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Visite avec Saya de la “brasserie des 9 mondes” Ranville (14) le 8 juin 2019

Aujourd’hui, je vous propose de vous parler de la Brasserie des 9 mondes, petite brasserie locale du Calvados. Je connaissais déjà cette brasserie,j’avais pu découvrir leur stand lors des foulée Ranvillaise il y a deux ans.

Cette année, c’est à l’occasion du festival Chope ta mousse de Villers sur Mer ( 14) que j’ai pu retrouvé leur stand et m’apercevoir avec plaisir que leur gamme de bières s’était étendue. Me voici alors à déguster leur dernier bébé, la triple brune Heilheim, gros coup de cœur pour cette stout au parfum fumé boisé exceptionnel.

Ayant aussi tout comme eux ce petit esprit Viking en tant que bonne normande que je suis et surtout étant aussi passionnée par les mondes magiques, les dieux, la mythologie et les contes nordique je ne pouvais qu’accorder un article à ce petit bijou local.

En grande chanceuse que je suis, j’ai pu avoir une visite guidée de la brasserie pour moi toute seule !!!

Lors de la visite, j’ai pu étendre un peu mes connaissances dans le processus de brassage de la bière, cette potion magique qui ne cesse de me surprendre !

La visite guidée avec Thomas Fournier

La bière c’est tout d’abord, de l’eau (eh oui), des céréales (ici du malt d’orge), du houblon et de la levure.

Étape 1 : le maltage… Un before !!

Avant tout, les grains d’orges sont transformés en malterie. Une première étape de séchage du grain permet alors de stopper la germination et d’obtenir ainsi le malt “vert”. Ce malt “vert” germé est séché puis touraillé (grillé) plus ou moins fortement.

Il existe alors différents malts :

  • le malt pale : goût très biscuité
  • le malts caramélisé : le grain est germé et grillé sans passer par l’étape de séchage . Les grains alors humides au contact de la chaleur vont alors prendre ce bon goût de caramel
  • le malt torréfié : le grain prend alors une bonne odeur de café et surtout un goût très intense en bouche

Pour la petite histoire il faut savoir que dans les années 40 lors de la seconde guerre mondial (clin d’œil aux Normands et au 75 ème anniv du D day qui a eu lieu récemment) le café était rare et surtout coûteux, des substituts de café à base de chicoré ou encore d’orge torréfiée étaient alors utilisés).

Une seconde anecdote à ce sujet. Il faut savoir que les archéologues ont retrouvé des traces de “malterie” dans les villages Gaulois, des grains torréfiés. Pas si bêta ces Gaulois !! Il faut croire qu’à l’époque déjà leur fameux breuvage appelé cervoise commençait alors à être travaillé de manière plus approfondi. L’utilisation de tonneaux favorisant l’exportation était d’ailleurs très fréquente !

  • le malt tourbé : le grain est fumé, pas de coloration du grain mais un petit goût de fumé à tomber !!
  • le malt de blé : un côté plus minéral

Comme quoi déjà à cette étape, une palette de malt s’offre à nous et j’ai pu avoir le plaisir de goûter chacun d’entre eux, ça croustille !

Etape 2 : le concassage

L’idée ici est alors d’extraire le plus possible le sucre des céréales du malt d’orge. L’extraction du sucre consiste alors à utiliser un compresseur ou aplatisseur qui va éclater grossièrement les grains d’orges. Pourquoi grossièrement ? Et bien c’est pour favoriser le contact du grain avec l’eau par la suite.

Etape 3 : l’empâtage

Cette mouture grossière est alors versée dans une cuve de brassage. La cuve de brassage possède un fond filtrant. Dans cette cuve, l’eau y est ajouté puis chauffé à 65 °. Hé oui !! Ne l’oublions pas, le brasseur rencontre une sacré problématique car cette feignasse de levure à elle seule n’est pas capable de fermenter directement l’amidon en alcool. Il lui faut casser cet amidon en sucre simple. Les grains germés de l’orge contiennent des enzymes capables de transformer cet amidon (non dispo comme d’habitude) en sucre disponible pour que les levures puissent effectuer la fermentation.
Objectif pour nos bébêtes levures, un maximum d’enzymes à dispo pour faire un max de fermentation et pour cela l’orge est une graine au top du top ! Pleine de qualités elle possèdent à la fois un max d’enzymes et un taux de protéines assez faible qui évitent la formation de réseaux (pas de grumeaux pardi !! )
L’étape d’empâtage dure 1h30. Au fond, de la cuve grâce au filtre, on récupère alors notre jus le moût et un bloubibouga de fond appelé drêche constitué essentiellement de matière végétale (cellulose). Cette compotée sera alors donné à nos chères amis les bêtes.

Etape 4 : l’ébullition TOUTOUYOUTOU

Notre moût est alors placé dans une seconde cuve. Et c’est là que le magicien chimiste cuisinier entre en jeu. Après ajout d’eau pour rectifier le taux de sucre, le druide (euh le brasseur) vient alors « touyer » avec sa grosse pelle en inox ;). La cuve est alors portée à 100°C pour permettre l’ébullition. Les granulés de houblons sont ajoutées et vont infuser. Le houblon qu’est ce que c’est ?

Allez hop, un zoom sur cette plante. Dans notre cas, il est utilisé sous forme de granulés mais il faut savoir qu’à la base le houblon c’est une plante, une plante plutôt mignonne en plus 😉

La fleur de houblon est récoltée puis séchée. A la base des feuilles, se trouve la lupuline une petite poudre jaune, sorte de résine qui lorsqu’on la frotte entre les doigts libère un parfum amer. Tout s’explique Scherlok Holmes!!!
C’est donc ça !! La résine du houblon permet d’une part la conservation et d’autre part va apporter cette touche amère à la bière. La résine étant ce qu’elle est… une colle toute poisseuse… il faut bien y passer 1 heure à ébullition pour la désintégrer.

Après une heure d’ébullition, et notre ‘first’ lâchage de houblon permettant d’apporter ce côté conservation, le brasseur à la toute fin de l’ébullition (environ 15 min avant la fin) va effectuer un second lâchage de houblon qui sera là pour apporter la fameuse touche d’aromatique à notre élixir.

En effet, pour rappel l’arôme est une substance très fragile volatile, sensible à la chaleur il faut donc ajouter une seconde fois du houblon en fin d’étape pour en ressentir les effluves. Tout un art !!!

Pour résumer, pour ne plus confondre et si vous m’avez bien suivi les cocos !
D’un côté, pour le houblon on travaille sur des goûts différents selon les différents arômes, les différentes variétés de fleurs (il en existe plus d’une centaine ça fait rêver) qui influent sur le parfum / l’amertume. D’un autre côté, pour le malt on joue sur la cuisson, la torréfaction qui se fait au préalable (en before) en malterie.

C’est également au moment de l’ajout de ce second houblon, que l’on va pouvoir s’éclater (YAHHOU) et faire péter des épices en tout genre ! Ici, dans la brasserie des 9 mondes selon les bières on va alors jouer sur le gingembre (bière blanche), la réglisse (bière brune) et même les fleurs d’hibiscus séchées (bière rouge). A gauche sur la photo.

Un exemple de deux teintes de bières rouges selon la quantité d’hibiscus

Les étapes 2 et 3 se font sur le même journée

Etape 4 : la fermentation (pendant 1 semaine)

Dans tout ça, nos bébêtes n’ont pas encore bossées !!
Le moût brassé et pleins d’arômes divers est alors placé dans une cuve de fermentation. On y refroidit alors notre élixir à 20°C, température optimale pour que nos levures se mettent au boulot. Enfin, c’est qu’elles ne supportent pas les grosses chaleurs ces mémères. Les levures y sont ajoutées sous formes de poudre déshydratées.

Il existe grosso merdo 3 types de fermentations :

  • les fermentations hautes (18 – 25 °C) : type ALE ( typiquement les bière belges, anglaises), avec des levures très aromatiques
  • les fermentations basses (10-15°C) : type PILS (typiquement les bières allemandes, tchèques) avec des levures qui apportent le moins d’arômes possible, plus facile à boire (il faut bien plaire au plus grand nombre 😉 ) Cependant ce type de bières demande une maîtrise par le froid car la fermentation est plus longue. C’est le cas pour les grands groupes de bières industrielles.
  • la fermentation spontanée : type LAMBIC (on y retrouve aussi les Gueuses) ici en plus de nos bébêtes levures vont naturellement effectuée des fermentations capable de transformer nos sucres en acide acétique (cf le vinaigre) et acide lactique. Typiquement c’est un assemblage de fermentations.

