Stout Gold Medal Barley Brown’s Beer Stout/ Porter : American Stout United States

Les meilleures bières de spécialité

Les bières de spécialité sont des bières qui n’ont pas vraiment leur place dans d’autres catégories. C’est une catégorie fourre-tout dans laquelle sont notamment placées les bières de seigle, les bières de blé noir, les bières de riz, les Kellerbier, les cervoises etc.

Peu de brasseries ont osé s’aventurer sur ce chemin. Une aubaine en or pour Carlsberg qui remporte une seconde médaille d’or avec la 1664 Millésime. Il faut dire que dans le jargon industriel français, toutes les bières qui ne sont pas des lagers sont des bières de spécialité. En l’occurrence, une Leffe, une Hoegaarden, une Jenlain, une Affligem, une Pelfort Printemps ou une 1664 Millésime sont des bières dîtes de spécialité. Industriellement parlant, on distingue bière de Luxe (Kronenbourg, Heineken, 33 export…), les bières spéciales (1664, Calsberg…) et les bières de spécialité (Corona, Leffe, 1664 millésime…).  Je suis sûr que les jurys ne s’attendaient pas à recevoir cette bière dans cette catégorie censée accueillir des bières vraiment spéciales. J’ai également l’impression qu’il s’agissait peut-être de la seule bière à se présenter dans une catégorie aux frontières très floues. Qui oserait s’y aventurer ?

Pourquoi les Lambics sont-ils reclassés parmi les bières de spécialité ? Je n’ai pas la réponse à cette question. En théorie, il existe un groupe bien précis, les bières sûres pour ce style de bières. Peut-être que le style a été supprimé faute de candidatures. Quoiqu’il en soit, c’est la merveilleuse vieille gueuze de Tilquin qui remporte le sésame.

Pour finir, dans une catégorie tout aussi prestigieuse que sont les vins d’orge (Barley Wine) c’est la brasserie Deschutes dans l’Oregon qui l’emporte avec sa Mirror Mirror 2013. Une brasserie très souvent récompensée dans les concours internationaux.

Nom Médaille Brasserie Type de bière Pays
1664 Millésime Gold Medal Carlsberg group Speciality Beer : Speciality beer France
Oude Gueuze Tilquin à l’ancienne Gold Medal Gueuzerie Tilquin S.A. Speciality Beer : Lambic & Gueuze Belgium
Mirror Mirror 2013 Gold Medal Deschutes Brewery, INC Speciality Beer : Barley Wine United States

Les meilleures bières aux arômes

Les bières aux arômes sont des bières dans lesquelles les brasseurs ajoutent des ingrédients un peu originaux durant le processus de fabrication de la bière.

En la matière, les bières vieillies en fût ou en barrique sont les plus complexes. Le vieillissement en barrique apporte une nouvelle dimension aux bières et peut complètement bouleverser leur profil aromatique. Vous imaginez bien qu’une bière vieillie en fût de cognac n’aura pas les mêmes saveurs qu’une bière vieillie en fût de tequila. En l’occurrence, la bière qui l’emporte dans cette magnifique catégorie est la Blackfill Imperial Stout de No-Li dans le Whashingon. Il s’agit d’un assemblage de deux bières vieillies dans deux barriques de Whiskey différentes. Je plains les juges de la catégorie s’ils avaient une dizaine de bières dans le style à juger.

Pour ce qui est des Stout au lait (Milk Stout), la brasserie Ballast Point de Californie l’emporte avec son Manta Ray.

Pour les bières fumées, c’est une bière hollandaise de style allemand (Rauchbier) qui gagne. Il s’agit de la Othmar Rauchbier.

La France remporte une belle médaille d’or avec la brasserie Bendorf et sa Miel d’Harmonie. Une victoire partagée avec la cave Bières Cultes qui a envoyé la bière pour la brasserie alsacienne plébiscitée par les internautes.

