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Le rêve américain, New York City et la bière artisanale

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Tandis que se targue devant moi une sublime planche de jambon, je suis accompagné d’une douceur exceptionnelle. Ce n’est pas grand chose pour un new-yorkais mais pour un français expatrié en Amérique du Nord, c’est tout de même exceptionnel de voir défiler sous ses yeux la carte de The Cannibal. En plein cœur de Manhattan, à quelques encablures du célèbre Empire State Building, se cache ce bar à bières artisanales qui donne des lettres de noblesse à la bière. Enfin, ce n’est pas vraiment un bar comme pourrait l’entendre un européen. Il se présente en tant que « bar et boucherie » pour tout vous dire. Que vous soyez attablé ou assis au comptoir, vous êtes dans un véritable paradis pour partir à la conquête de l’orgasme buccal.

The Cannibal, le temple de l’accord « bouffe et bière »

Si l’on aime bien traduire « beer paring » par « bouffe et bière » plutôt que par « bières et mets », c’est justement parce que la seconde appellation correspond mal à l’esprit plus décontracté de la bière. Parler de mets est plus délicat mais je trouve que c’est franchement pompeux. L’appellation « mets » ne parle qu’aux gastronomes. Le mot bouffe semble plus accessible. Une accessibilité qui est un avantage inconditionnel de la bière sur le vin. Avec l’avènement des bières artisanales, on trouve des bières d’exception pour quelques pécules et les accords « bouffe et bière » sont accessibles à n’importe quel épicurien. C’est plus compliqué pour l’amateur de vin, les grands millésimes pesant rapidement lourd dans le portefeuille.

Pourtant croyez-moi, l’utilisation du mot « bouffe » à connotation généralement plus vulgaire n’a dans cet article rien de péjoratif. Ce que propose The Cannibal c’est tout simplement un champ divin de possibilités pour jouer au gastronome. Puisqu’un bon exemple vaut mieux qu’un long discours, voici le jeu auquel je me suis prêté (passez le prochain paragraphe si vous craignez d’être jaloux).

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Photo The Cannibal

En bon cannibale, je choisis une petite planche de trois jambons crus de divers horizons. L’un est plus sec, l’autre est plus fumé tandis que le troisième est plus tendre. Pour accompagner ces trois jambons qui partageaient tous le point commun d’être divinement bon, j’ai choisi une bonne bouteille. Une double India Pale Ale de la brasserie Againt the Grain m’a paru être le choix parfait. La Rico Sauvin est finement houblonnée au Nelson Sauvin (houblon néo-zélandais) qui lui confère des arômes de raisins blancs faisant penser au Sauvignon et même quelques pointes de groseille. L’amertume est présente sans être trop collante. Le Nelson Sauvin apporte de la douceur et du fruit à cette bière tout simplement prodigieuse. Il ne me reste qu’à tester quel jambon s’accorde le mieux avec cette exception. Finalement, le jambon le plus sec est celui qui fonctionne le mieux, son côté croquant et fort lui permettant de bien luter à l’amertume de la double IPA. Le gras du jambon est bien rincé par le côté pétillant de la bière. L’accord est vraiment intéressant mais n’est finalement pas parfait. Le jambon était un peu trop tendre pour balancer idéalement avec la puissance de cette double IPA qui culmine à 8,2%. Une India Pale Ale un peu moins forte avec les mêmes cultivars se serait certainement approchée de la perfection.

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C’est le jeu, je ne suis pas parvenu à l’accord parfait cette fois-ci mais je l’ai approché. La prochaine fois que je reviendrais à The Cannibal, je pourrais peut-être tester un tartare de bœuf accompagné du magnifique Imperial Stout au poivre de Sierra Nevada que j’ai pu goûter par la suite. J’imagine bien cet accord de résonance entre le côté pimenté du tartare et le côté poivré de la Sierra Nevada Serrano. J’aurais également pu m’amuser avec les bières parisiennes de la Goutte d’Or. Autre preuve de la qualité de la sélection de ce bar, ce n’est pas souvent qu’on trouve une bière artisanale française, qui plus est excellente, en Amérique du Nord.

Blind Tiger, le pub populaire de Greenwich Village

Pénétrons cette fois-ci dans une ambiance totalement différente dans le quartier de Greenwich Village toujours en plein cœur de Manhattan. C’est dans le séduisant quartier ambiance « bobo » de New York que le Blind Tiger, un bar plus populaire que The Cannibal, se trouve. Il est tout juste 18h, un dimanche que le bar est bondé de monde. Il faut dire que le prix de la bière est beaucoup plus accessible que dans le précédent bar. Tout juste $7 (soit 5,3€) pour une pinte de bière dans Manhattan, c’est extraordinaire. Pourtant, nous sommes bien dans un quartier « de la haute » new-yorkaise et le bar dispose de 30 pompes de bières artisanales.

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Photo Blind Tiger

Mon passage là-bas est plus furtif mais j’ai le temps d’y déguster une bière de Green Point, l’American Summer, une bière de blé houblonnée à l’américaine. Finalement, le nom de cette bière correspond bien à mon petit séjour. Cette merveille de fraîcheur fût idéale pour conclure un périple américain tout aussi rafraîchissant au sein de la plus grande ville du monde.

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Le rêve américain, New York City et la bière artisanale
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A propos de Thomas

Dès sa plus tendre enfance, Thomas a été un enfant choyé par ses proches et amis. Il est important de savoir que "Bartom", son pseudo, vient de sa fréquentation assidue des bars. Voir la description complète de Thomas→

1 commentaire to “Le rêve américain, New York City et la bière artisanale”

  1. stephan a dit :
    août 24, 2014 at 10:49

    merci pour le partage et la découverte de ces endroits magiques

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