Dans notre cas, dans la brasserie des 9 mondes, une brasserie locale, l’intérêt est vraiment sur les bières de types ALE, avec des levures plus robustes, beaucoup plus d’arômes, une bière plus marquée en caractère et un coût de fabrication moins élevé.

les deux cuves de droite

Pour la petite histoire, à la différence du cidre ou du vin où le fruit est constitué d’eau et de sucre, dans le cas de la bière le grain d’orge est quant à lui seulement constitué de sucre sous forme d’amidon mais pas d’eau !
Là où pour le vin ou le cidre, le travail va se faire sur les mélanges de différents cépages d’années en années, le brasseur de bière lui, effectue ses propres mélanges (fait sa petite cuisine de chimiste en herbe) et ajuste les taux d’eau et de malt pour obtenir le résultat voulu et tout ceci avant la fermentation.

Etape 5 : la garde (pendant 2 semaines)

La bière est placé en cuve de garde pour deux semaines environ. C’est dans cette cuve que va se faire le dernier affinage de la boisson. Derniers éclaircissement par décantation, derniers ajouts d’arômes à froid (épices, houblons, hibiscus etc) dans le principe des infus de thé glacé.  Pour l’histoire, c’est à cette étape que l’IPA vont être étoffées au max.
La décantation est favorisée par l’ajout de “colle” de type poudre d’albumine qui va ainsi permettre aux derniers “petits morceaux” d’être emportés dans le fond de la cuve.

Les deux cuves de gauche

Etape 6 : la mise en bouteille manuelle

L’élixir presque finalisé est placé en bouteille. Vivement l’automate n’est ce pas Thomas ?
Pourquoi presque finalisé ? Et bien celui ne possèdent pas encore ces chers bubulles qui pétillent sur la langue et la fameuse mousse qui nous forme une si belle moustache. Pour se faire il nous faut piéger du gaz, du CO2 (et oui Jamy c’est pas sorcier !!).
Le brasseur ajoute alors un peu de sucre blanc pour obtenir du gaz et réaliser cette cette fameuse cascade de réaction qui n’a plus de secret pour nous. Levures, conso de sucre, fermentation… à la différence que maintenant c’est fermeture des écoutilles !!! Faut le piéger dans la bouteille ce gaz carbonique !!


Etape 7 : l’ULTIME fermentation 3 à 4 jours

Une fois les bouteilles fermées elles sont placées en chambre chaude à 20-25°C Nos p’tites levures vont pouvoir ainsi travailler dans leur condition optimale et finaliser notre breuvage tant attendu !

Etape 8 : l’étiquetage

Un grand remerciement à Thomas Fournier pour la visite (au milieu) et à son frère Nicolas Fournier que j’ai rencontré au festival Chope ta Mousse (à droite)


http://www.brasseriedes9mondes.com

PS: je vous présente pour l’occaz ma mascotte qui m’accompagnera dans mes beer trip’ Vick ALIAS the lambchop Vicking Beer. Mon mouton Beeroudeur à la Normande.

Oedipus vend des parts à Heineken

La brasserie hollandaise Oedipus a vendu des parts à Heineken. Bien qu’aujourd’hui, Heineken reste minoritaire dans le portefeuille de l’ancienne brasserie indépendante néerlandaise, l’expérience nous fait dire que le reste des parts sera acquit d’ici quelques mois…

Après De Molen (Bavaria) et surtout Brouwerij ’t IJ (Duvel Moortgat) en 2015, il s’agit de la troisième brasserie artisanale hollandaise cédée à des capitaux internationaux. Oedipus se distinguait par des bières artisanales de qualité, un design pop très chatoyant et la possession de son propre café à Amsterdam. Parmi les objectifs de cette cession, Oedipus entend notamment ouvrir plusieurs cafés en dehors d’Amsterdam ainsi qu’une ferme-brasserie juste à l’extérieur de la ville. Le but de cette ferme brasserie sera notamment de cultiver ses propres matières premières, le houblon et le malt pour une bière d’autant plus locale. Oedipus parle également d’une “gueuze d’amsterdam”.

En 2013, les fondateurs avaient levé avec succès 100 000€ pour monter leur première brewpub avec une campagne de financement participatif. Malheureusement, des soucis administratifs n’ont pas permis de toucher réellement cet argent. Sans doute une grosse déception pour les créateurs qui privilégient aujourd’hui une autre solution pour grandir, faire entrer des fonds industriels. Un joli coup réalisé par Heineken après La Cibeles en Espagne, Beavertown et Brixton à Londres et Lagunitas aux USA.

Tirage pression dans un bar : les différents systèmes

De nos jours, il y a de plus en plus de porteurs de projets dans la bière grâce à l’essor de la filière brassicole. Microbrasseries, cavistes et bars à bières indépendantes naissent chaque jour permettant aux consommateurs de boire de meilleurs produits. Pour faire suite à notre article sur les difficultés pour ouvrir un bar à bières, voici un nouvel article qui résume les différents systèmes de tirage pression.

Selon la place dont on dispose, les possibilités d’agencement et le budget dont on dispose, il existe différents systèmes permettant de tirer de la bière dans un établissement professionnel. Les combinaisons sont multiples et cet article n’a pas pour vocation d’être exhaustif, simplement de donner une meilleure visibilité sur quelques choix existants. Généralement, il est préférable de déléguer complètement l’installation de son tirage pression en faisant appel à un professionnel. Toutefois, il vaut mieux s’y connaître un minimum pour pouvoir discuter avec l’installateur et disposer en finalité d’un système de tirage pression qui satisfait au quotidien. De plus, bien comprendre son tirage pression est essentiel pour assurer un service de la bière de qualité.

Deux grands formats de tirage pression se distinguent, le tirage direct et le tirage à distance.

Tirage pression direct

Tireuse froid sec

C’est le système le moins adapté car il est davantage utilisé pour tirer de la bière en festival ou en déplacement. Les tireuses à froid sec sont petites compactes et certaines d’entre elles ne nécessitent même pas d’avoir de bouteille de CO² puisqu’elle intègre parfois un compresseur. Parce qu’elle pousse la bière à l’oxygène, la conséquence est qu’on ne peut tirer que des fûts de type KeyKeg où la bière n’est jamais en contact avec le gaz de tirage. Ou alors, il faut avoir prévu de passer le fût dans la journée. D’autres tireuses à froid sec fonctionnent sans compresseur et doivent être couplées avec une bouteille de CO², comme tout tirage pression traditionnel. Pour une installation plus pérenne et pour pouvoir pousser n’importe quel type de bière, il vaut mieux privilégier cette solution.

Avantages :

  • Compact, on peut la poser sur le comptoir
  • Petit prix
  • Tirage instantané d’un fût à température ambiante

Inconvénients :

  • Dégagement de chaleur
  • Débit limité

Kegerator et réfrigérateur de dessous de bar

C’est le système souvent privilégié par les brasseurs amateurs pour servir leur bière en pression à la maison, les systèmes de kegerator ou de dessous de comptoir. En fin de compte, il s’agit simplement d’un réfrigérateur dans lequel on intègre la bière à servir et depuis lequel on tire directement la bière. Pour les petits établissements où la place est limitée, c’est très intéressant car il ne faut pas plus de place que l’élément réfrigérant. C’est toute de même plus gros qu’une tireuse à froid sec mais le gros avantage, c’est qu’il y a peu de dégagements de chaleur pour tirer la bière. Dans un bar à bière, les fournisseurs de tirage pression proposent souvent ces réfrigérateurs à fûts, qui s’installent sous le comptoir et permettent de tirer la bière directement. C’est notamment bien adapté pour les restaurants qui proposent de la bonne bière en pression comme les fûts tournent moins vites.