Du côté des bières aux arômes de fruits, aurait-il pu être envisageable que la Belgique ne remporte pas le sésame ? Bien heureusement, la réponse est non et la Oude Kriek de Beersel, bière à la cerise, l’emporte.

On terminera par les bières avec du café et une nouvelle médaille pour Ballast Point avec sa Victory at Sea, un Imperial Porter brassé avec des grains de café, certainement une des meilleures bières du monde. Quant à la bière au chocolat, c’est un autre Porter américain qui l’emporte, en Oregon cette fois-ci, avec le Mogli Imperial Porter, encore une bière exceptionnelle vieillie en fût de bourbon pour dynamiser le tout.

Nom Médaille Brasserie Type de bière Pays
Blackfill Imperial Stout Gold Medal No-Li Brewhouse Flavoured beer : Wood/Barrel Aged United States
Manta Ray Gold Medal Ballast Point Brewing and Spirits Flavoured beer : Sweet/Milk Stout United States
Othmar Rauchbier Gold Medal Ootmarsummer Bierbrouwerij Heupink & Co Flavoured beer : Smoked Beer Netherlands
Miel Harmonie Gold Medal Bendorf Flavoured beer : Herb & Spice France
Oude Kriek Oud Beersel Gold Medal Oud Beersel BVBA Flavoured beer : Fruit Beer Belgium
Victory at Sea Gold Medal Ballast Point Brewing and Spirits Flavoured beer : Coffee United States
Mogli Imperial Porter Gold Medal Caldera Brewing Company Flavoured beer : Chocolate United States

Le Brussels Beer Challenge est-il vraiment crédible ?

Si vous avez eu la patience de lire quelques lignes de ce long billet d’analyse, vous avez pu constater que de nombreux résultats sont sujets à la controverse. Et je n’ai analysé que les médailles d’or. D’ailleurs, si vous voulez lire le tableau complet des médailles pour approfondir vos recherches, le voici.

Le nombre de médailles attribuées injustement remet clairement en question la légitimité d’un concours présenté comme l’un des plus gros concours mondial. Parce qu’il est nécessaire pour ce genre de concours d’être remis en question pour que les résultats s’améliorent, je me permets de proposer une liste de suggestions.

Cette liste de suggestion n’engage que moi et chacun d’entre vous peut se faire sa propre opinion. Je vous invite d’ailleurs à échanger votre point de vue sur mes suggestions et à y ajouter les votre dans les commentaires.

#1- S’assurer que les bières sont dans la bonne catégorie

C’est le principal défaut du concours, de nombreuses bières ne sont pas dans les bonnes cases. Pourtant, d’après l’interview de Baudouin Havaux organisateur de la compétition, pour Le Soir, s’assurer que la bière est dans la bonne catégorie est la première étape d’analyse :

Il faut d’abord vérifier que le produit correspond bien à la catégorie dans laquelle il est inscrit. Ensuite, il faut analyser la turpitude, le goût, l’amertume, etc.

Au vu des résultas, Mr Harvaux ne doit pas vraiment être satisfait. Cependant, les juges sont-ils à incriminer ? Certainement pas, le processus de dégustation est plutôt à remettre en cause. En effet, si au moment de la dégustation les juges doivent apprécier le fait que la bière soit dans la bonne catégorie, il faudrait que chaque bière mal catégorisée soit automatiquement éliminée. Des consignes un peu drastiques…

Or, s’ils aiment jouer avec les styles pour maximiser leurs chances, les brasseurs ne sont pas vraiment des experts de la dégustation et de la classification brassicole internationale. Devrait-on mettre sur le banc de touche la merveilleuse Session IPA de Founders car elle ne correspond pas au style India Pale Ale à proprement dit ? Que dirait le brasseur qui a payé pour participer à ce concours ?

A mon sens, il devrait y avoir une double dégustation. C’est plus complexe à mettre en place mais, aux vues des résultats, il me parait indispensable de reclasser les bières « hors-jeu ».

