Nouveau: une question sur la bière, le brassage ? Demander de l'aide à nos experts bière !

Episode #4, le mystère des bières marquées d’un « X »

256 views

featured

Axel votre historien brassicole préféré est de retour pour vous raconter d’où viennent les fameux « X » arborant parfois les bouteilles de bière. Afin de mieux me faire comprendre, je vais vous imager la chose.

casttlemaine_xxxx

Tout commença pour ma part lors d’un certain voyage en Australie, je n’étais qu’un jeunot à cette époque, dans l’incapacité de pouvoir toucher une goutte d’alcool. Chaque jour pour me rendre en cours, je passais devant un bar d’une taille exubérante, affichant de toute part, « Castlemaine XXXX » ou encore « Gold XXXX ». A quoi pouvait bien correspondre ces “X” ?

Let’s go back in time

Tout le monde connaît bien évidemment, les bières triples, quadruples, etc. Mais en fin de compte quelle est l’origine de ces dénominatifs ?

Pour comprendre les relations entre ces descripteurs et les « X » arborant les bouteilles, il faut retourner longtemps en arrière. Voici l’une des histoires les plus connus à ce sujet.

Dans l’ancienne Europe, durant le Xème siècle et le XVIème siècles, les moines faisaient partie des seules personnes à pouvoir brasser de la bière. Une fois que le brassin était mis en tonneaux, on le marquait d’un certain nombre de croix.

Les croix étaient à l’époque l’indicateur d’alcool, elles résumaient à elles seules le taux d’alcool.

  • Si le tonneau se voyait marquer d’un seul crucifix (+), cela signifiait, bière de consommation régulière.

 

  • Si le tonneau se voyait marquer de deux crucifix (++), cela signifiait, bière forte que l’on surnomma alors double.

 

  • Si le tonneau se voyait marquer de trois crucifix (+++), cela signifiait, bière spéciale (triple) , souvent celles brassées à l’occasion de noël non pas forcément pour leur degré d’alcool mais plutôt pour leur puissance aromatique et leur couleur plus foncée.

 

  • Ainsi de suite pour (++++), quadruple

 

Le temps s’est écoulé et  les crucifix affichés sur les tonneaux qui roulaient sur eux même furent vu plus souvent en « x » qu’en « + », les termes double, triple, quadruple se virent affecter un nouveau sens. Il va de soi que de nos jours ces fameuses croix ne sont que reliques ou vestiges du passé car prenons la « Castlemaine XXXX » cité ci-dessus, cette bière blonde de type Bitter Ale titre un degré alcoolique de 4.8%.

L’un des seuls à continuer de perpétrer ce procédé est un américain du nom Charles Finkel. Il fut l’un des premiers importateurs de bières européennes aux États-Unis.   C’est en 1989 qu’il créa sa propre brasserie, la « Pike brewery ». Il porte souvent le surnom «  GodFather of micro-brewing ».

504IMG_1250-990

08.1.Charles-Finkel

If you say so

Enfin pour conclure de nos jours les croix sur les bouteilles se font rares, on aperçoit plutôt une jolie étiquette affichant le signe « % » pour donner le degré alcoolique, mais quand on y regarde de plus près, si l’on donne une légère rotation à ce signe « % » cela ne donnerait pas une forme de croix ?

Episode #4, le mystère des bières marquées d’un « X »
Notez cet article


Nouveau: une question sur la bière, le brassage ? Pose ta question aux beermen !
Tu as aimé cet article ? Suis-nous par e-mail

A propos de axel

Cette curiosité de la nature a développé un amour pour la bière presque insatiable. Voir la description complète de Axel→

4 commentaires to “Episode #4, le mystère des bières marquées d’un « X »”

  1. Bonne idée de faire savoir d’où viennent ces xxx…
    C’est une histoire qui a l’avantage d’être simple, visuelle, et basée sur une réalité historique.Je suis toujours surprise quand je raconte cette histoire de croix, finalement, personne ne se pose vraiment la question d’où ils viennent ces xxx x!!! Et au final, tout le monde est content d’avoir appris ça…
    En revanche, entre le 10° siècle et le 16° siècle, les moines étaient loin d’être les seuls à brasser de la bière…
    Merci de ne pas oublier les femmes qui étaient les brasseurs domestiques!
    Les ales wives pour ne parler que des plus connues… par exemple…

    • Oui effectivement mille excuses concernant l’oublie des femmes concernant le brassage à cette époque je vais essayer de corriger cela.

  2. groumpf, le coup des moines, comme l’a signalé Elisabeth, à modifier d’urgence : tout le monde faisait et buvait de la bière, les moines et souvent les femmes dans les autres lieux car c’était une tâche ménagère associé à la cuisine.

    Le coup des moines et des crucifix, c’est une thèse pas forcément vérifiée non ?
    En tout cas les termes triple et quadruple sont du XXème siècle, double un peu plus vieux et à priori l’échelle des valeurs est un peu déconnecté, en terme de filiation, de l’échelle des X…
    L’échelle des X pourrait également être issu des multiples rinçages de bières qui permettait de faire en général 3 bières différentes par brassin.
    Ce dont on est 100% sûr c’est que les X (et les K) étaient utilisés par les brasseurs anglais au XIXè pour classer la force :
    “In the 19tth century London brewers had two parallel lines of Ales (not including Pale ale – that’s a totally different beast). One set of Ales (X Ales) were sold mild or young. The other set (K Ales) were Keeping (or Stock) Ales, aged before being sold. Initially there were four grades of X Ales, called X, XX, XXX and XXXX, in ascending order of strength. There were only three grades of K Ale, KK, KKK and KKKK. XX had the same gravity as KK, XXX the same as KKK and XXXX the same as KKKK. As the century progressed, the stronger X Ales faded away and by WW I few breweries had more than an X and XX. The name Stock Ale started to fall into disuse around 1900 and K Ales to be known instead as Strong Ales.”
    source : Ron Pattison – http://barclayperkins.blogspot.fr/2010/03/lets-brew-wednesday-1928-barclay.html

    cool fact : Le terme “imperial ale” pouvait d’ailleurs correspondre à XXXX Ale…

    • axel a dit :
      mars 5, 2014 at 6:35

      Effectivement comme une majorité d’histoires autour de la bière, il n’y a jamais de certitude concernant les origines, c’est pourquoi je fais en sorte de ne jamais certifier de fait réel ce que j’avance en qualifiant mes propos de vérité absolu, il y a tellement de variantes et d’histoires, qui peux affirmer détenir la vérité ? J’estime que mon rôle dans cette catégorie “d’âge de bière” est plus de conter des histoires originales et si possible peu connues afin qu’un maximum de personnes les découvrent et s’y intéressent. Bien sûr j’essaye tout de même de posséder un maximum d’informations fondées car il faut tout de même ne pas raconter n’importe quoi. Concernant la modification elle sera bientôt mise à jour j’en fais une priorité. J’ai décidé par la suite de dédier justement un article sur le rôle des femmes durant les siècles derniers et leur rapport à la bière, c’est aussi une façon pour moi de laver cet affront que j’ai fait sans m’en rendre compte !!!! ^_^

      Mesdames mille excuses !

Répondre