Avantages :

  • Compact, on peut l’installer sous le comptoir
  • Le tirage est facilité car la bière est déjà fraîche
  • Dégagement de chaleur bien moins important

Inconvénients :

  • Il faut placer les fûts minimum 24h avant (voire 48h) pour qu’il soit frais
  • L’espace frais est souvent limité et tous les fûts doivent être au frais

Tireuse à banc de glace

C’est un système plus stable et généralement moins capricieux que les tirages à air sec. Dès lors que le système tourne, il est permet de tenir des débits plus soutenu. Ce type de tirage génère en fin de compte un banc d’eau glacée dans lequel sont emprisonnés des serpentins en inox. La bière passe dans les serpentins et se trouve refroidie instantanément. Ce type de système est très efficace mais dispose toutefois d’inconvénients, il faut brancher la tireuse quelques heures à l’avance.

Avantages :

  • Tirage instantané de fûts
  • Débit important possible selon la taille du banc de glace

Inconvénients :

  • Système rapidement volumineux
  • Dégagement de chaleur
  • Branchement du tirage en avance

Chambre froide

Il s’agit là finalement du même système que le tirage pression de type kegerator ou réfrigérateur de dessous de bar. Je l’ai distingué car il est généralement beaucoup plus volumineux. L’avantage étant qu’on peut stocker tous ses fûts dans une chambre fraîche et ainsi les conserver dans des conditions idéales. Cela me permet de rappeler qu’idéalement, la bière devraient être constamment conservée en dessous de 10°C afin de conserver le plus longtemps possible ses arômes. Tirer de la bière directement depuis une chambre froide est une excellente solution dès lors que l’on dispose d’un endroit assez spacieux pour pouvoir y placer une chambre froide et son moteur qui va dégager pas mal de chaleur. Si les volumes sont importants, on peut y placer une chambre froide et carrément mettre les becs de tirage directement sur la paroi extérieure de la chambre.

Avantages :

  • Conservation idéale des fûts
  • Service de la bière facilité
  • Débit important possible

Inconvénients :

  • Il faut pas mal de place

Tirage pression à distance

Refroidisseur glycol et banc de glace

Prendre de la distance est généralement un avantage en terme d’agencement. On peut stocker ses fûts de bière à un endroit différent du comptoir. L’inconvénient étant que plus la distance est longue, plus les pertes en bières sont importantes notamment au moment des nettoyages hebdomadaires des lignes. Les refroidisseurs à banc de glace et recirculation de glycol ne sont ni plus ni moins que les mêmes que les tireuses à banc de glace. La seule différence étant que de l’eau glycolée circule près des lignes de bières pour éviter que la bière ne chauffe dans les tuyaux en sortie du refroidisseur. Parfois, la distance entre le refroidisseur et les becs de service peut être de plusieurs mètres, c’est pourquoi faire re-circuler de l’eau presque glacée est essentiel. Sans cette recirculation qui s’effectue généralement dans des lignes pythons, la bière chauffe rapidement dans les tuyaux et mousse énormément. En d’autres termes, c’est du gaspillage. Ce type de système est souvent utilisé dans les bars à bières et notamment lorsqu’on manque de place derrière le comptoir car les fûts et le système de refroidissement sont souvent très volumineux. Il faut toutefois faire attention à bien isoler les fûts du refroidisseur qui dégage pas mal de chaleur. Ce serait un peu le serpent qui se mort la queue, un système de froid qui rafraîchit des fûts et qui en même temps les réchauffe.

Avantages :

  • Possibilité de dégager de l’espace derrière le comptoir
  • Débit important possible
  • L’espace de manutention des fûts est généralement plus confortable
  • Réglage des pressions par fût

Inconvénients :

  • Un peu de perte au nettoyage des lignes si la distance est importante
  • Coût plus important d’installation
  • Eviter de stocker trop de fûts pour la conservation

Chambre froide + refroidisseur

C’est le top du top, un système de chambre froide + un refroidisseur à glycol. Ce type d’installation est très fréquent aux USA notamment. Généralement, on ne dispose pas d’assez de place pour installer un comptoir près de la chambre froide, du coup la chambre froide est installée à distance et la bière est acheminée par un refroidisseur à banc de glace et ligne python. C’est un type de système qu’on voit souvent dans les établissements disposant de caves ou de sous-sols.

Avantages :

  • Conservation des fûts au frais
  • Débit important possible
  • Bonne séparation de l’espace bar et de l’espace technique

Inconvénients :

  • Il faut de la place
  • Le coût de départ est important
  • Perte de bière importante au nettoyage si la distance est importante
  • Bien gérer les pressions appliquées pour ne pas carbonater les bières !

Tank de service

Pour terminer, c’est un système moins communs mais qu’on voit fréquemment dans les brewpubs ou dans les bars en partenariat avec un brasseur. En République-Tchèque par exemple, les plus gros débits de Pilsner Urquell sont livrées en bière dans leur tank de service directement par transfert de cuve de transport (camion) au tank. La bière n’est même pas mise en fût. Dès lors que l’on dispose d’un brewpub, c’est également le système idéal car il n’est plus la peine de conditionner la bière. De plus, les tanks de service conçus pour refroidir la bière, celle-ci est donc déjà prête à servir. Inutile ici de détailler les avantages et les inconvénients tant ce type de service est spécifique à un profil d’établissement.

 

Voilà pour cet article qui tente de présenter les différents systèmes de tirage pression qui s’offrent aux bars à bières. Le choix du système n’est pas à prendre avec des pincettes tant il va faire le quotidien des tenanciers. Il est important de bien se former à l’utilisation et à la manutention des systèmes pour service de la bière de qualité. Cet article d’introduction est une base pour creuser le sujet et je conseille vigoureusement le PDF gratuit de Draught Quality pour étudier plus en profondeur le sujet.

Image à la une : Charlie Solorzano sur Unsplash

Les meilleures bières françaises du France Bière Challenge 2019

Seconde édition du France Bière Challenge 2019, la compétition brassicole française la plus rigoureuse de France. Découvrons ensemble les médailles et décortiquons les résultats en profondeur.

Après une première édition réussie en 2018, le France Bière Challenge a repris cette année avec toujours le même objectif, révéler la qualité des bières françaises. Pour cela, la compétition achemine des juges professionnels français et internationaux, tous habilités à la dégustation de bière. Parmi eux des pointures internationales telles que Tim Webb célèbre auteur anglais, André Trudel et Luc Bellerive du Trou du Diable au Canada, Lorenzo Dabove écrivain dégustateur italien, Yvan De Baets maître brasseur chez de la Senne en Belgique ou encore Tao Rex Sha sommelier bière chinois. Aucun brasseur français n’est autorisé en tant que dégustateur (ce qui n’est pas le cas de tous les concours). Un protocole rigoureux de dégustation est mis en place pour permettre un maximum de neutralité, bières dégustées à l’aveugle, amenée à table déjà servie dans des verres Inao au rythme des sessions de dégustation. Et pour terminer, une compétition qui ne délivre que trois médailles d’or, d’argent et de bronze par catégorie évitant ainsi l’abondance de médailles comme on peut souvent l’apercevoir. Notamment aux fameux World Beer Awards pour lesquels mon affection est bien connue. Bref, pas de tromperie des consommateurs, des médailles données avec parcimonie et qui ne sont pas obligatoires. Les dégustateurs doivent s’accorder sur le niveau suffisant de la bière pour obtenir le précieux sésame. Ainsi, certaine catégorie ne dispose pas de médailles d’or, d’autre deux médailles d’or et pas de médaille d’argent.

Objectif de la compétition

Le but de ce type de concours n’est pas de donner une liste exhaustive des meilleures bières de France mais bien de révéler des bières et des brasseries de qualité parmi les participants. Il faut interpréter une médaille au France Bière Challenge comme une reconnaissance de la qualité de la bière. Chaque année grâce à ce bon processus de dégustation, le caractère professionnel des dégustateurs et la rigueur de la compétition, on découvre de belles brasseries que nous ne connaissions pas encore tandis que d’autres brasseries confirment année après année leur régularité. J’aime beaucoup pour cela le slogan du concours « révélateur de qualité et de diversité » qui témoigne parfaitement de la volonté des organisateurs. Trêve de bavardage, j’analyse avec vous les médailles avec une vision privilégiée du concours puisque je faisais partie pour la seconde fois des 45 dégustateurs professionnels de la compétition (venant de 11 pays différents).