#2- Supprimer absolument les catégories futiles

Il est bien beau de vouloir conserver toute la richesse du patrimoine brassicole dans un concours. Cependant, les catégories futiles devraient être court-circuitées.

Quel est l’intérêt d’offrir une médaille à la 1664 Millésime s’il n’y avait que 3 bières (c’est une hypothèse) dans la catégorie « bière de spécialité » ? L’objectif est-il d’offrir une flèche supplémentaire à l’arc marketing du groupe Carlsberg ? Certes, c’est un concours de circonstance et c’est l’exemple le plus frappant mais ce que je veux dire par là, c’est qu’il n’est pas viable d’offrir une récompense sur une échantillon inférieur à 15 bières.

Ainsi, toutes les catégories avec moins de 5 bières proposées devraient être supprimées pour l’année suivante. N’en déplaise aux brasseurs dont la meilleure bière est la bière aux fèves de cacao du Brésil, il en va de la crédibilité d’un concours qui vacille clairement aujourd’hui.

De plus, tous les brasseurs ont aujourd’hui au moins une Bitter, une Pale Ale ou une IPA à proposer.

Je comprends qu’il soit difficile pour un concours en pleine croissance de faire l’impasse sur certaine catégorie tandis que les bières présentées ont augmenté de 20% cette année. L’espoir de voir un jour ces catégories avec des dizaines de bières rend difficile cet abandon. Cependant, certaine catégorie comme les Bières de Spécialité, les Bières au Café, les Bières au Chocolat font-elles vraiment vivre le concours ? Le public attend il les résultats de ces catégories ? Sont-elles vitales à l’intérêt du concours ? Je ne crois pas.

#3- Ne pas donner de médailles si l’échantillon est trop faible

Une autre solution devrait être de ne pas donner de médailles s’il y a moins de 10 bières dans la compétition. Quand on voit qu’il y a 3 médailles décernées, le strict minimum est qu’une bière est moins de 35% de chances de se voir décerner une médaille.

En deçà de 10 échantillons dans la catégorie, aucun résultat ne devrait être publié. Ce qui n’empêche pas le brasseur d’avoir un retour technique de la dégustation de sa bière. Il ne faudrait pas qu’il ai payé pour rien.

#4- Ajouter des catégories importantes

Cette suggestion va complètement dans le sens opposé des précédentes. Quand je vois une catégorie comme bière ambrée, ça me fait mal aux yeux.

Dire que vous trouverez à l’intérieur une Brown Ale aux saveurs doucement toastées, caramélisées, sucrées et sans amertume ressentie avec une American Amber Ale qui mélange des saveurs de pain grillé avec des saveurs fruitées de pamplemousse et de fruits exotiques. Ce n’est pas comparable !

Certes le concours à besoin d’avoir plusieurs échantillons par catégorie pour être viable. Cependant, trop de raccourcis fait perdre son sens à la catégorie.

Il est préférable de bien segmenter les catégories quitte à ne pas afficher de résultats si les échantillons sont trop peu nombreux.

#5- Communiquer sur les échantillons par catégorie

Voilà une critique qui revient encore et encore après avoir fait le même constat lors des World Beer Awards.

Pour les catégories qui sont trop importantes pour être supprimées mais qui ne dispose aujourd’hui pas d’assez d’échantillons –  je pense clairement à toutes les bières de fermentation basse – si l’on décide de donner des médailles, il me semble indispensable de communiquer clairement sur le nombre d’échantillons de la catégorie.

C’est une solution qu’a déjà adoptée la World Beer Cup de l’association des brasseurs américains, certainement la compétition la plus sérieuse existante sur cette planète. Comme quoi, même en terme d’organisation de concours, les belges ont des choses à puiser de l’autre côté de l’Atlantique.