Quantité de médailles

Il existe au total 36 styles et catégories dans lesquelles les brasseurs françaises peuvent concourir. Il s’agit de ce fait du seul concours français qui récompense les bières avec une approche privilégiée par style (IPA, Stout, bière de blé etc…). S’il existe des catégories plus large telle que blonde française ou ambrée française, le marché français n’est pas encore assez riche en brasserie travaillant sur des styles bien précis pour se permettre de proposer une compétition avec encore plus de styles. Cela ferait plus de catégories, moins de bières dedans et donc des médailles dénuées de sens. Avec 480 échantillons, il est important de noter que cela nous donne 13,33 bières par catégorie en moyenne. Certaines catégories sont très compétitives avec 30 à 50 échantillons et d’autres le sont moins avec tout au plus 5 échantillons. Forcément, plus la catégorie est large, plus la médaille a de la valeur, c’est un bon moyen de lire les résultats ! Une victoire dans la catégorie IPA est bien plus valorisante qu’une victoire dans la catégorie cervoise, bien que si médaille il y a, qualité il y a, c’est une des consignes données aux dégustateurs. Je rappelle qu’ils ne sont en aucun cas obligés de donner des médailles.

Alors, combien y a-t-il eu de récompenses différentes :

  • 1 révélation trophée fermentis
  • 6 finaliste au trophée « fermentis » (dans les 1,25% meilleures bières du concours)
  • 30 médailles d’or (dans les 6,25% meilleures bières du concours)
  • 29 médailles d’argent (dans les 12,29% meilleures bières du concours)
  • 32 médailles de bronzes (dans les 18,9% meilleures bières du concours)
  • 10 certificat d’excellence (dans les 21,0% meilleures bières du concours)

Des médailles qui ont une vraie valeur avec moins d’une bière sur cinq récompensées. On imagine qu’en plus avec les années ce chiffre est amené à diminuer si le nombre d’échantillons de la compétition augmente en même temps que la popularité du concours.

Top 30 des meilleures bières du France Bière Challenge

Je vais tenter de trier par popularité du style sans que ce soit représentatif du nombre d’échantillons reçus :

  • Blonde française : Bière du 75è // Brasserie de Sainte Mère Eglise (département 50)
  • India Pale Ale : IPA // Brasserie L’Instant (département 77)
  • American Pale Ale, Amber Ale : La Française // Brasserie L’Instant (département 77)
  • Triple : PVL Triple  // Brasserie du Pavé (département 59)
  • Bière ambrée légère : La quinarelle // Brasserie Stéphanoise (département 42)
  • Bière ambrée légère : PVL ambrée // Brasserie du Pavé (département 59)
  • Imperial Stout et Porter : Corde sensible // Brasserie Gallia (département 93) (Finaliste Trophée Fermentis)
  • Brune française : Crécele brune // Brasserie Bos (département 18) (Finaliste Trophée Fermentis)
  • Session IPA : Session IPA // Brasserie Gallia (département 93)
  • Porter / Stout : Diamond Lily // Brasserie de Sainte Mère Eglise
  • Bières élevées en fût / barrique : Wood aged IPA brune // Brasserie Cap d’Ona (département 66)
  • Bière légère / session / de table : La demie // Brasserie Cousin (département 53)
  • Bière légère / session / de table : Vachement estiv’ale // Brasserie Vachement Jura (département 39)
  • Bière de blé avec épices type witbier : Blanche // Terre de bières (département 69)
  • Bière de blé type weizen : Ancel Thibaut Sommer Beer Blanche // Brasserie Bisaiguë (département 68)
  • Bière ambrée forte : La Rousse // Brasserie du Mont Blanc (département 73)
  • Bière blonde forte : Wendelinus blonde // Brasserie Meteor (département 67) (Finaliste Trophée Fermentis)
  • Quadruple, Barley Wine, Eisbok : Barley Wine Mystère // Brasserie Cap d’Ona (département 66) (Vainqueur Trophée Fermentis et révélation de l’année)
  • Quadruple, Barley Wine, Eisbok : La Magalane //Brasserie Veyrat
  • Bière saison / brettée : L’eden // Brasserie la Goutte d’Or (département 75)
  • Acides, brett possible, fruit possible : La mule sauvage // Brasserie La Vieille Mule (département 26)
  • Stout avoine / milk stout : Oat résistance / Brasserie Gecko (département 83)
  • Brune forte, double : La mousse de bleau // Micro Brasserie Bacotte (département 77) (Finaliste Trophée Fermentis)
  • Bières fumées : L’ébariole tourbée // Brasserie Stéphanoise (département 42) (Finaliste Trophée Fermentis)
  • Pils / Lager : Meteor Pils // Brasserie Meteor (département 67)
  • Bière au fleur, racine, plantes : Bière de collection Hibiscus // Brasserie de la Divatte (département 44)
  • Bière aux arômes :  Wendelinus rossa// Brasserie Meteor (département 67)
  • Bières aux épices, café, chocolat : Bière de Noël // Brasserie L’Instant (département 77)
  • Bières particulières : Sour Ale tomate, poivron, basilic / Brasserie du Cateau (département 62)
  • Bière avec jus de raison ou moût de raisin : Umann // Microbrasserie Mappiness (département 94)

Voir toutes les médailles sur le site du France Bière Challenge

Quelles sont les grands apprentissages et révélations du concours ?

Déjà, je tenais à partager mes impressions de l’intérieur du concours, j’ai vraiment l’impression d’avoir senti une progression depuis l’année dernière. Le taux de mauvais échantillons était quand même bas dans mes catégories et certaines séries étaient même impressionnantes de maîtrise. Satisfait de voir que le niveau moyen français, un peu décrié l’année en 2018 par certains juges internationaux (dont un certain journaliste italien) a semblé évolué positivement cette année. Preuve que la culture brassicole française évolue.

Parmi les grandes révélations du concours, on note forcément L’Instant qui réalise l’exploit de remporter l’or en IPA et en APA tandis que les styles houblonnés sont plus que jamais la tendance du moment. Autre révélation, la brasserie de Sainte Mère Eglise que je ne connaissais pas du tout et qui s’en sort avec deux médailles d’or dans des catégories prisées, blonde française et porter, stout. Une brasserie à l’accent anglais. Gallia confirme sa montée en puissance avec 2 médailles d’or, 1 argent et un certificat dans des catégories très geeks. La brasserie Stéphanoise montre toute sa maîtrise des bières maltées tandis que la brasserie du Pavé confirme qu’elle n’est pas voisine de la Belgique pour rien avec 5 médailles dont deux en or. Cap d’Ona affirme sa maîtrise extraordinaire des vieillissements et des « bières câlines » en effectuant une razzia de 5 médailles dont 2 médailles d’or et surtout le plus gros des sésames, la révélation de l’année.

Que peut-il y avoir à améliorer ? Mes impressions de l’intérieur

La barre est déjà située très haute et nul doute que la compétition se révèle désormais comme la compétition de référence en France.  Toutefois, il y a toujours des améliorations potentielles, certaines catégories un peu creuses en échantillons (avec moins de 5 bières) pourraient être rassemblées avec d’autres pour donner encore plus de valeur aux médailles. Le risque étant qu’en jugeant une catégorie regroupant de nombreux styles, il soit plus difficile de comprendre les intentions du brasseur. Un exercice difficile notamment lorsqu’on juge des groupements aussi larges que blonde, ambrée ou brune françaises. Bref, vous l’aurez compris, le curseur n’est pas évident à placer, surtout avec un marché qui évolue à une vitesse incroyable. Une autre évolution potentielle serait d’obtenir encore plus d’échantillons de province. Ce n’est peut-être qu’une impression mais on remarque qu’il y a une bonne part de brasseries franciliennes parmi les récompensées. De toute évidence, l’acheminement des colis est moins onéreux quand les distances se resserrent. Mais peut-être également que des efforts de communications voire de collecte des échantillons pourraient être entrepris pour augmenter le nombre de candidats interdépartementaux. En ce sens, les organisateurs viennent d’annoncer que la 3ème édition se déroulera à Strasbourg l’année prochaine. Une belle initiative qui pourrait justement permettre années après années de faire connaître la compétition aux brasseurs des quatre coins de la France.

En conclusion, le France Bière Challenge est désormais une machine déjà bien rodée après seulement deux ans d’existence et même si on sait que tous les brasseurs français n’apprécient pas forcément les concours, on aimerait voir certaines pointures brassicoles françaises participer. Cela permettrait de montrer la richesse du patrimoine hexagonal aux juges étrangers mais également de tirer le niveau brassicole national encore plus haut. D’autant plus qu’au delà des médailles, il est toujours intéressant d’avoir des retours impartiaux de professionnels de la dégustation pour faire progresser ses créations.

Pour finir, bien que le nombre d’échantillons a progressé de 14% passant de 420 à 480 échantillons, ce serait forcément plaisant de voir ce nombre augmenter davantage. Ainsi, les révélations auraient encore plus de sens et les 36 catégories seraient bien pleines. A ce jour, il existe près de 1500 brasseries en France, atteindre le cap des 600 échantillons serait une belle progression pour l’année 2020 et je suis convaincu que c’est possible. D’ici quelques années les échantillons pourraient même atteindre les 1000 échantillons (d’ici 2024, 2025 ?) et la compétition serait toujours plus révélatrice. L’avenir nous dira ce qu’il en sera, en attendant, longue vie à cette compétition qui tire vraiment le niveau vers le haut, pour le plaisir des brasseurs et des consommateurs.

Élisabeth Pierre Commissaire Générale du Concours France Biere Challenge détaille les raisons d’organiser l’édition 2020 à Strasbourg :

Ancrer le concours dans une dynamique régionale : un axe de fond pour accompagner la filière brassicole une des missions pour lesquelles j’ai pris la décision de prendre en charge ce concours en France, sur proposition de Thomas Costenoble directeur de BeCoMev. L’idée est tourner chaque année dans une région / une ville différente. L’ADN de ce concours (en filiation directe du Brussels Beer Challenge) est de développer de la proximité avec les acteurs régionaux qui font la richesse du paysage brassicole en France. Proximité avec les acteurs institutionnels aussi car faire venir des juges internationaux de grande notoriété, pour beaucoup gens de médias et influenceurs, donne à la région et à la ville l’opportunité de jouer un rôle clé. Les villes et régions sont par exemple toujours partenaires du Brussels Beer Challenge partout en Belgique car c’est une très belle vitrine. Le choix de l’Alsace a été évident de par le rôle phare de la région en terme de production, d’implication dans la filière et sur le plan historique.

Magic Rock racheté intégralement

Nouveau ras-de-marée en Angleterre avec l’annonce de la cession de la brasserie Magic Rock à Lion Nathan à 100% 6 mois tout juste après la cession de Fourpure au même groupe.

C’est en ce Vendredi 29 mars 2019 qu’a été annoncée la cession de Magic Rock, une des craft breweries les plus populaires du pays au groupe industriel australien. Populaire pour ses canettes design et ses bières de caractère, l’entreprise du Yorkshire fera désormais partie d’un portefeuille étranger, australo-japonnais pour être précis. En effet, Lion Nathan a rejoint le groupe Kirin en 1998 avant d’être entièrement racheté en 2009.

Magic Rock rejoint ainsi Little Creature (NZ), Panhead (NZ), Kirin, San Miguel et de nombreuses autres marques de vins, bières du groupe. La société d’Huddersfiel avait été lancée en 2011 par Richard Burnhouse. Elle est notamment connue pour ses bières Highwire Pale Ale, Salty Kiss Gose ou encore Dark Arts et produisait à présent 15 500 hl par an. Petit détail plutôt amusant et sûrement pas anodin, on peut remarquer que quelques mois avant la cession, Fourpure et Magic Rock ont modernisé le design de leurs canettes (voir le nouveau design lancé en juin 2018 ci-dessous). Un signe avant coureur ?

Décidément, après la razzia de brasseries aux USA, c’est en ce moment l’Angleterre qui est la cible favorite des industrielle ces derniers temps.

 

Acheter de la bière en ligne, où et comment ? [Micro-étude]

Petite micro-enquête pour de creuser le sujet de l’achat de bière en ligne. Etat actuel des boutiques en ligne à l’heure d’aujourd’hui et surtout, réponse à quelques questions sur comment est-ce que les acheteurs de bières en ligne choisissent leur commerce ou leur bière préféré. Quels sont les critères d’achat préférentiels des acheteurs ?

Nous nous sommes demandés quels étaient les critères préférentiels des acheteurs pour, premièrement choisir les bières qu’ils achètent sur une boutique, deuxièmement choisir la boutique en ligne où ils achètent leurs bières. Pour cela, nous avons diffusé une enquête pour laquelle nous avons obtenu 154 réponses. Rien d’exhaustif mais une mini étude qui permet de dégager les préférences de quelques consommateurs de bière éclairés.

Choisir sa bière, comment faire ?

Lorsqu’il s’agit de choisir une bière dans un catalogue de plusieurs centaine de bières, ce n’est pas facile. Alors comment les consommateurs font-ils leur choix ? Quelques éléments de réponses :

Top 3 des critères prioritaires de choix d’une bière en ligne

  1. Le style ou type de bière m’intéresse (81% des répondants)
  2. La rareté, c’est une bière rare que je ne trouve pas ailleurs (53% des répondants)
  3. La découverte, c’est une nouvelle brasserie qui a l’air prometteuse (46% des répondants)
  4. La loyauté, je sais que les bières de cette brasserie sont bonnes (30% des répondants)
  5. Les recommandations d’un ami connaisseur (30% des répondants)
  6. Les notes des bières ou de la brasserie (Untappd, Ratebeer ou autres) (25% des répondants)
  7. La proximité avec le brasseur, c’est une bière locale (17% des répondants)
  8. L’esthétique de la bouteille est très réussi (14% des répondants)
  9. Les médailles à des concours (3% des répondants)

On remarque pour la grande majorité des répondants, on est à la recherche de bière d’un style qu’on apprécie particulièrement, les IPA par exemple, et dont on peut trouver un panel de choix plus large en ligne. Ceci se croise idéalement avec le second critère, la rareté que j’interprète comme la possibilité de trouver en ligne des bières que l’on ne trouve nulle part ailleurs, notamment j’imagine avec les boutiques en ligne étrangères qui permettent d’accéder à des catalogues plus exotiques. Enfin, ceci nous emmène vers le troisième critères préférentiels la découverte, qui entre en lignée avec les tendances actuelles du marché de la bière globale où les consommateurs sont sans cesse en recherche de nouveautés.

Bien que ce ne soit pas les meilleurs critères, on voit tout de même que certains consommateurs restent fidèles aux brasseries qu’ils apprécient et que dans ce monde brassicole les recommandations des autres consommateurs (amis ou sites de notation) jouent un rôle déterminant dans la façon d’acheter.

Choisir son marchand de bière

Liste de boutique en ligne de bière

Envoyez-nous un email ou un commentaire si une boutique qui vend des bières au détail n’est pas référencée.