 

worldbeercup
Voilà pour cette analyse profonde du concours qu’est le Brussels Beer Challenge. Si vous avez des recommandations ou si vous souhaitez réagir sur l’un des points en particulier, n’hésitez pas à vous exprimer dans les commentaires. Cet article est une première analyse à chaud des résultats d’un concours reconnu. Pour tout vous dire, un autre approche critique des concours arrivera prochainement dans les lignes de notre webzine.
Image à la une: Charles Sayer on Flickr
La crédibilité du Brussels Beer Challenge est-elle en danger ?
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A propos de Thomas

Dès sa plus tendre enfance, Thomas a été un enfant choyé par ses proches et amis. Il est important de savoir que "Bartom", son pseudo, vient de sa fréquentation assidue des bars. Voir la description complète de Thomas→

12 commentaires to “La crédibilité du Brussels Beer Challenge est-elle en danger ?”

  1. Laurent Mousson a dit :
    novembre 5, 2014 at 8:21

    Euuuhhh, là, c’est surtout pour la crédibilité de Happy Beer Time que je serais inquiet, après un tel étalage d’à-peu-près, de parti pris et de mauvaises interprétations noyant les quelques questions légitimes:
    .
    – Faudrait peut-être un peu lire les com’ de presse de l’organisation, avant de se demander bruyamment comment on arrive à la médaille de platine – question de sous-entendre que c’est n’importe quoi parce qu’on nous dit rien ? -… C’était clairement annoncé que ce prix irait à la bière recueillant le plus grand total de points, vu que c’est un concours avec notation chiffrée.
    .
    – Les brasseurs inscrivent leur bière dans la catégorie qu’ils veulent quel que soit le concours. Et détecter une bière hors catégorie simplement en dégustation à l’aveugle, c’est pas exactement aussi facile que tu sembles le croire, quand tu es à la table. Non qu’il y ait des pressions, mais que la bière hors catégorie n’est pas forcément si différente des autres sur le plan oganoleptique. (Et virer des bières comme hors catégorie, à la World Beer Cup, je l’ai fait bien des fois quand j’y ai participé. C’est parfois clair, comme une Weizen-Eisbock parmi les Eisböcke, mais c’est plutôt l’exception, quand c’est clair…)
    .
    – Se référer aux directives BJCP pour décréter qu’une bière n’est pas dans la bonne catégorie au Brussels Beer Challenge, alors que ce dernier a son propre système de définitions de catégories, c’est passablement à côté de la plaque, pour rester poli. Procure-toi les catégories dzu BBC si tu veux émettre des critiques recevables.
    .
    – “un jury forcé de déguster de nombreuses bières” On les a forcé à le faire ? Première nouvelle… c’est que des volontaires.
    .
    – Sur l’ESB, des brasseurs britanniques te diraient certainement que de considèrer l’ESB comme un style est une invention américaine. Qu’eux font des strong pale ales ou des strong bitter, mais qu’en Grande-Bretagne, l’ESB, c’est celle de Fullers.
    .
    – “En théorie, une Bitter ne devrait pas excéder 3,8%.” Tu te bases sur quoi pour affirmer ça de manière aussi définitive ? Les directives BJCP, à nouveau ? Une bitter anglaise à 4,5%, c’est certes une “premium bitter”, mais ça reste une bitter… et tu vois une catégorie “premium bitter ? Non. Dont acte. L’Atlantic Pale Ale est dans la bonne catégorie.
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    – La catégorie “Golden Ale” n’est manifestement pas destinée exclusivement aux golden bitters britanniques, il faut le prendre pour le sens des mots “ale dorée” et non comme appellation de style anglo-saxonne.
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    – Tu as du mal à saisir la différence entre “International Style Pilsner” et “German-style Pilsner” ? C’est pourtant assez évident… dans une perspective belge, toute blonde de masse est par défaut appelée pils, donc la première, c’est les lagers blondes de masse, et la seconde, c’est les pilsners allemandes, plus houblonnées que les lagers de masse, mais plus sèches que les “Bohemian-style Pilsner”.
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    Bref, je vais cesser de napalmer l’ambulance la, mais il y aurait encore à redire quant aux nombreux travers de cette “analyse”…
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    Ah si, un truc, encore: Venant de quelqu’un qui n’a pas participé au concours, qui n’y a même pas assisté en observateur (y’en avait…), et qui n’a clairement pas une expérience solide de l’organisation et du travail des jurés en concours internationaux, se permettre d’émettre cinq recommandations pour améliorer le concours comme ça, je trouve ça passablement téméraire… Et manquant nettement de l’humilité qui est la qualité première d’un bon juré de concours… En la matière, plus on avance, moins on a de certitudes définitives.
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    Santé !

    • Arf, l’objectif de l’article n’est pas vraiment de se poser en donneur de leçon. Je pense m’être manqué un peu sur la forme.

      Je souhaite surtout révéler à voix haute les questions que l’on se posent en interprétant ces résultats parfois étranges.

      Alors je dis peut-être (surement) des bêtises mais cela ouvre la discussion parce que les résultats sont souvent incohérents et illisibles pour les lecteurs.

      Bref, loin de moi l’idée de me prétendre plus malin que les organisateurs qui font un boulot extraordinaire. Il en va de même pour les juges.

      Simplement, c’est en posant des questions, parfois les questions qui fâchent, que l’on fait avancer les choses.

      Bien évidement, comme l’on dit souvent :

      « La critique est facile, l’art est difficile ».

      • Laurent Mousson a dit :
        novembre 5, 2014 at 9:05

        Y’a pas de mal, je suis pas impliqué directement.
        On est d’accord qu’il y a probablement des questions légitimes sur le BBC, les résultats et la manière de les communiquer. C’est évident que tout processus d’évaluation du genre est perfectible. Même le processus de la World Beer Cup, pourtant très abouti, rencontre encore des cas épineux où la ligne à suivre n’est pas claire, du coup les organisateurs réclament activement un retour des juges, wntre autres sur les définitions de catégories.
        J’ai participé à la première édition du BBC il y a deux ans et je peux te dire que le processus d’évaluation d’origine posait de sacrés problèmes, et que j’avais donné un retour assez musclé à l’organisation, mais argumenté et avec des propositions concrètes.
        Entretemps, les retours que j’ai eu de quelques jurés ces deux dernières années montrent qu’il y a eu amélioration sur pas mal de points. Manifestement, les organisateurs du BBC sont prêts à entendre les critiques constructives, même assez vives, et à faire les ajustements nécessaires.
        Mais je doute que des critiques émises sur ce ton soient entendues. ça dessert malheureusement ton propos, qui tiendrait par ailleurs certainement dans un article nettement plus court, et d’autant plus susceptible d’être lu.

        • C’est vrai qu’une critique plus courte serait plus lisible mais j’avais besoin d’éplucher chacune des médailles pour être constructif et cohérent dans mon propos.
          Je n’ai pas la chance d’être juge pour pouvoir comprendre tous les tenants et les aboutissements. J’espère cela dit que la critique venant de l’extérieur sera tout de même appréciée.

          En attendant, longue vie au Brussels Beer Challenge !

  2. #1- Ok pour la meilleure bière du concours. Qui plus est, pour l’avoir goûtée, elle est excellente.
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    #2- J’imagine que c’est difficile de détecter qu’une bière est hors catégorie. C’est d’ailleurs ce que je dis dans l’article. C’est pour cette raison que je parlais d’un balayage en amont des dégustations pour replacer les bières dans les bonnes catégorie. Un balayage qui ne se ferait pas nécessairement à l’aveugle mais plutôt par d’autres juges qui replaceraient les bières dans les bonnes catégories. Ne serait-ce pas un moyen intéressant d’être plus cohérent ?
    .
    #3- Aux temps pour moi, il me semblait que le BJCP était la référence. Je ne connais la grille du BBC.
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    #4- Par forcer, je voulais évoquer le fait que les jurys de la bière soient obligés d’avaler le liquide. Ainsi, j’évoquais le phénomène de saturation quand tu gouttes une dizaine de bières. Souvent, et c’est particulièrement vrai pour l’amertume, trop d’excès fatigue vraiment le palais. On peut imaginer que la légèreté de la Session IPA apparaît comme une véritable bouffée d’air frais.