NomDescriptionRéférencesExempleCraft beerPays 
Bière RacerSélection de craft beers, le meilleur des bières européennes, quelques US et le top des brasseries françaises. Siège à Clermont-Ferrand.300 produitsOpperbaco, Evil Twin, O'Clock, Track, Marble, Left Handed Giant~ 100%FRVisiter
Chope ta BièreUne boutique en ligne spécialisée dans les bières artisanales françaises. Siège à Nantes80 produitsLa Débauche, Viper Head, Skumen, Big Bang~ 100%FRVisiter
BieronomyBoutique en ligne avec une grosse sélection de microbrasseries européennes (50% environ) et brasseries artisanales françaises (50% environ). Siège à Annecy.850 produitsCloudwater, Buxton, Moor, Dois Corvos, Débauche~ 100%FRVisiter
Craft Beer ShopUn autre caviste qui propose sa gamme de bière en ligne, le Craft Beer Shop d'Angers avec une sélection craft européenne principalement.250 produitsBeerbliotek, Gamma, Partisan, Popihn~ 100%FRVisiter
Find a BottleDénicheur de vin et de bières en direct producteur. Sélection de bières artisanales françaises. Situé en région parisienne (92)150 produitsPiggy, Independant House, Aerofab, Bendorf...~ 100%FRVisiter
La Cuvée des BièresUne autre boutique en ligne spécialisée dans les bières artisanales françaises. Siège près de Lille.130 produitsBouquine, Pleine Lune, Hoppy Road, La Franche~ 100%FRVisiter
Saveur BièreLe numéro 1 de la bière en ligne aujourd'hui racheté par le numéro de la bière dans le monde. Sélection large de bières industrielles et artisanales. Siège à Lille.1700 produitsEvil Twin, Tempest, Duboisson, Brewdog, Mont Blanc, Boostels~ 50%FRVisiter
Penn Ar BoxBoutique en ligne spécialisée dans les produits bretons avec une belle gamme de bières artisanales bretonnes50 produitsDilettante, Vieux singe, Bout du Monde, Aerofab~ 100%FRVisiter
BieropolisBoutique en ligne spécialisé dans les bières artisanales françaises qui fait également des box. Siège à Grasse près de Nice et Cannes90 produitsLa Rade, Berroise, Lubéron,
L'Azuréenne, La Canute
~ 95%FRVisiter
Une Petite MousseLe numéro 1 de la box bière propose également une centaine de bières artisanales en achat libre. Siège à Grenoble.100 produitsKingpin, Dupont, Débauche, Espiga, BrewDog~ 85%FRVisiter
L'Atelier des bièresGrossiste. Sélection internationale avec beaucoup de bières industrielles mais aussi quelques craft beers. Siège proche de Lille.850 produitsPVL, Troubadour, Chimay, Lydéric~ 30%FRVisiter
Pompe à bièreGroupe SAS iBière qui possède pas mal d'activité en ligne. Pompe à bière est l'une des plus ancienne boutique en ligne avec une sélection de bière large et surtout des fûts 5L.1400 produitsPage 24, Delirium, Parisis, Beersel, Carolus~ 20%FRVisiter
Bière DiscountBoutique en ligne alsacienne avec un mix de référence industrielle et artisanale et pas mal de bières allemandes700 produitsSainte Cru, Brewdog, BRLO, Brussel Beer Project, Baladin, Franziskaner, Paulaner...~ 20%FRVisiter
BeergiumGrosse boutique belge avec du craft international. Gros choix de gueuzes, sour belge et une belle carte de bière US810 produitsStruise, Prairie, Omnipollo, Alesmith~ 100%BEVisiter
Beer GonzoÉnorme boutique anglaise avec notamment le meilleur des UK craft beers. Et aussi beaucoup d'exclusivité US.450 produitsAlmanac, American Solera, Anchorage~ 100%UKVisiter
Beer MerchantsEncore une grosse boutique anglaise avec principalement des bières artisanales anglaises mais pas que, également du craft européen.500 produitsPressure Drop, Yonder, Wiper & True, Vibrant, Alphabet, Naparbier~ 95%UKVisiter
Beer HawkLe numéro 1 au UK de la bière racheté en même temps que Saveur Bière par AB InBev. Une sélection internationale colossale. Surement la plus grosse en Europe.2000 produitsJever, Founders, Mount Saint Bernard, Schneider~ 50%UKVisiter
BeerwulfLa boutique en ligne néerlandaise du groupe Heineken. Large sélection de bière internationale. 800 produitsTsintao, Estaminet, Saporo, Pietra, Sol~ 40%
NLVisiter

Il y a tellement de vendeurs en ligne de nos jours ! Qu’est-ce pousse les consommateurs à choisir une boutique en ligne plutôt qu’une autre. Les réponses sont très éparpillées :

Top 3 des critères de choix d’une boutique en ligne

  1. Les produits rares et/ou exclusifs (55% des répondants)
  2. Le transport est fiable et impeccable, jamais de casse (45% des répondants)
  3. La fraîcheur des produits, notamment pour les bières fragiles (44% des répondants)
  4. Le prix des bières est moins cher que chez mon caviste (27% des répondants)
  5. Les informations et conseils sur les produits (amertume, saveurs, douceur…) (26% des répondants)
  6. Les frais de port gratuit (25% des répondants)
  7. La fréquence des nouveaux arrivages (24% des répondants)
  8. Le site marchand semble proche des brasseurs (21% des répondants)
  9. Les conditions de stockage du site de vente en ligne (20% des répondants)
  10. Les recommandations pertinentes (classification, ergonomie, produits similaires…) (17% des répondants)
  11. Les packs découvertes sont supers (box bière ou calendrier de l’avent) (10% des répondants)

D’après notre petite enquête, il semble essentiel aujourd’hui de se démarquer avec des produits exclusifs de qualité pour les boutique en ligne. Mais comme pour tout site de vente en ligne, la logistique reste un critère déterminant de choix pour les consommateurs de bières. Enfin, et c’est très certainement la grosse trouvaille de l’enquête, les consommateurs sont de plus en plus soucieux de la fraîcheur des produits qu’ils consomment, si bien que 44% d’entre-eux trouvent que c’est un critère déterminant du choix du commerçant chez qui ils achètent. Proposer des IPA bien fraîches, des bières de blé jeunes et des lagers récemment brassées semble devenir une priorité pour les e-commerces. A la manière d’un caviste ou d’un bar, il me semble davantage en cohérence avec ses résultats de proposer une gamme rétrécie de bière en changement permanent, plutôt que de disposer d’un nombre incalculable de références stockées pendant des lustres dans un entrepôt non adapté.

Malgré tout, derrière les réponses sont très partagées. On constate que derrière ce trio, le prix est un élément déterminant. Les consommateurs accordent également beaucoup d’importance aux conseils. S’ils ne seront jamais de la qualité d’un caviste, les informations disponibles sur les bières pour les choisir sont déterminantes.

Voici pour notre enquête sur l’achat de bière en ligne. Si vous êtes e-commerçants et que vous n’êtes pas référencés dans cet article, n’hésitez pas à nous le faire savoir en commentaire ou via la page contact de notre site. Dans les commentaires, n’hésite pas à me dire où est-ce que tu achètes des bières en ligne !

Déballage Bière Racer, nouvelle boutique en ligne craft beer

Nouvel acteur sur le marché des bières artisanales, Bière Racer est ambitieux et souhaite proposer une alternative sérieuse pour acheter des bières artisanales en ligne. Nous avons reçu un colis Bière Racer que nous déballons pour les lecteurs. Un échantillon de 12 bières parmi les ~200 bières présentes à ce jour sur le site.

Spécialisée dans le bière craft, Bière Racer est un projet d’initiative clermontoise. L’équipe du Salvation Jane qui fait partie de notre top 100 des bars à bières de France vient de lancer une cave à bière dans la même rue que le bucolique bar, à deux pas de la cathédrale. Une boutique qui s’appelle le Craft Beer Bottle Shop qui sera connue sur internet sous le nom de Bière Racer. Une gamme de bières artisanales 100% craft construite pour plaire aux aficionados de bonnes bières. Voyons un peu ce que l’on retrouve dans notre commande mais avant un petit mot sur l’emballage.

A noter, pour son lancement, Bière Racer offre la livraison via Mondial Relay jusqu’au 17 mars 2019, un super occasion d’essayer.

Voir la boutique

L’emballage

Le colis est arrivé bien entendu intacte. Pelle mêle la commande comporte des bouteilles et des canettes de différents volumes allant de 33cl à 50cl. Au total, ce sont douze bières intercalées par des croisillons en double cannelure pour éviter la casse. Rien à redire, la bière est protégée comme il faut.

Les 12 bières témoins

12 bières pour témoigner de ce que l’on peut retrouver sur la boutique, avec 7 bouteilles et 5 canettes, ce qui annonce déjà pas mal de craft beer de bonne qualité. C’est vrai qu’en général les bières craft en canette sont le témoin de brasseries indépendants avec de bons moyens, ce qui généralement est également un signe de qualité. Je ne dis pas que toutes les bières craft en canette sont bonnes mais déjà, c’est un signe de brasserie disposant d’un équipement de pointe. Cela montre également un désir de la brasserie de changer les choses, ce qui en général est bien corrélé par du goût dans le contenant. Bref, voyons voir ce que nous avons plus en détail.