    #5- Intéressant aparté sur l’ESB !
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    #6 – Encore une fois la référence était le BJCP bien évidement. Par contre, je vois une catégorie : « Bitter Blond/Golden Ale ». Ne serait-elle pas plus adapté pour l’Atlantic Pale Ale ? La brasserie elle-même parle d’une Golden Ale.
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    #7- Étant donné qu’il y a deux catégories : « Bitter Blond/Golden Ale » et « Strong Blonde/Golden Ale », j’avais tendance à penser que la première était plutôt destiné aux styles anglais. Le mot bitter étant clairement une référence anglaise. Tandis que la seconde était plutôt destinées aux bières dorées fortes donc aux bières belges. Est-ce une erreur d’interprétation ? Les autres références internationales parlent généralement de bitter pour des bières anglaises et des strong ale pour les bières belges. Encore une fois, je ne connais pas la logique du classement du BBC.
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    #8- La catégorie International Pilsner concerne en fait toutes les lagers industrielle en fin de compte ? Ce que les américains appellent “Light Lager” ?
    .
    Pour la dernière remarque, je préfère insister sur le fait que j’aurais plutôt du parler de « 5 recommandations naïves d’un lecteur ». J’ai bien conscience que ce ne sont pas de solides recommandations. Il s’agit plutôt d’un feedback d’un lecteur intéressé par cette compétition et un soupçon déçu par les résultats.
    J’ai une façon de voir les choses où l’on apprécie les feedbacks, la critique. J’adopte cette philosophie même avec Happy Beer Time qui tente de progresser de jour en jour en écoutant vivement les critiques apportées par les lecteurs. La critique, si tentée qu’elle soit constructive est toujours la bienvenue sur ce webzine et j’espère que ma propre interprétation des résultats des BBC sera perçue comme constructive et intéressante plutôt que comme une attaque dénuée de sens.
    C’est parce que je suis fier qu’une compétition francophone existe que j’ai souhaité effectuer une retour qui essaye d’être constructif dans l’espoir que ça puisse être intéressant pour les organisateurs.
    Pour moi, chaque critique que je reçois est une grande aide et je préfère les gens qui parlent à ce qui se taisent.
    Qu’on ne se trompe pas dans la démarche de cette publication !

  3. Laurent Mousson a dit :
    novembre 5, 2014 at 10:54

    Le détail des catégories du BBC est dispo sur le site web, soit dit en passant, faut juste aller le chercher là où elle se cache, à savoir dans les instructions pour l’inscription.

    • Merci, je l’ai trouvée !
      http://www.concoursmondial.com/docs/BBC2014/CategoriesBBC2014.pdf

      On est donc d’accord qu’une American IPA, c’est minimum 5,5% d’alcool par volume d’après les BBC. Par contre, ça me choque car il n’y a pas de style American Pale Ale, American Amber Ale etc… D’où le fait que Founders est proposé sa bière dans les IPA peut-être.

      Une bitter c’est entre 3% et 4%. La Atlantic Pale Ale n’est pas donc pas une Bitter d’après la propre définition du BBC.
      Problème ! La Golden Ale est minimum à 5,5% dans cette classification. Ce serait peut-être dans les ESB du coup entre 4,5% et 6%. Ou plutôt dans une catégorie qui n’apparaît pas dans les résultats: les « Best Bitter » entre 4% et 5% d’alcool.

      Pour les Strong Blonde/Golden Ale, je cite: ” Often brewed with light colored Belgian “candy” sugar”.

      Quant à la “Bitter/Golden Ale”, ça n’évoque pas directement le style anglais mais la description est clairement éloquente : “The colour ranges from gold (15 ebc) to gold-amber (25 ebc). A moderate-strength ale that has subtle complexity, slightly sweet, floral and herbal hop flavour with a dry to hopbitter finish.”

      Par contre, vu le nombre de catégorie sans médaille d’or : “oud bruin”, “brown ale”, “gose” il semblerait que beaucoup de catégorie soit supprimée faute d’échantillons.


      Au final, j’en arrive quand même à la conclusion qu’un reclassement à œil ouvert des bouteilles avant de les faire juger par les dégustateurs seraient une grande avancée pour le concours !

      • Laurent Mousson a dit :
        novembre 6, 2014 at 11:20

        Ok, tu as remarqué que dans les catégories pour Bitter, il y avait un trou entre 4 et 4,5%… la catégorie commençant à 4.5% poussant jusque dans les 6%.. Maintenant, tu te mets à la place du brasseur qui cherche dans quelel catégorie mettre sa bière, et tu vois qu’il y a un trou entre 4 et 4,5%, où tombent pourtant beaucoup de premium bitters britanniques, et que ta bière devrait en plus aller boxer des trucs nettement plus denses… ben tu la mets pas dans cette catégorie, mais la catégorie inférieure…

        C’est un très grand classique que de glisser en douce une US IPA parmi les US Pale ales, et c’est une manipulation dont les jurés de concours qui ont un peu d’expérience sont souvent conscients.

        Le reclassement d’autorité par l’organisation de bières entrées dans la mauvaise catégorie est un terrain extrêmement glissant, par rapport aux contestations qui peuvent en découler. En cas de plainte, sur le terrein juridique, c’est difficilement défendable…

        Par contre, ce qui pourrait aider, c’est que les jurés aient les taux d’alcool des bières, ce qui leur permet de décider. Là on aurait une base plus solide qu’une décision administrative de l’organisation.

        (Soit dit en passant, la 1664 est d’ailleurs 0,2% trop haut pour sa catégorie. Mais va faire la différence à l’aveugle, entre 5,3 et 5,5%…)

  4. Albert Vuur a dit :
    novembre 6, 2014 at 12:53

    Laurent a bien résumé ce que je pense de l’article en début de commentaire. Pour critiquer ce BBC, encore faudrait-il savoir de quoi on parle avant de se lancer dans des analyses à l’emporte-pièce et des conseils pour le moins condescendants.

    – La bonne connaissance des catégories du BBC me semble le minimum pour se permettre de juger de l’appartenance de telle ou telle bière à la catégorie visée. Ce n’est de toute évidence pas le cas.

    – Les commentaires qualitatifs sur telle ou telle bière qui n’aurait gagné que parce que d’autres n’ont pas participé sont à la fois déplacés et insultants vis-à-vis des lauréats : si une bière est médaillée c’est parce qu’elle a remporté plus de points que toutes les autres présentes dans sa catégorie, et justifier la victoire par l’absence de bières prétendument supérieures nie totalement la raison d’être d’un tel concours: juger des bières les unes par rapport aux autres.

    Le titre racoleur, le manque d’humilité dans les analyses et les “conseils” dignes d’une discussion de pmu sont consternants. Et s’agissant du nom de la page de votre article, “brussels-beer-challenge-il-vraiment-legitime”, je crois que ça se passe de commentaire.

    Dernière chose : il faudrait vraiment faire un effort au niveau de l’orthographe, la forme est tout aussi importante que le fond si vous voulez être crédible.