De gauche à droite :

  1. Prairie Artisan Ale Pink Guava Funk Sour ale : célèbre brasserie US pour ses bières acides et funk une bière la goyave type berliner weisse aux fruits
  2. Wild Beer Millionnaire : le stout au lactose de la fameuse brasserie du Somerset Wild Beer anc Co.
  3. Evil Twin Every Day, Once A Day, Give Yourself An IPA : une NEIPA à la vanille et au lactose par le célèbre gypsy brewer dannois
  4. Dry & Bitter Christian Bale Ale : sûrement une des meilleures brasseries européennes pour une Session IPA Single Hop Mosaic
  5. Stillwater Shoegaze : une petit bombe houblonnée américaine à l’avoine et au lactose

De gauche à droite :

  1. Oclock Jet Lag : l’IPA à l’américaine de la brasserie francilienne
  2. MontDore Sour Myrtille : une brasserie du centre de la France spécialisée dans les sour barriquée type Red Flanders et Vieille Brune. Celle-ci à la myrtille
  3. Mikkeller Flat White Beer Geek : flat white comme le fameux café au lait anglais, une bière avec du lactose et du café par le frère d’Evil Twin
  4. To Ol Gose to Jamrock : une sour lactique type berliner avec du sel, de la mangue, de la goyave et du sucre de canne, la folie incarnée par To Ol le gypsy dannois
  5. Burning Sky Saison Provition : ma brasserie UK préférée pour leur saison aux lactos et brett maison
  6. Siren Broken Dream : doit-on encore présenter ce délicieux Breakfast Stout au lactose et au café de la brasserie anglaise Siren ?
  7. La Débauche Cognac Barrel : bière qui cogne, le vin d’orge vieillit en fût de Cognac de la brasserie d’Angoulême

Voir toutes les bières proposées sur la boutique

Voici pour les bières témoins de ce colis Bière Racer. De façon générale, on retrouve des bières craft parmi les meilleures brasseries françaises, européennes et nord américaine. Une sélection pas trop large qui permet tout de même de garantir des arrivages fréquents qu’on espère et une rotation des bières proposées, on sait que la fraîcheur des produits est un des critères prioritaires des acheteurs de bière en ligne comme nous pourrons le voir dans un article à venir sur le sujet . En attendant, je t’invite à aller jeter un œil à la boutique en ligne de ce nouveau web shop spécialisé dans la bière indépendante Bière Racer.

L’invasion bierologique au pays des rois de France

Orléans, Centre de la France, Pays des Rois de France, en plein milieu des Châteaux de la Loire.

Première ville libérée des Anglais par Jeanne d’Arc,

Le vin y est Roi.

On y côtoie les vignobles de Sancerre, Menetou Salon, Chinon voire de Bourgueil pour quiconque est prêt à parcourir quelques kilomètres.

Autant te dire qu’il ne s’agit pas de la terre d’élection privilégiée du zythologue amateur ou confirmé. On est bien loin des estaminets du Nord.

Et pourtant, la ville est victime d’une invasion

Depuis quelques années, les lieux de consommation de la bière se multiplient au centre ville, au coeur même des anciens remparts médiévaux.

Des adeptes de la bière artisanale investissent des lieux et les développent à la gloire de ton breuvage préféré.

Petit tour d’horizon de ces nouveaux espaces de la bière.

Voir notre Top 100 bar à bière en France

L’éternel pub anglais

Certes, le pub anglais n’est pas un nouveau lieu. Mais force est de reconnaître qu’il n’a pas toujours été un terrain de prédilection de la bière. Combien de fois me suis je présenté dans un pub pour y découvrir trois ou quatre becs et comme bière la plus originale de la Guinness !

Heureusement, même au milieu des Châteaux de la Loire, le Pub retrouve ses couleurs.

Il redevient le lieu de prédilection de la bière et pas uniquement un lieu où l’on sirote une bière industrielle ou des cocktails en regardant un match sur une télé géante.

Désormais, on peut y déguster une bonne bière avec ou sans match télévisé.

A Orléans, l’Hendrix Pub a multiplié les becs et en a, à ce jour, une douzaine.

Les fûts y sont régulièrement renouvelés et accueillent des événements qui permettent de découvrir de nouvelles brasseries.

C’est ce bar dans lequel tu proposes à des collègues de te rejoindre pour boire une bière en sortant du boulot et dont tu sors à pas d’heures après avoir bu beaucoup de bières.

Jeanne d’Arc a raté sa libération d’Orléans. Les anglais y sont revenus et y occupent une bonne place.

La taverne classique déjà présente en pays francs retrouve de sa splendeur d’antan grâce aux Anglais.

Le caviste bière

Le caviste est un commerçant connu du paysage hexagonal. Il permet l’acquisition de vins ou de spiritueux présélectionnés par un expert et conservé dans des conditions optimales.

Petit à petit, la bière a envahit les rayons des cavistes traditionnels. Désormais tout expert digne de ce nom dispose d’un petit rayon bière au milieu des vins et autres spiritueux. Il s’agit cependant généralement d’un étal à la sélection somme toute symbolique au sein duquel on trouve des références également présentes dans la grande distribution.

Mais désormais, la Craft Beer a son propre caviste§

Au centre ville d’Orléans, pas moins de trois établissements sont spécialisés dans la bière et en vendent à emporter.

Un établissement s’est clairement spécialisé dans la vente à emporter de Craft Beer.

Un lieu où l’ont peut trouver un choix complet de Craft Beer et des explications fournies du gérant.

Tout comme le vin a son caviste pour être mis parfaitement en valeur, la bière a le sien. On s’y déplace autant pour connaître les dernières tendances brassicoles que pour acheter une canette nouvellement obtenue.

La noblesse n’est plus l’apanage du seul vin français ou du whisky écossais. La bière a ses lettres de noblesse mais aussi son propre ménestrel au cœur même de la ville fortifiée.

Immersion dans des jolies caves en France

Le bar à bière

Depuis le début des années 2000, les bars à vin ce sont développés.

Ces bars entre taverne et épicerie dans lesquels tu viens boire un verre de vin en dégustant une planche de fromage ou de charcuterie tout en discutant avec tes camarades de jeu.

Ces bars à l’ambiance cosy avec une musique pas trop forte et dans lesquels tu discutes calmement en refaisant le monde.

Désormais, la bière a également son bar à bière sur le même schéma que les bars à vins traditionnels. Tu peux y déguster une bière à la pression ou en bouteille mais aussi acheter une ou deux bouteilles à déguster à la maison.

Tout comme dans le pub anglais, la sélection y est bonne et le conseil avisé.

Le lieu de dégustation

Et il y a encore un petit nouveau. Un caviste bière a récemment ouvert en ce début 2019. Petit espace à l’ambiance minimaliste, il a été créé sur l’exemple des bars danois.

Pour le coup, il est ouvert toute la journée. Ainsi, il est possible d’y faire ses achats de bière tout au long de la journée mais aussi de venir y déguster une bière le midi en y dégustant fromage et charcuterie.

Le patron, réel amateur de bière espère y organiser des soirées dégustation mets/bières ou des soirées biérologie.

Encore un axe de développement à suivre pour notre cher breuvage qui va bientôt investir également l’auberge traditionnelle.

***

Tu le vois, même au Pays des Rois de France, la bière artisanale trace sa route à toute vitesse et se développe dans plein d’axes différents.

Après avoir investit la périphérie des cités avec caves et restaurants, elle pénètre leurs fortifications mêmes,

Bientôt, un nouveau siège aura lieu avec la tenue de la première fête de la bière artisanale dans l’agglomération.

D’autres lieux ouvrent un peu partout. Des bars ont mis en place un système libre service avec une tireuse directement sur la table des clients qui se servent.

Nul doute que de nouveaux concepts fleuriront prochainement et permettront à notre breuvage préféré de poursuivre son invasion de nos contrées vinicoles.

Et toi ? Quels sont les nouveaux concepts près de chez toi ? Quel lieu d’achat/consommation de bière aimerais tu voir apparaître ?

Comment en est-on venu à boire autant de mauvaise pi(l)s ?

Comment la lager est-elle devenue la boisson la plus consommée au monde au détriment de la variété ? Pourquoi le monde entier s’est mis à ne consommer qu’un seul type de bière, de la pilsner bas de gamme ? Des questions qui vous ont sans doute trotter dans l’esprit. Voici quelques éléments de réponses en quelques lignes.

Quand l’on pense qu’avant la révolution industrielle et la naissance de la réfrigération, il n’existait pas vraiment de bières de fermentation basse, on se demande comment en moins d’un siècle les lagers sont passées d’inexistante au type de bière le plus consommée du monde. Cette bière dorée et claire faisant la sensation en Europe au XIXè siècle avec l’avènement des nouvelles technologies de réfrigération a terminé de conquérir le monde aux USA où les immigrants européens germanique emportèrent avec eux le secret de fabrication des lagers pour les rendre populaires outre-atlantique. Les néo-américains emmenèrent avec eux levures et recettes de leurs pilsners préférées pour les brasser aux Etats-Unis. Sauf que les malts américains étaient légèrement différents des malts allemands (6 rangs contre 2 rangs). C’est ainsi que peu à peu l’adjonction de maïs ou de riz dans la pilsner américaine (pensez budweiser) est devenue la forme de fabrication. Un développement de la culture brassicole américaine qui s’est brutalement interrompue pendant la prohibition et qui n’est jamais réellement redevenu ce qu’il était avant celle-ci. On distingue ainsi désormais les lagers pre-prohibition et les lagers post-prohibition. Les bières d’avant la prohibition étant souvent décrites comme plus aromatiques et plus savoureuses. Elles étaient notamment plus houblonnées, plus légère en alcool mais avec un corps plus important (densité finale plus haute). Au même titre que le nombre de brasseries a drastiquement diminué avec cette période d’interdiction de la fabrication d’alcool, la variété et la qualité des fameuses US lagers a fortement décliné. C’est alors que la boisson la plus consommée au monde est devenue ce que nous connaissons aujourd’hui, la lager américaine blonde, sèche, aqueuse, peu pétillante, très diminuée en saveurs et au goût complètement homogénéisée. Il faut dire que seul les plus gros poissons ont pu survivre à cette période difficile et que le projet n’était pas forcément de produire la meilleure bière possible. Surtout après une période de 13 ans d’interdiction de brasser.

Pourtant, preuve de la variété en terme de goût des lagers d’avant la prohibition, il existait même des lagers épicées. Il est vrai qu’on se demande souvent aujourd’hui si on a le droit d’utiliser des adjuvants dans une lagers. Une mauvaise restriction sans doute transmise par les fameuses lois de pureté allemandes. Avant la prohibition, les lagers américaines étaient très variées, on distinguait notamment lager de l’est et lagers de l’ouest, on trouver des lagers aux épices mais aussi des bocks américains.

Tandis qu’aujourd’hui, la craft pilsner est le style le plus en vogue du moment aux États-Unis, on commence à retrouver un peu de variété dans nos lagers. Après avoir souffert pendant de nombreuses années de la mauvaise réputation des post-prohibition lagers, la norme internationale de la seconde partie du XXème siècle, les brasseurs reviennent de plus en plus vers les lagers traditionnelles et l’on retrouve diversité et innovation dans nos lagers. Reste à expliquer aux consommateurs qu’une lager doit coûter plus cher qu’une ale. En effet, j’ai souvent constaté en France que le frein principal que les brasseurs rencontrent pour produire des lagers est la durée d’immobilisation des cuves. Une bonne lager est plus longue à fermenter, elle ne doit pas être la bière pas chère, standardisée et sans saveurs que les brasseurs industriels nous ont vendu pendant un demi siècle. Ce temps, c’est un prix du demi qui doit être plus élevé que le prix d’une pale ale classique. Pour donner une chance aux brasseurs de brasser plus de lagers, il est important que les consommateurs de bière soit bien conscient de cela et j’espère que petit à petit, les lagers retrouveront des lettres de noblesse en France aussi.

Sources :

Explorations in Pre-Prohibition American Lagers  By George J. Fix http://morebeer.com/brewingtechniques/library/backissues/issue2.3/fix.html
How the Pilsner Beer Style Conquered the World https://www.craftbeer.com/craft-beer-muses/pilsner-beer-that-conquered-the-world
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mage à la une : Thomas Hawk sur Flickr

 

AB InBev acquiert 100% de Ratebeer

Dans un communiqué du 5 février et ce, quelques jours après l’annonce de la cession totale de la brasserie De Molen, le site communautaire de notation de bière Ratebeer annonce également la cession complète de ses parts au géant mondial de la bière AB InBev via sa filiale craft beer, ZX Venture.

Au delà de l’intérêt pour les données, AB InBev semble vouloir orienter la plateforme vers une monétisation autonome. Le fondateur parle dans son communiqué d’une marketplace en Australie, certainement que les fiches de bières vont commencer à être liée à des pages commerciales.

Malgré les suspicions soulevées lors de la première cession partielle qui, rappelons-le, avait été masquée à ses utilisateurs, JoeT tente de rassurer les utilisateurs sur l’intégrité des notes et le désir d’offrir une information juste. Sauf que le conflit d’intérêt est bien présent ! Comment peut-on imaginer de façon durable que les produits du groupe ne soient pas mis en avant sur la plateforme ? Comme l’expression le dit si bien, on ne peut pas être à la fois juge et partie…

L’ancien propriétaire et fondateur de la plateforme JoeT, au delà d’un beau chèque, devient désormais simple salarié de la société en tant que gestionnaire principal des communautés.

Encore une nouvelle levée d’option pour un rachat total. Il devient désormais très clair que les achats minoritaires ne sont qu’un premier pas du processus d’acquisition des petites sociétés brassicoles influentes. Nul doute que cette nouvelle va renforcer grandement la fuite de la communauté vers les plateforme concurrentes Untappd et Beer Advocate.

De Molen cède l’ensemble de ses parts à l’industrie !

Lorsqu’on fait entrer le loup dans la bergerie, il cherche toujours à prendre le contrôle… Voilà un adage qui tend à se confirmer de plus en plus dans le monde brassicole. Cette semaine, De Molen a annoncé la session de l’ensemble de ses parts au géant brassicole Swinkels Family Brewers, déjà entré dans la capital de l’entreprise à hauteur de 35% en Avril 2016.

Lors des rachats de microbrasserie, on entend souvent parler de rachat minoritaire, la définition même de craft beer aux États-Unis autorise même d’être en partie cédé à des investisseurs extérieurs. Jusqu’à 25%, l’organisation considère même qu’il s’agit toujours d’une brasserie artisanale, c’est le cas notamment de Brooklyn Brewery dont 24,5% des parts appartiennent à une filiale de Kirin. Cette dernière est donc toujours considérée comme une craft brewery. Lors du rachat de De Molen à hauteur 35% en Avril 2016, de nombreux fans ont préféré voir le verre à moitié plein que le verre à moitié vide en insistant sur le fait que De Molen gardait le contrôle, que rien ne changerait pour le célèbre festival beer geek, le fameux Boreft et que la brasserie ne changerait rien. Comme Del Ducato en Italie, De Molen a d’abord cédé 35% puis 100% à l’industriel brassicole.

De Molen devient donc une marque du portefeuille de Swinkels comme La Trappe, Palm ou Bavaria. Les propriétaires de la superbe brasserie néerlandaise restent mais en tant que simple salarié de l’entreprise. Il n’aura même pas fallu 3 ans pour que l’ensemble de la société soit cédée, comme si l’entente n’était pas déjà conclue avant… Je suppute mais j’imagine bien une sorte de rachat en douceur organisé pour éviter de perdre trop de clients ou de distributeurs lors de la 1ère annonce. Les cas de rachats en deux temps sont nombreux pour les brasseries indépendantes.

Encore une icone internationale qui a longtemps incarné le mouvement beer geeks, désormais banalisé par l’industrie. Une nouvelle fois, je suis partagé entre satisfaction pour les ex-propriétaires de l’entreprise et tristesse de voir une telle icône quitter le monde de l’artisanat brassicole.