    • Bonjour Albert et tout d’abord merci pour ta réaction.
      Je ne conçois pas vraiment le fait que la critique n’appartienne qu’à une certaine élite. J’essaye de faire une analyse avec les éléments dont nous disposons en tant que lecteur. Je dois admettre que la forme de l’article est surement maladroite, l’idée n’était pas de piquer l’excellent travail effectué par ce concours mais plus de soulever quelques incohérences qui personnellement m’ont marqué. Libre à qui le souhaite d’entendre ou de nier ces critiques. Cependant, certains faits sont indiscutables.

      As-tu les derniers commentaires ? J’ai posté le lien des catégories du BBC et, on peut constater sans grande analyse, que l’IPA récompensée n’est pas une IPA, que la Bitter récompensée n’est pas une Bitter d’après les propres définitions du concours lui-même. C’est pourquoi je me demande s’il ne serait pas préférable d’avoir une sélection en amont, par d’autres juges que ceux qui vont déguster et surtout pas à l’aveugle, pour reclasser certaines bières avant de les faire goûter aux jurys. Que penses-tu de ce point là spécifiquement ?

      Les commentaires sur les goûts n’engagent que moi en effet mais tout le monde connaît la qualité d’une Rochefort 10 ou du Westvleteren 12. Hors, les moines ne participent forcément pas à ce genre de compétition. Cela dit, je dois admettre que ton commentaire est plus que censé. La raison d’être du concours est avant tout de comparer les différentes bières. Il y a toujours un goût amer de voir certaine bières comme les trappistes absentes car on aimerait qu’elle soit comparée à l’aveugle à d’autres bières pour voir si les résultats seraient les mêmes.

      Le nom de la page est une maladresse. C’était mon premier titre mais je ne l’ai pas gardé volontairement car je l’ai jugé inadapté. Je dois donc te rejoindre sur ce point.
      De la même manière, le manque d’humilité dégagé est vraiment une maladresse. Comme je l’ai répondu à Laurent, j’aurais plutôt du écrire « 5 conseils naïfs de la part d’un lecteur ». Je ne prétends rien être, juste un curieux lecteur.

      Malgré cela, je reste à jamais convaincu que la critique est positive est fait avancer les choses. Les personnes les plus intelligentes ne sont pas celles qui prétendent savoir mais celle qui pensent qu’elles ne connaissent pas grand chose. Partant de ce constat, tout échange, constructif j’entends bien, est bien plus utile que tout silence. Or, je pense que mon argumentaire est suffisamment ficelé pour pouvoir être déblatéré.

      Pour finir Albert, je te remercie à nouveau de ton commentaire et j’attends impatiemment tes commentaires sur les éléments factuels que je détaille plutôt que sur la forme maladroite de ma prose.
      Que penses-tu de la transparence sur le nombre d’échantillons ?
      Que penses-tu d’un reclassement en amont des bières ?

      Parlons de choses intéressantes et encore une fois, longue vie au Brussels Beer Challenge !

      Son plus grand fan, Thomas

  5. stephan a dit :
    novembre 6, 2014 at 9:35

    les concours brassicoles c’est comme le festival de Cannes, les films primés sont à éviter -)

  6. Laurent Mousson a dit :
    novembre 6, 2014 at 11:11

    Juste, concernant le BJCP: Leurs directives de style sont tous sauf universelles, et ne s’appliquent qu’aux concours (amateurs) organisés dans ce cadre, essentiellement aux Etats-Unis.
    Le Brussels Beer Challenge ne suit pas les catégories BJCP, l’European Beer Star non plus. les World beer Awards, dont on discutait il n’y a pas si longtemps, ont aussi leur propre classification.
    Les concours nationaux solidement établis comme Birra dell’Anno, Champion Beer of Britain, ou encore les SIBA Awards ont tous leurs catégories maison.
    Même la World Beer Cup et le Great American Beer Festival utilisent une autre systématique, qui est certes en partie dérivée de celle du BJCP (source de confusion possible), mais est nettement plus détaillée, et mise à jour beaucoup plus souvent par la Brewers Association.

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